Affichage des articles dont le libellé est attentat. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est attentat. Afficher tous les articles

jeudi 27 décembre 2007

Poser ses valises (4).

J-7 avant les douze coups de minuit qui vont nous faire plonger vers 2008. Avant le décollage, l’heure est à la pause. Ouvrir ses valises et y sortir le linge sale et les photos souvenir, pour mieux la remplir de résolutions bien propres et bien repassées.
Pour chaque jour jusqu’au 31, voici ce que l’on peut trouver dans la petite valoche de Madame Placard.

Linge sale
Encore taché de sang. Celui de Benazir Bhutto assassinée aujourd’hui par de lâches extrémistes. De retour dans son pays, elle se savait en danger mais voulait exister pour qu’existe la démocratie. Aujourd’hui le monde recule.

Photo souvenir
Celle de Benazir Bhutto de retour au Pakistan, radieuse et heureuse avant qu’un attentat suicide ne fasse cent trente neuf morts dans le cortège qui l’accompagnait depuis l’aéroport. Funèbre prélude aux vingt autres victimes d’aujourd’hui.

Résolution
Ne pas oublier Aung San Suu Kyi et le peuple birman.

Il y a 10 ans
Samedi, 27 décembre 1997.
Lulu et Gégé.

Ecrire en douze pieds n’est pas chose facile
Funambule des rimes sans tomber de mon fil
Je vais tenter sans honte de vous compter l’histoire
Qui réunit deux hommes autour d’un verre à boire.

Fin quatre vingt dix sept est un anniversaire
Pour ces deux débatteurs sans qu’ils soient adversaires.
D’un côté mon Lulu, depuis trente ans héros
De l’autre mon Gégé, cent ans comme Cyrano.

Lulu le député, contre vents et marées
Lulu le forcené, visionnaire isolé
Fit voter, avaler, sa loi et sa pilule
A des machos coincés, têtus comme des mules.

Gégé le force-nez, au coeur comme une étoile
Gégé qui parle aux femmes sans jamais faire de mal
Le bretteur de Rostand, Cyrano de Rappeneau
Nous revient en plein coeur avec tous ses bons mots.

Curieuse coïncidence qui fait, après Noël
Se rencontrer deux voix, en écho éternel
A la lutte des femmes pour plus de liberté
Plus d’amour, de bonheur, d’envie et de fierté.




Mes deux hommes de l’année sont, vous les avez reconnus, Lucien Neuwirth et Gérard Depardieu. Le premier fit voter la loi autorisant l’usage de la pilule contraceptive il y déjà trente ans en décembre 1967. Le second, toujours aussi sexy malgré son gabarit, s’est fait plus discret en cette année du centenaire de la pièce « Cyrano de Bergerac ».

dimanche 9 septembre 2007

Bagdad sur mer.

A Dellys, un petit port de Kabylie en Algérie, un attentat a tué trente personnes. Deux jours avant, une attaque suicide avait fait vingt-deux morts à Batna, une ville située à une centaine de kilomètres d’Alger.
Il y a dix ans malheureusement le refrain de la mort était le même dans ce pays. On ne parlait pas encore de Ben Laden, mais les innocents mourraient chaque jour.
Hier la guerre s’est rappelée à notre souvenir.
Entre deux bières et deux matches de rugby, les français s’en soucient-ils vraiment ?





Il y a 10 ans.
Mardi, 9 septembre 1997
God save the Queen.

« The fascist regime
She ain’t no human being
There is no future
in England... »

Putain vingt ans, twenty fucking years comme diraient les British.
Chez des amis la télé est allumée sur Arte. Un documentaire sur le mouvement punk des années 1976-77. La monarchie en prenait plein les gencives et les dents couronnées valsaient sur les tapis de Buckingham avec plus de rythme que les crinolines princières. La révolution anarchiste était en marche. Du moins c’est ce que pensaient ces coqs anglais aux crêtes colorées et dont le goût immodéré pour les épingles à nourrice a dû susciter, sur le nombre, une vaste vocation de puéricultrices agréées.
Vingt ans après les Sex Pistols au Zénith ont l’air pitoyables. Imaginez Lenine venant faire un exposé sur le Marxisme au Ritz et en Rolls (pas en Mercedes ça craint).
Johnny n’est plus Rotten* du tout. Embrassant le capitalisme discographique aujourd’hui comme il crachait sur les spectateurs de ses concerts hier.
Certains puristes du rock rétorqueront que les Sex Pistols ne sont pas le bon exemple du punk 100% pur haine.
Les temps ont changé et nous avec. Il y a vingt ans la Reine Elizabeth fêtait son Jubilé et je fumais un joint en écoutant Siouxie & the Banshees à fond, allongée par terre, le casque sur les oreilles en pensant « Fuck le cours de maths ».
Ce soir la Reine pleure (elle a mis le temps) la disparition de Lady Di. Moi, boules Quies dans les oreilles, je programme le réveil pour demain matin en pensant à ma réunion clients.
Fuck le temps qui passe.

*Rotten = pourri