Dimanche au calme. Un peu naze en fait. Le fiston qui rechute de sa grippe. La cheminée qui crépite. Pas envie de sortir et pourtant le ciel est bleu. Pas envie de lire les journaux ou d’allumer la radio. Seulement un petit match de rugby entre 16 et 18 heures. Mon mari adore.
Puis vient le moment de clore une semaine de chronique. Je clique sur internet et vais sur le site du journal Le Monde. Au hasard de la navigation :
- Le patron de la Société Générale demain devant les tribunaux. Pas pour l’affaire Kerviel à 5 milliards. Non pour le procès du Sentier II. Cent trente huit accusés dans un trafic de chèque et une affaire de blanchiment d’argent entre la France et Israël. En jeu des dizaines de millions d’euros. Une paille, n’est-ce pas Jérôme ?
- Rébellion au Tchad. La France a le cul entre deux chaises. Sauver ses ressortissants et aider ou non Idriss Déby. Après l’affaire de l’Arche de Noé, l’influence de la France dans cette partie de l’Afrique où le Soudan n’est pas blanc-blanc, perd de sa force. Sauve qui peut ou enlisement ?
- Sarko. Mariage heureux mais France pluvieuse. Les sondages tombent en rafale. Celui de l’institut LH2 confirme celui de TNS Sofres. Badaboum, moins 13% pour le président bling-bling. Les poches des contribuables sonnent, elles, plutôt creux. Liaison de cause à effet ?
Allez, bonsoir et bonne semaine.
Il y a 10 ans
Mardi, 3 février 1998.
Maire porteuse.
En passant par la case naissance de Vitrolles, vous pouvez toucher 5000 francs au nouveau Monopoly Pétainiste du maire par alliance, Bruno Mégret.
Un joli bébé blond a fait le bonheur de ses parents et aussi des élus de cette ville qui veut sans doute devenir la première cité aryenne de France.
J’étais dégoûtée et peinée de voir ce couple mitraillé par les photographes. Les deux cobayes et leur rejeton avaient des allures d’arguments électoraux qui sentaient le racisme à plein nez. Car c’est bien de racisme qu’il s’agit puisque cette prime ne sera pas accordée à Rachid ou Saliha.Jacques Higelin disait dans une de ses chansons: « Alertez les bébés ». C’est le moment de prévenir nos enfants. Il faut veiller au mauvais grain, même si l’on n’habite pas au bord de la mer.
Affichage des articles dont le libellé est Bruni. Afficher tous les articles
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dimanche 3 février 2008
samedi 2 février 2008
Béat bas.
Nicolas Sarkozy a épousé ce matin Carla Bruni et inversement. La cérémonie s’est déroulée à l’Elysée dans la plus stricte intimité. Les noces ont été célébrées par le maire du 8ème arrondissement.
Les proches du président nous disent qu’ils sont ravis pour lui puisqu’il est heureux. Ce dont les Français se fichent éperdument. Le moral collectif des habitants du pays n’a jamais été aussi bas selon la dernière enquête de TNS Sofres.
Nicolas Sarkozy chute dans les sondages, le pouvoir d’achat s’effrite, l’avenir se colorie en gris foncé.
Les cotillons vont rester dans les poches.
Il y a 10 ans
Lundi, 2 février 1998.
Bon vent les filles.
Onze nanas ont pris la mer hier de Hamble en Angleterre pour tenter de battre le record du tour du monde à la voile détenu par Olivier de Kersauzon (voir 19 mai 1997).
Six Anglaises, une Australienne, une Suédoise, une Néo-Zélandaise, une Finlandaise et une Française partent à l’assaut du Trophée Jules Verne sur le bateau qui avait permis à Peter Blake de battre le record en 1994.
Pas peureuses les filles, car devoir passer par le cap de Bonne Espérance, le cap Leeuwin et le cap Horn n’est pas donné à tout le monde.
J’espère que contrairement à l’idée reçue qui veut que des filles ensemble, pendant très longtemps finissent par s’écharper comme des marchandes de poissons, Tracy, Adrienne, Helena, les deux Emma, Frédérique, Samantha, Sharon, Hannah, Miranda et Mikaela sauront, à l’unisson, faire avancer ce catamaran de 28 mètres, le plus vite possible.
Rendez-vous donc avant le mardi 14 avril entre le phare de Créac’h sur l’île d’Ouessant et le phare du Lizard en Cornouailles, pour fêter au féminin un record historique.
Les proches du président nous disent qu’ils sont ravis pour lui puisqu’il est heureux. Ce dont les Français se fichent éperdument. Le moral collectif des habitants du pays n’a jamais été aussi bas selon la dernière enquête de TNS Sofres.
Nicolas Sarkozy chute dans les sondages, le pouvoir d’achat s’effrite, l’avenir se colorie en gris foncé.
Les cotillons vont rester dans les poches.
Il y a 10 ans
Lundi, 2 février 1998.
Bon vent les filles.
Onze nanas ont pris la mer hier de Hamble en Angleterre pour tenter de battre le record du tour du monde à la voile détenu par Olivier de Kersauzon (voir 19 mai 1997).
Six Anglaises, une Australienne, une Suédoise, une Néo-Zélandaise, une Finlandaise et une Française partent à l’assaut du Trophée Jules Verne sur le bateau qui avait permis à Peter Blake de battre le record en 1994.
Pas peureuses les filles, car devoir passer par le cap de Bonne Espérance, le cap Leeuwin et le cap Horn n’est pas donné à tout le monde.
J’espère que contrairement à l’idée reçue qui veut que des filles ensemble, pendant très longtemps finissent par s’écharper comme des marchandes de poissons, Tracy, Adrienne, Helena, les deux Emma, Frédérique, Samantha, Sharon, Hannah, Miranda et Mikaela sauront, à l’unisson, faire avancer ce catamaran de 28 mètres, le plus vite possible.
Rendez-vous donc avant le mardi 14 avril entre le phare de Créac’h sur l’île d’Ouessant et le phare du Lizard en Cornouailles, pour fêter au féminin un record historique.
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jeudi 31 janvier 2008
Gamelle.
C’est la chute, la gamelle. Sarkozy est passé sous la ligne de flottaison des sondages. En l’espace de huit mois il est passé de 65% d’opinion favorable à 41% aujourd’hui. Plus de mauvaises que de bonnes opinions. Certains électeurs de mai, éblouis par le discours, l’attitude et les promesses du candidat sont en train de retourner leurs vestes.
Pendant ce temps, Fillon le sous fifre, l’homme qui exécute s’en sort plutôt bien avec 43% d’opinion favorable.
Pour faire court, les français ne voyant plus le chef tout puissant capable de renverser les montagnes et de faire grimper comme promis leur pouvoir d’achat ont décidé de sanctionner. A contrario, Fillon, le Poulidor du gouvernement, obtient encore les faveurs des français. Qui ne se sent pas, comme lui, sous pression permanente de son boss dans son entreprise ?
Le bling bling fait plouf
A suivre
Pendant ce temps, Fillon le sous fifre, l’homme qui exécute s’en sort plutôt bien avec 43% d’opinion favorable.
Pour faire court, les français ne voyant plus le chef tout puissant capable de renverser les montagnes et de faire grimper comme promis leur pouvoir d’achat ont décidé de sanctionner. A contrario, Fillon, le Poulidor du gouvernement, obtient encore les faveurs des français. Qui ne se sent pas, comme lui, sous pression permanente de son boss dans son entreprise ?
Le bling bling fait plouf
A suivre
mercredi 9 janvier 2008
Mytho.
Hier conférence de presse de Nicolas Sarkozy à L’Elysée.
Le roi c’est lui. Pas question de titiller le souverain. Demandez à Laurent Joffrin.
Fini les 35 heures ! Il est formel. Aujourd’hui il se contredit lui-même devant les députés. Les 35 heures restent la durée légale du travail.
Sans prévenir les personnes concernées et son ministre de la culture et de la communication, il décide l’arrêt de la publicité sur France Télévision. Il faut trouver 800 millions. On parie que ça ne se fera jamais ?
Mariage : « C’est du sérieux ». Je rigole. Quand on connaît le palmarès de Carla Bruni...
Ne dites pas à Sarko qu’il sort avec un ex-mannequin il se croit président de la république.
Il y a 10 ans.
Vendredi, 9 janvier 1998.
Putain, les chômeurs sont en grève!
« - Eh! René t’y comprends quelque chose au bordel des chômeurs?
- Que dalle, j’entrave que couic.
- Je pensais que toi qui as fait des études tu pouvais m’éclairer un peu.
- Attends, je crois que même au gouvernement ils sont un peu dépassés.
- En comptant large c’est vrai que deux mille personnes qui occupent un vingtaine d’Assedic, y’a pas de quoi sortir les chars d’assaut et le carnet de chèques.
- C’n’est pas faux, mais dans un sens gueuler pour manger décemment et élever ses mômes c’est normal. Tiens ce n’est pas moi qui te disais l’autre jour que la loi sur l’exclusion ils auraient dû la faire voter à la rentrée parlementaire?
- Comme quoi tes études t’ont servi à quelque chose. Tu pourrais même faire conseiller de Jospin. Mais moi je pense que les chômeurs, même s’ils sont désespérés, ils feraient mieux d’envahir les bureaux du CNPF que ceux de l’Assedic. C’est vrai, à réclamer 3000 balles de prime de Noël, on peut se demander s’ils font l’aumône ou s’ils ont envie de retrouver du boulot.
- T’y vas un peu fort, mais je pense que, manque de bol, c’est pas vers les patrons des grosses boîtes qu’il faut se tourner. Ces patrons-là ne veulent pas se casser le cul à créer des emplois. Licencier rapporte plus à leurs actionnaires.
- Alors pourquoi pas taxer les bénefs qu’ils se font à la Bourse dans ces cas-là? Ça permettrait de créer un joli pactole pour les chômeurs de longue durée.
- Dis-donc, tu fais des progrès en macro-économie mon pote.
- C’est ça, fous-toi de moi.
- Non, non, ce n’est pas con ton truc.
- Moins con que Madelin qui voulait jeter les emplois jeunes aux orties et qui, maintenant, veut en faire des emplois pour ceux qui ont le plus besoin de boulot.
- Lui, il devrait avoir honte de causer. C’est toujours la même chose avec les hommes politiques, quand ils sont au pouvoir ils se croisent les doigts et quand ils sont au chômage ils ont tout à coup les idées les plus géniales pour sauver le monde.
- Putain, René, t’as raison: chômeur, c’est pas un métier. »
Le roi c’est lui. Pas question de titiller le souverain. Demandez à Laurent Joffrin.
Fini les 35 heures ! Il est formel. Aujourd’hui il se contredit lui-même devant les députés. Les 35 heures restent la durée légale du travail.
Sans prévenir les personnes concernées et son ministre de la culture et de la communication, il décide l’arrêt de la publicité sur France Télévision. Il faut trouver 800 millions. On parie que ça ne se fera jamais ?
Mariage : « C’est du sérieux ». Je rigole. Quand on connaît le palmarès de Carla Bruni...
Ne dites pas à Sarko qu’il sort avec un ex-mannequin il se croit président de la république.
Il y a 10 ans.
Vendredi, 9 janvier 1998.
Putain, les chômeurs sont en grève!
« - Eh! René t’y comprends quelque chose au bordel des chômeurs?
- Que dalle, j’entrave que couic.
- Je pensais que toi qui as fait des études tu pouvais m’éclairer un peu.
- Attends, je crois que même au gouvernement ils sont un peu dépassés.
- En comptant large c’est vrai que deux mille personnes qui occupent un vingtaine d’Assedic, y’a pas de quoi sortir les chars d’assaut et le carnet de chèques.
- C’n’est pas faux, mais dans un sens gueuler pour manger décemment et élever ses mômes c’est normal. Tiens ce n’est pas moi qui te disais l’autre jour que la loi sur l’exclusion ils auraient dû la faire voter à la rentrée parlementaire?
- Comme quoi tes études t’ont servi à quelque chose. Tu pourrais même faire conseiller de Jospin. Mais moi je pense que les chômeurs, même s’ils sont désespérés, ils feraient mieux d’envahir les bureaux du CNPF que ceux de l’Assedic. C’est vrai, à réclamer 3000 balles de prime de Noël, on peut se demander s’ils font l’aumône ou s’ils ont envie de retrouver du boulot.
- T’y vas un peu fort, mais je pense que, manque de bol, c’est pas vers les patrons des grosses boîtes qu’il faut se tourner. Ces patrons-là ne veulent pas se casser le cul à créer des emplois. Licencier rapporte plus à leurs actionnaires.
- Alors pourquoi pas taxer les bénefs qu’ils se font à la Bourse dans ces cas-là? Ça permettrait de créer un joli pactole pour les chômeurs de longue durée.
- Dis-donc, tu fais des progrès en macro-économie mon pote.
- C’est ça, fous-toi de moi.
- Non, non, ce n’est pas con ton truc.
- Moins con que Madelin qui voulait jeter les emplois jeunes aux orties et qui, maintenant, veut en faire des emplois pour ceux qui ont le plus besoin de boulot.
- Lui, il devrait avoir honte de causer. C’est toujours la même chose avec les hommes politiques, quand ils sont au pouvoir ils se croisent les doigts et quand ils sont au chômage ils ont tout à coup les idées les plus géniales pour sauver le monde.
- Putain, René, t’as raison: chômeur, c’est pas un métier. »
samedi 22 décembre 2007
Speed dating.
Dans les couloirs des entreprises, à côté des machines à café, à la pause clope au bas de l’immeuble par moins quatre degré, les pronostics vont bon train. A quand la prochaine ? Nicolas – Carla, jusqu’à quand ?
Pour certains, la divine idylle ne durera pas plus loin que la fin des vacances scolaires –zone Paris- en février 2008. Personnellement, je miserais sur la fin juin. J’ai du mal à imaginer Sarko en maillot et Bruni en bikini.
Notre président éconduit par les mères de ses enfants, serait aujourd’hui tombé dans une frénésie de conquêtes. Comme une revanche sur la nature qui l’a fait petit et râblé, il se ferait un point d’honneur à séduire les plus belles et à le faire savoir.
A l’heure des conquêtes express, de la séduction sur le web, des rencontres minutées dans les bars spécialisés pour trouver l’âme sœur, Sarko entre ainsi dans cette nouvelle danse du ventre. Il se met au diapason d’un monde qui le fait rêver. Celui du show-biz clinquant, où tout se fait, tout se montre et tout s’échange.
Speedy Sarko qui va vite partout, même en amour, finira par agacer cette France en fait plutôt traditionnelle. Si ces excès de frivolité ne s’accompagnent pas d’un redressement du pouvoir d’achat, la prochaine « Miss » Sarkozy va cristalliser toutes les rancoeurs.
*Rencontre express
Il y a 10 ans
Lundi, 22 décembre 1997.
Cher Lionel,
Il n’y a pas de raison pour que seul Philippe Seguin, ait le droit à un petit cours de politologie « made in » placardland.
« De l’usage du symbole » pourrait être le thème de notre causerie du jour. Buvons donc un p’tit blanc pour nous mettre en bouche et puis allons-y. 1997 est, je l’imagine, pour toi, une année exceptionnelle, un cru inespéré, un peu comme si après une dégelée phénoménale, deux ans avant, un viticulteur béni des dieux réussissait à sortir le nectar parfait de ses tonneaux. Le bistrotier de la rue de Solferino peut dire merci au bougnat de l’Elysée.
Les carreaux ont changé de nappe le 1er juin et je n’étais pas la première à m’en plaindre.
Car au niveau des femmes tu as tenu parole, ce qui était, dans une certaine mesure, aussi le cas avec Juppé et ses Jupettes. Mais force est de constater que ton équipe a plutôt le niveau première division alors que les nanas d’Alain fleuraient bon l’amateurisme.
Mais comme le propos d’aujourd’hui n’est pas de te cirer les pompes, j’irai droit au but.
Par delà les idées et les projets que tu as défendus et proposés au peuple français, je pense qu’il aurait été bon, sans démagogie, de tenter de réunir ce peuple qui souffre manifestement de bougeotte électorale chronique.
Un coup à tribord, un coup à bâbord est une forme de navigation qui ne déplait pas à nos concitoyens. Faut se souvenir que la campagne de Chirac pour les présidentielles avait ce fumet tentant de la social-démocratie.
C’est pour cela que le premier projet de loi qui aurait dû être rediscuté à l’Assemblée Nationale, devait être celui sur l’exclusion. Torpillé en plein vol le 21 avril par la bourde de Chirac et de ses très mauvais conseillers en communication, cette loi aurait eu le mérite de souder les français sans calcul et sans arrière-pensée.
Certains intellos de gauche trouveront cette idée machiavélique, démagogique ou idiote et me feront mentir en me montrant par A+B que tes sondages de popularité sont au beau fixe depuis six mois, mais tant pis, je n’en démordrai pas.
La loi Debré devait être abrogée, mais pour cela tu avais bien le temps. Juste le temps qu’il faut pour redonner le goût de la politique à des millions d’électeurs qui s’abstiennent.
En ce qui concerne les trente cinq heures on en recausera quand j’en saurai un peu plus sur tes intentions pratiques.
Je sais bien que tu n’es « que » Premier Ministre, et dans la mesure où le Jacquot ne sait plus où il habite, il est tentant de se dire qu’il y a une place à prendre.
Mais attention, Cher Lionel, ne trace pas ton sillon au gré du vent et des oiseaux, aussi utiles soient-ils, qui viennent roucouler à tes oreilles.
Madame Placard
P.S. Comme pour Philippe, pas de fausse facture entre nous. Tout cela est gratuit, ce qui ne t’empêche pas d’envoyer une copie de la lettre à Henri dans les Landes.
Pour certains, la divine idylle ne durera pas plus loin que la fin des vacances scolaires –zone Paris- en février 2008. Personnellement, je miserais sur la fin juin. J’ai du mal à imaginer Sarko en maillot et Bruni en bikini.
Notre président éconduit par les mères de ses enfants, serait aujourd’hui tombé dans une frénésie de conquêtes. Comme une revanche sur la nature qui l’a fait petit et râblé, il se ferait un point d’honneur à séduire les plus belles et à le faire savoir.
A l’heure des conquêtes express, de la séduction sur le web, des rencontres minutées dans les bars spécialisés pour trouver l’âme sœur, Sarko entre ainsi dans cette nouvelle danse du ventre. Il se met au diapason d’un monde qui le fait rêver. Celui du show-biz clinquant, où tout se fait, tout se montre et tout s’échange.
Speedy Sarko qui va vite partout, même en amour, finira par agacer cette France en fait plutôt traditionnelle. Si ces excès de frivolité ne s’accompagnent pas d’un redressement du pouvoir d’achat, la prochaine « Miss » Sarkozy va cristalliser toutes les rancoeurs.
*Rencontre express
Il y a 10 ans
Lundi, 22 décembre 1997.
Cher Lionel,
Il n’y a pas de raison pour que seul Philippe Seguin, ait le droit à un petit cours de politologie « made in » placardland.
« De l’usage du symbole » pourrait être le thème de notre causerie du jour. Buvons donc un p’tit blanc pour nous mettre en bouche et puis allons-y. 1997 est, je l’imagine, pour toi, une année exceptionnelle, un cru inespéré, un peu comme si après une dégelée phénoménale, deux ans avant, un viticulteur béni des dieux réussissait à sortir le nectar parfait de ses tonneaux. Le bistrotier de la rue de Solferino peut dire merci au bougnat de l’Elysée.
Les carreaux ont changé de nappe le 1er juin et je n’étais pas la première à m’en plaindre.
Car au niveau des femmes tu as tenu parole, ce qui était, dans une certaine mesure, aussi le cas avec Juppé et ses Jupettes. Mais force est de constater que ton équipe a plutôt le niveau première division alors que les nanas d’Alain fleuraient bon l’amateurisme.
Mais comme le propos d’aujourd’hui n’est pas de te cirer les pompes, j’irai droit au but.
Par delà les idées et les projets que tu as défendus et proposés au peuple français, je pense qu’il aurait été bon, sans démagogie, de tenter de réunir ce peuple qui souffre manifestement de bougeotte électorale chronique.
Un coup à tribord, un coup à bâbord est une forme de navigation qui ne déplait pas à nos concitoyens. Faut se souvenir que la campagne de Chirac pour les présidentielles avait ce fumet tentant de la social-démocratie.
C’est pour cela que le premier projet de loi qui aurait dû être rediscuté à l’Assemblée Nationale, devait être celui sur l’exclusion. Torpillé en plein vol le 21 avril par la bourde de Chirac et de ses très mauvais conseillers en communication, cette loi aurait eu le mérite de souder les français sans calcul et sans arrière-pensée.
Certains intellos de gauche trouveront cette idée machiavélique, démagogique ou idiote et me feront mentir en me montrant par A+B que tes sondages de popularité sont au beau fixe depuis six mois, mais tant pis, je n’en démordrai pas.
La loi Debré devait être abrogée, mais pour cela tu avais bien le temps. Juste le temps qu’il faut pour redonner le goût de la politique à des millions d’électeurs qui s’abstiennent.
En ce qui concerne les trente cinq heures on en recausera quand j’en saurai un peu plus sur tes intentions pratiques.
Je sais bien que tu n’es « que » Premier Ministre, et dans la mesure où le Jacquot ne sait plus où il habite, il est tentant de se dire qu’il y a une place à prendre.
Mais attention, Cher Lionel, ne trace pas ton sillon au gré du vent et des oiseaux, aussi utiles soient-ils, qui viennent roucouler à tes oreilles.
Madame Placard
P.S. Comme pour Philippe, pas de fausse facture entre nous. Tout cela est gratuit, ce qui ne t’empêche pas d’envoyer une copie de la lettre à Henri dans les Landes.
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