« Cinéma is entertainment ».Ce n’est pas moi qui l’ai dit mais Kirk Douglas un soir, il y a un bout de temps lors d’Apostrophes de Bernard Pivot. C’est marrant comme cette phrase est restée gravée dans ma mémoire. Le cinéma est fait pour divertir. Soyons un peu savante: le mot divertir vient du latin divertere qui signifie distraire, amuser, recréer. Le préfixe « re » a son importance. C’est tout l’espace qui sépare la réalité de la fiction.
Le vrai cinéaste me raconte une histoire, je sais qu’il me raconte une histoire mais s’il me la raconte bien, j’oublie que ce n’est qu’une histoire.
Le mauvais cinéaste est celui qui ne réussit pas ce tour de passe-passe. Souvent parce qu’il ne sait tout bonnement pas écrire ni raconter des histoires, ou qu’il a pris de mauvais acteurs pour les jouer ou, pire encore, parce qu’il n’arrive pas à nous faire oublier qu’il y a une caméra quelque part.
Bientôt sera remise la Palme d’Or du 60ème Festival de Cannes. Puisse le jury se souvenir de cette phrase de Kirk Douglas au moment du verdict. Je me suis si souvent ennuyé à regarder ces films palmés comme des pieds. Pour éviter tout endormissement du type de celui causé par exemple par « L’arbre aux sabots », je vous propose mon Placard d’Or des Placards d’Or.
La toute première place est réservée (à jamais) à « Sunset Boulevard » de Billy Wilder.
Film des films. Film sur les films et le cinéma. Film sur le pouvoir d’envoûtement qu’exerce cette industrie sur nos cerveaux d’enfants, « Sunset Boulevard » me file à chaque fois le frisson. Pour avoir le plaisir de cette chair de poule, je me paye une séance au Mac-Mahon (Paris 17ème), à chaque fois qu’il est reprogrammé. Introuvable en cassette vidéo en France, j’ai piraté une vidéo américaine ramenée de New-York par un ami. Je la prête à qui veut succomber au charme vénéneux de Gloria-Norma Swanson-Desmond, ex star du muet, folle et persuadée de réussir un come back d’anthologie. Gloria Swanson y joue, pour ainsi dire, son propre rôle. Son valet est un ancien grand réalisateur des années 20, joué par Erich von Stroheïm qui dirigea dans la réalité Gloria Swanson dans « Quenn Kelly » en 1928. Il ne faudrait pas que j’oublie William Holden en scénariste désespéré prêt à tous les sacrifices.
Si la quadrature du cinéma existe, elle est quelque part dans ce film.
« Sunset Boulevard is entertainment ».
Je demande pardon à genoux à ces vrais cinéastes qui frappaient très fort à la porte des douze places. Pardon à Arthur Penn, Ernst Lubistch, Milos Forman, Gérard Oury, Jean-Pierre Melville, Martin Scorcese, George Cukor, Steven Spielberg, Robert Aldrich, Stanley Kubrick, John Ford, Orson Welles...
Il y a 10 ans
Lundi, 12 mai 1997
Nanard, Lecul, Molière, Seguin et les camionneurs.
Aujourd’hui débute le procès sur les comptes de L’Olympique de Marseille.
A mes compatriotes féminines, je rappelle que l’Olympique de Marseille n’est pas une marque de savon mais un club de football que dirigeait un certain Bernard Tapie. Caisses noires, abus de biens sociaux et vraisemblables tentatives de corruptions, le foot de Nanard est loin du jeu simple dont rêvent les enfants. S’il mérite comme tous les bandits de grand chemin qui l’ont accompagné, de prolonger son séjour derrière les verrous, il y a une chose que je laisserai à jamais au crédit de prince des roublards: celle d’avoir tenu tête à Le Pen comme aucun autre homme politique ne l’avait fait auparavant.
En feuilletant la presse quotidienne régionale, je découvre dans l’édition du 8 mai de L’Aisne Nouvelle, qu’un homme est inculpé d’harcèlement sexuel. Son nom: Bernard Lecul. Faute de goût, acharnement ou problème génétique, la justice tranchera.
Le théâtre français a tellement de mal à vivre qu’il a été décidé d’assurer sa promotion en plein Festival de Cannes. La soirée des Molières aura lieu ce soir. Si Louis XIV avait décidé de déclarer une guerre à chaque première d’une pièce de Molière, ce dernier s’appellerait encore Jean-Baptiste Poquelin.
Petit à petit Seguin fait son nid. Comme Juppé ne veut plus être Premier Ministre (ce n’est pas moi qui le dis, c’est lui qui préfère un bon Bordeaux à une piquette à Matignon), ce faux débonnaire de Seguin sera bien obligé de s’y coller. Il aurait sans doute préféré attendre 2002 date des Jeux Olympiques des présidents. Mais le corrézien en a sûrement décidé autrement, lui qui se voit bien gagner une deuxième médaille d’or d’affilée dans cinq ans.
Pas de quotidien chez mon marchand de journaux ce matin, ça commence à bien faire. Il paraît que cette fois-ci c’est une grève de camionneurs. Quand on n’achète plus le Journal du Dimanche, à cause de ce supplément féminin inutile, plus cher et mal foutu, c’est long trois jours sans presse écrite.
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samedi 12 mai 2007
vendredi 11 mai 2007
Placards d’or (suite).
La quatrième place est réservée aux « Enfants du Paradis » de Marcel Carné sur un scénario de Jacques Prévert.
J’ai l’air de radoter mais, comme pour « La nuit du chasseur », ce film a été décortiqué par beaucoup plus de critiques intelligents qu’il n’y avait de députés socialistes dans l’hémicycle pour s’élever contre une loi Sarkozy en première lecture.
Courrez le voir ou le revoir, c’est trois heures de poésie et de bonheur.
Si seulement l’évocation de ce chef d’oeuvre donnait envie à au moins une personne de lire ou relire n’importe quel livre de Prévert, je serais ravie de cet hommage au plus chouette écrivain français de ce siècle.
La troisième place revient à « La vie est belle » de Frank Capra.
Ne pas aimer les films de Frank Capra peut, à mon avis relever de l’enfermement psychiatrique pour haine inguérissable de l’homme. Ces films sont si justes, si beaux, si drôles et si émouvants qu’ils ne laissent normalement pas indifférent. Il y a toujours dans les films de Capra, un personnage en quête d’absolu, un absolu d’amour, de tolérance et d’accomplissement de soi, une recherche de vie réussie sur cette terre. Capra est un philosophe humaniste doublé d’un conteur hors pair. Un mélange d’Hermann Hesse et d’Andersen qui aurait vu tous les films de Chaplin.
Dans « La vie est belle », James Stewart, en tentant de se suicider, va faire la rencontre de son ange gardien. Ce dernier va lui montrer combien sa présence sur terre est indispensable pour ceux qui l’entourent. La scène de fin est si réussie que je pleure à chaque fois.
Cette parabole sur le bien et le mal est un vrai cours d’instruction civique. A côté, « Les ailes du désir » de Wim Wenders ressemblent à un chewing-gum sans goût qu’on aurait mâchouillé pendant des heures.
Tous les films de Capra sont beaux. Voilà c’est tout.
J’ai choisi de donner la deuxième place à « Voyage au bout de l’enfer » de Michael Cimino. C’est un film sur la guerre avec peu d’images de guerre. C’est un film sur l’amitié entre des hommes. Des hommes qui vont à la chasse et qui vont à la guerre. Des hommes qui jouent à mourir au Viêt-Nam et qui reviennent détruits, le cerveau comme passé au napalm. C’est bouleversant comme le mariage du début et l’ultime roulette russe de la fin. Si Besson est l’américain du cinéma européen alors Cimino est l’européen du cinéma américain. Au générique de ce film coup de poing au cœur et au ventre on trouvait: Robert de Niro, John Cazale, John Savage, Christopher Walken et Meryl Streep. Ca dure trois heures et ça les vaut.
Et le Placard d’or est décerné à ...
Rendez-vous demain.
Il y a 10 ans
Dimanche, 11 mai 1997
Temesta.
Insomniaques de tous les pays vous êtes sauvés. Réjouissez-vous, plus de cachets et pilules en tous genres.
Allez dès demain vous acheter un bon gros oreiller en plume d’oie. Finis les angoisses et les petits bruits obsédants de la nuit, désormais votre sommeil sera juste et bon. Ce remède n’est pas un truc de charlatan façon Morphéa de l’Abbé J’m’endors. Il ne s’agit pas non plus de compter les moutons et leurs clones, ni les cons ou les mises en examen des industriels français.
Rendez-vous dans votre vidéothèque préférée et achetez la collection complète des œuvres d’Ingmar Bergman.
Sa filmographie pourra vous permettre de vous endormir de façon différente chaque jour pendant un mois.
J’ai expérimenté cette médecine douce il y a déjà longtemps, quand, à mes retours du pensionnat, je me plantais chaque vendredi devant mon écran de télé pour regarder le ciné-club de Claude-Jean Philippe.
Quand la programmation était Bergmanienne je m’endormais systématiquement pendant la première demi-heure. Mes meilleurs sommeils, je les ai dus au « Septième Sceau », aux « Fraises sauvages » et à « Personna ».
Ma mère venait me réveiller au milieu de la nuit quand la télé pleine de neige éclairait pâlotement le salon.
Certains esprits perfides vous diront qu’une décoction de Rohmer, Téchiné, ou Wenders fera le même effet. Je veux bien les croire. Si aucun de ces cinéastes ne fonctionnent, passez à la drogue dure façon Rivette. Sinon, mais là votre cas est désespéré, relisez ce livre depuis le début sans respirer.
Post-scriptum: Pourquoi le Festival de Cannes honore-t-il ce suédois soporifique d’une Palme des Palmes? S’il ne l’a pas fait par le passé, à la bonne date de fraîcheur des films, c’est qu’il y avait une raison. La peur de voir mourir le bonhomme sans récompense a peut-être poussé ces messieurs bien pensants à sortir de leur manche ce trophée limite posthume.
J’ai l’air de radoter mais, comme pour « La nuit du chasseur », ce film a été décortiqué par beaucoup plus de critiques intelligents qu’il n’y avait de députés socialistes dans l’hémicycle pour s’élever contre une loi Sarkozy en première lecture.
Courrez le voir ou le revoir, c’est trois heures de poésie et de bonheur.
Si seulement l’évocation de ce chef d’oeuvre donnait envie à au moins une personne de lire ou relire n’importe quel livre de Prévert, je serais ravie de cet hommage au plus chouette écrivain français de ce siècle.
La troisième place revient à « La vie est belle » de Frank Capra.
Ne pas aimer les films de Frank Capra peut, à mon avis relever de l’enfermement psychiatrique pour haine inguérissable de l’homme. Ces films sont si justes, si beaux, si drôles et si émouvants qu’ils ne laissent normalement pas indifférent. Il y a toujours dans les films de Capra, un personnage en quête d’absolu, un absolu d’amour, de tolérance et d’accomplissement de soi, une recherche de vie réussie sur cette terre. Capra est un philosophe humaniste doublé d’un conteur hors pair. Un mélange d’Hermann Hesse et d’Andersen qui aurait vu tous les films de Chaplin.
Dans « La vie est belle », James Stewart, en tentant de se suicider, va faire la rencontre de son ange gardien. Ce dernier va lui montrer combien sa présence sur terre est indispensable pour ceux qui l’entourent. La scène de fin est si réussie que je pleure à chaque fois.
Cette parabole sur le bien et le mal est un vrai cours d’instruction civique. A côté, « Les ailes du désir » de Wim Wenders ressemblent à un chewing-gum sans goût qu’on aurait mâchouillé pendant des heures.
Tous les films de Capra sont beaux. Voilà c’est tout.
J’ai choisi de donner la deuxième place à « Voyage au bout de l’enfer » de Michael Cimino. C’est un film sur la guerre avec peu d’images de guerre. C’est un film sur l’amitié entre des hommes. Des hommes qui vont à la chasse et qui vont à la guerre. Des hommes qui jouent à mourir au Viêt-Nam et qui reviennent détruits, le cerveau comme passé au napalm. C’est bouleversant comme le mariage du début et l’ultime roulette russe de la fin. Si Besson est l’américain du cinéma européen alors Cimino est l’européen du cinéma américain. Au générique de ce film coup de poing au cœur et au ventre on trouvait: Robert de Niro, John Cazale, John Savage, Christopher Walken et Meryl Streep. Ca dure trois heures et ça les vaut.
Et le Placard d’or est décerné à ...
Rendez-vous demain.
Il y a 10 ans
Dimanche, 11 mai 1997
Temesta.
Insomniaques de tous les pays vous êtes sauvés. Réjouissez-vous, plus de cachets et pilules en tous genres.
Allez dès demain vous acheter un bon gros oreiller en plume d’oie. Finis les angoisses et les petits bruits obsédants de la nuit, désormais votre sommeil sera juste et bon. Ce remède n’est pas un truc de charlatan façon Morphéa de l’Abbé J’m’endors. Il ne s’agit pas non plus de compter les moutons et leurs clones, ni les cons ou les mises en examen des industriels français.
Rendez-vous dans votre vidéothèque préférée et achetez la collection complète des œuvres d’Ingmar Bergman.
Sa filmographie pourra vous permettre de vous endormir de façon différente chaque jour pendant un mois.
J’ai expérimenté cette médecine douce il y a déjà longtemps, quand, à mes retours du pensionnat, je me plantais chaque vendredi devant mon écran de télé pour regarder le ciné-club de Claude-Jean Philippe.
Quand la programmation était Bergmanienne je m’endormais systématiquement pendant la première demi-heure. Mes meilleurs sommeils, je les ai dus au « Septième Sceau », aux « Fraises sauvages » et à « Personna ».
Ma mère venait me réveiller au milieu de la nuit quand la télé pleine de neige éclairait pâlotement le salon.
Certains esprits perfides vous diront qu’une décoction de Rohmer, Téchiné, ou Wenders fera le même effet. Je veux bien les croire. Si aucun de ces cinéastes ne fonctionnent, passez à la drogue dure façon Rivette. Sinon, mais là votre cas est désespéré, relisez ce livre depuis le début sans respirer.
Post-scriptum: Pourquoi le Festival de Cannes honore-t-il ce suédois soporifique d’une Palme des Palmes? S’il ne l’a pas fait par le passé, à la bonne date de fraîcheur des films, c’est qu’il y avait une raison. La peur de voir mourir le bonhomme sans récompense a peut-être poussé ces messieurs bien pensants à sortir de leur manche ce trophée limite posthume.
mercredi 9 mai 2007
Placards d’or.
Trêve. Clap de fin sur la campagne, séance de cinoche pour oublier un instant les excès des uns et les règlements de compte des autres.
Du 16 au 27 mai se déroulera à Cannes le 60ème Festival du film. L’occasion pour Madame Placard de faire son classement.
Voici douze films pour l’éternité. Le choix n’a pas été facile mais vous pouvez toujours y apporter vos coups de cœur et critiquer les miens.
Douzième place : « Les Tontons Flingueurs » de Georges Lautner.
Dialogué par Michel Audiard, ce film devrait se réciter dans les écoles à la place des vers poussiéreux de Ronsard ou Du Bellay. Bernard Blier et Lino Ventura y sont plus que parfaits en preneur et donneur de baffes: « En pleine paix y chante et pis crac, un bourre-pif ». Un hommage au cinéma populaire français trop souvent foulé aux pieds par les critiques, pour être quelques décennies plus tard porté aux nues sous prétexte d’être d’un kitsch follement désopilant. Audiard était un Monsieur, dommage qu’il achetait ses clopes au même rythme qu’un Humphrey Bogart ou qu’un Steve Mac Queen.
Onzième place : « Les Valseuses » de Bertrand Blier. Comme pour les « Tontons flingueurs » l’écriture de Bertrand (digne fils de son père) est dans le ton et dans le temps de son époque. Avec deux jeunes monstres comme Dewaere et Depardieu, sans oublier Jeanne Moreau, Miou-Miou et Isabelle Huppert le casting avait déjà 10 sur 10. Un film culte qui à chaque « revoyure » me fait me poser deux questions: à la fin, la DS dont les pneus crissent dans les virages de montagne va-t-elle se vautrer dans le ravin? Et pourquoi Patrick Dewaere s’est-il fait sauter la tête?
Dixième place : « La mort aux trousses » d’Alfred Hitchcock.
Parce qu’Hitchcock méritait d’avoir une place dans ce palmarès pour tous ces horribles et néanmoins jubilatoires moments qu’il nous a fait passer. Alors j’ai choisi « La mort aux trousses » plutôt que « Les oiseaux », « Psychose » ou « Les enchaînés ». Il y a tout dans ce chef d’œuvre. C’est du suspense aux petits oignons avec Cary Grant à son apogée et Eva Marie Saint qui nous donnent envie de faire l’amour dans un train. Et puis il y a James Mason...
Neuvième place : « Diva » de Jean-Jacques Beineix. Je ne sais plus si c’était son premier film, mais, en tout cas, il avait réalisé le coup parfait. Je me souviens que j’étais allé le voir à Brest dans une petite salle à sa sortie. J’avais lu le roman de Delacorta ce qui me donnait un peu d’avance sur mes camarades qui m’avaient laissé partir en éclaireur. Emballé par le film, j’en fais alors une bonne publicité, manque de bol le film reste très peu de temps à l’affiche. Heureusement (et pour une fois), les Césars réparèrent cette injustice quelques mois après. Le film devint un succès.
Je fus et reste enthousiasmée par le mélange des genres et le choix des acteurs. Polar lyrique qui vous donne envie d’acheter des disques d’opéra et de relire des bouquins de Spilanne, Hammett ou Manchette. Un film qui vous fait aimer les facteurs. Je me souviens de Richard Bohringer qui faisait un puzzle immense et bleu comme une vague et d’un tueur à gages qui n’aimait ni Beethoven ni les parkings. Je me souviens d’appartement-lofts à faire tomber, de reflets dans un enjoliveur, d’un phare au bord de la mer et de Jacques Fabbri qui n’était pour moi que « Schulmeister espion de l’Empereur ».
Mais qu’est devenu l’acteur qui jouait Jules, le facteur mélomane?
Il y a 10 ans
Vendredi, 9 mai 1997
... et les présentateurs du 20 heures s’en foutent (suite).
Le lundi 28 avril, il y a douze jours j’avais déjà poussé un coup de gueule. Rien ne s’est passé. Je vais bientôt pouvoir donner des cours pour apprendre aux autres à savoir pisser dans un violon.
Les réfugiés Hutus du Rwanda meurent toujours par centaines au Zaïre où rien n’est fait pour leur sauvetage. Pendant ce temps là, avec leurs brushings impeccables les présentateurs du 20 heures se demande qui des deux escrocs (l’ancien ou le nouveau) va s’occuper du pays et à combien de kilomètres de Kinshasa se trouvent les troupes de Kabila.
Si les Etats-Unis font semblant de faire régner l’ordre dans cette partie de l’Afrique, ce n’est pas une raison pour délivrer des commentaires aussi réfrigérés que l’attitude du gouvernement français dans cette histoire.
Messieurs les showmen du 20 heures il serait peut-être temps de sortir le grand jeu. Quand aura pour vous sonné l’âge de la retraite et que, les cheveux grisonnants vous vous regarderez dans la glace, j’ose croire que la honte de ne pas avoir bien fait votre métier vous rosira les joues. Sinon; c’est à désespérer de ce que vous appelez le quatrième pouvoir.
Du 16 au 27 mai se déroulera à Cannes le 60ème Festival du film. L’occasion pour Madame Placard de faire son classement.
Voici douze films pour l’éternité. Le choix n’a pas été facile mais vous pouvez toujours y apporter vos coups de cœur et critiquer les miens.
Douzième place : « Les Tontons Flingueurs » de Georges Lautner.
Dialogué par Michel Audiard, ce film devrait se réciter dans les écoles à la place des vers poussiéreux de Ronsard ou Du Bellay. Bernard Blier et Lino Ventura y sont plus que parfaits en preneur et donneur de baffes: « En pleine paix y chante et pis crac, un bourre-pif ». Un hommage au cinéma populaire français trop souvent foulé aux pieds par les critiques, pour être quelques décennies plus tard porté aux nues sous prétexte d’être d’un kitsch follement désopilant. Audiard était un Monsieur, dommage qu’il achetait ses clopes au même rythme qu’un Humphrey Bogart ou qu’un Steve Mac Queen.
Onzième place : « Les Valseuses » de Bertrand Blier. Comme pour les « Tontons flingueurs » l’écriture de Bertrand (digne fils de son père) est dans le ton et dans le temps de son époque. Avec deux jeunes monstres comme Dewaere et Depardieu, sans oublier Jeanne Moreau, Miou-Miou et Isabelle Huppert le casting avait déjà 10 sur 10. Un film culte qui à chaque « revoyure » me fait me poser deux questions: à la fin, la DS dont les pneus crissent dans les virages de montagne va-t-elle se vautrer dans le ravin? Et pourquoi Patrick Dewaere s’est-il fait sauter la tête?
Dixième place : « La mort aux trousses » d’Alfred Hitchcock.
Parce qu’Hitchcock méritait d’avoir une place dans ce palmarès pour tous ces horribles et néanmoins jubilatoires moments qu’il nous a fait passer. Alors j’ai choisi « La mort aux trousses » plutôt que « Les oiseaux », « Psychose » ou « Les enchaînés ». Il y a tout dans ce chef d’œuvre. C’est du suspense aux petits oignons avec Cary Grant à son apogée et Eva Marie Saint qui nous donnent envie de faire l’amour dans un train. Et puis il y a James Mason...
Neuvième place : « Diva » de Jean-Jacques Beineix. Je ne sais plus si c’était son premier film, mais, en tout cas, il avait réalisé le coup parfait. Je me souviens que j’étais allé le voir à Brest dans une petite salle à sa sortie. J’avais lu le roman de Delacorta ce qui me donnait un peu d’avance sur mes camarades qui m’avaient laissé partir en éclaireur. Emballé par le film, j’en fais alors une bonne publicité, manque de bol le film reste très peu de temps à l’affiche. Heureusement (et pour une fois), les Césars réparèrent cette injustice quelques mois après. Le film devint un succès.
Je fus et reste enthousiasmée par le mélange des genres et le choix des acteurs. Polar lyrique qui vous donne envie d’acheter des disques d’opéra et de relire des bouquins de Spilanne, Hammett ou Manchette. Un film qui vous fait aimer les facteurs. Je me souviens de Richard Bohringer qui faisait un puzzle immense et bleu comme une vague et d’un tueur à gages qui n’aimait ni Beethoven ni les parkings. Je me souviens d’appartement-lofts à faire tomber, de reflets dans un enjoliveur, d’un phare au bord de la mer et de Jacques Fabbri qui n’était pour moi que « Schulmeister espion de l’Empereur ».
Mais qu’est devenu l’acteur qui jouait Jules, le facteur mélomane?
Il y a 10 ans
Vendredi, 9 mai 1997
... et les présentateurs du 20 heures s’en foutent (suite).
Le lundi 28 avril, il y a douze jours j’avais déjà poussé un coup de gueule. Rien ne s’est passé. Je vais bientôt pouvoir donner des cours pour apprendre aux autres à savoir pisser dans un violon.
Les réfugiés Hutus du Rwanda meurent toujours par centaines au Zaïre où rien n’est fait pour leur sauvetage. Pendant ce temps là, avec leurs brushings impeccables les présentateurs du 20 heures se demande qui des deux escrocs (l’ancien ou le nouveau) va s’occuper du pays et à combien de kilomètres de Kinshasa se trouvent les troupes de Kabila.
Si les Etats-Unis font semblant de faire régner l’ordre dans cette partie de l’Afrique, ce n’est pas une raison pour délivrer des commentaires aussi réfrigérés que l’attitude du gouvernement français dans cette histoire.
Messieurs les showmen du 20 heures il serait peut-être temps de sortir le grand jeu. Quand aura pour vous sonné l’âge de la retraite et que, les cheveux grisonnants vous vous regarderez dans la glace, j’ose croire que la honte de ne pas avoir bien fait votre métier vous rosira les joues. Sinon; c’est à désespérer de ce que vous appelez le quatrième pouvoir.
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