Monsieur ou madame le professeur, je rentre ce matin en 6ème et en seconde par procuration. Je n’ai rien préparé. Je vous rends donc copie blanche.
Pour mémoire vous pouvez relire ma rédaction d’il y a dix ans.
Il y a 10 ans
Jeudi, 4 septembre 1997.
Adam l’élève.
En ce jour de rentrée scolaire où mon petit « bout’chou » grimpe à l’étage de la grande section de maternelle, je ne peux m’empêcher de poser quelques questions bêtes pour l’être moins à l’école.
Un enfant qui a du mal à lire, à écrire ou à compter en CM2 fera-t-il un collégien heureux d’être en classe?
Les mathématiques sont-elles une matière plus importante que la musique?
Les élèves ont-ils aujourd’hui les moyens d’apprécier avec autant d’enthousiasme les génies respectifs de Mozart et de Pythagore?
Pourquoi les cours doivent-ils durer une heure quand on sait que la capacité d’attention, y compris chez les plus « doués » est de trente minutes maximum?
Etudie-t-on mieux dans une classe de trente ou dans une classe de quinze?
Investir dans l’intelligence de nos enfants sans se soucier du coût ferait-elle peur à tous nos gouvernants d’hier et d’aujourd’hui?
Les dirigeants du monde préfèrent-ils une masse docile et ignorante qu’un peuple dont les connaissances sont gages de rébellion permanente?
Les disciplines d’épanouissement physique sont-elles une forme de savoir faire ou savoir-vivre (appelez ça comme vous voulez) qui méritent moins de respect que l’histoire de France ou la dissection d’une grenouille?
L’apprentissage d’une langue étrangère est-elle bien utile quand l’élève ne maîtrise pas la grammaire française?
Réussir une queue d’aronde serait-il moins noble que de connaître le PIB du Burkina Faso.
Un ordinateur et une souris sont-ils une fin en soi ou un moyen aussi génial qu’une ardoise ou une craie pour acquérir des connaissances?
Les parents ne doivent-ils pas apprendre ou réapprendre leur mission de premiers pédagogues de leurs enfants?
Un instituteur aussi bien payé qu’un cadre sup ne serait-il pas mieux respecté (sans abuser de sa position) par ces parents volontiers critiques parce que trop souvent démissionnaires dans leur rôle pédagogique?
Le propos d’aujourd’hui n’est pas d’avoir vingt sur vingt à toutes les réponses mais de se dire qu’un enfant, quel que soit son niveau, a besoin de toute la considération possible. Que le propre de ce service public qu’est l’Education Nationale c’est de considérer chaque enfant comme unique et de lui faire découvrir le monde comme s’il était le premier enfant né sur cette terre.
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mardi 4 septembre 2007
vendredi 25 mai 2007
Niquez votre mère.
Le dessin de Lefred-Thouron en Une du Canard enchaîné est à pisser de rire.
On y voit un élève s’adressant à son prof en lui disant « Niquez votre mère »
Il fait référence à la volonté de Xavier Darcos, ministre de l’Education Nationale d’imposer le vouvoiement des professeurs par les élèves.
C’est selon lui comme cela que s’imposera le respect du corps enseignant.
Encore une façon de flatter dans le sens du poil le bon vieux fond de morale judéo chrétienne ancré dans l’esprit des Français. « Mais c’est vrai Madame Placard, il a raison le ministre, ça leur fera les pieds à cette racaille de devoir respecter leur prof ! ».
Là encore la droite a bien potassé, et bien sondé les peurs, les angoisses et les recettes minutes que nous sommes capables de gober.
Comment font-ils en Angleterre quand le « You » désigne à la fois le « Tu » et le « Vous » ? Les « teachers » d’outre-manche sont-ils moins respectés pour autant ? Et dites-moi, Monsieur le Ministre, à combien estimez-vous le nombre d’élèves ne vouvoyant pas leur professeur ? Pour moi, une infime partie.
Après le coup de la lettre de Guy Môquet qu’il faudrait réciter à chaque rentrée scolaire comme une prière, et bientôt la photo du président affichée dans les écoles, le gouvernement Sarkozy, nous inocule par petites doses le « poison » d’une morale bien éloignée des codes de la laïcité.
Au lieu d’une conjugaison des verbes à la deuxième personne du pluriel, Vous feriez mieux, cher Darcos, de vous pencher sur la rémunération des enseignants.
Le respect passe aussi par un niveau de salaire digne et proportionnel à la mission capitale exercée par nos instituteurs et professeurs. Le langage de l’argent a une grammaire que les enfants ou adolescents irrespectueux ainsi que leurs parents comprendront vite.
Ce métier est noble, et quelques soient les couches de population dont sont issues les enfants, un professeur bien payé est un professeur respecté.
PS Il y a 10 ans pile c’était la fête des mères. Pardon maman pour ce titre irrévérencieux.
Il y a 10 ans
Dimanche, 25 mai 1997
Petite poésie d’auto-satisfaction.
(Y’a pas de raison, c’est le jour ou jamais)
Vive les mamans!
Les mamans poule
Les mamans gâteau
Les mamans cool
Les mamans choco
Les mamans sont toutes belles
Plus belles que les Top-Models
Les mamans rondes
Les mamans minces
Les mamans gronde
Les mamans grince
Les mamans sont si belles
Surtout celles
Qui attendent des enfants
Qui, demain, seront de belles
mamans.
Maman, je t’embrasse très fort.
Post Scriptum: Michel Fuguain chante avec le Trio Esperanza une très belle chanson à la gloire des mères qui commence par « Ô femmes » et qui finit ainsi: « Toi tu es le sel et moi la terre, il nous reste des hommes à faire ».
On y voit un élève s’adressant à son prof en lui disant « Niquez votre mère »
Il fait référence à la volonté de Xavier Darcos, ministre de l’Education Nationale d’imposer le vouvoiement des professeurs par les élèves.
C’est selon lui comme cela que s’imposera le respect du corps enseignant.
Encore une façon de flatter dans le sens du poil le bon vieux fond de morale judéo chrétienne ancré dans l’esprit des Français. « Mais c’est vrai Madame Placard, il a raison le ministre, ça leur fera les pieds à cette racaille de devoir respecter leur prof ! ».
Là encore la droite a bien potassé, et bien sondé les peurs, les angoisses et les recettes minutes que nous sommes capables de gober.
Comment font-ils en Angleterre quand le « You » désigne à la fois le « Tu » et le « Vous » ? Les « teachers » d’outre-manche sont-ils moins respectés pour autant ? Et dites-moi, Monsieur le Ministre, à combien estimez-vous le nombre d’élèves ne vouvoyant pas leur professeur ? Pour moi, une infime partie.
Après le coup de la lettre de Guy Môquet qu’il faudrait réciter à chaque rentrée scolaire comme une prière, et bientôt la photo du président affichée dans les écoles, le gouvernement Sarkozy, nous inocule par petites doses le « poison » d’une morale bien éloignée des codes de la laïcité.
Au lieu d’une conjugaison des verbes à la deuxième personne du pluriel, Vous feriez mieux, cher Darcos, de vous pencher sur la rémunération des enseignants.
Le respect passe aussi par un niveau de salaire digne et proportionnel à la mission capitale exercée par nos instituteurs et professeurs. Le langage de l’argent a une grammaire que les enfants ou adolescents irrespectueux ainsi que leurs parents comprendront vite.
Ce métier est noble, et quelques soient les couches de population dont sont issues les enfants, un professeur bien payé est un professeur respecté.
PS Il y a 10 ans pile c’était la fête des mères. Pardon maman pour ce titre irrévérencieux.
Il y a 10 ans
Dimanche, 25 mai 1997
Petite poésie d’auto-satisfaction.
(Y’a pas de raison, c’est le jour ou jamais)
Vive les mamans!
Les mamans poule
Les mamans gâteau
Les mamans cool
Les mamans choco
Les mamans sont toutes belles
Plus belles que les Top-Models
Les mamans rondes
Les mamans minces
Les mamans gronde
Les mamans grince
Les mamans sont si belles
Surtout celles
Qui attendent des enfants
Qui, demain, seront de belles
mamans.
Maman, je t’embrasse très fort.
Post Scriptum: Michel Fuguain chante avec le Trio Esperanza une très belle chanson à la gloire des mères qui commence par « Ô femmes » et qui finit ainsi: « Toi tu es le sel et moi la terre, il nous reste des hommes à faire ».
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