Plus de nouvelle de Raymond Barre. Le premier ministre de VGE victime d’un malaise cardiaque début avril et transféré au Val de Grâce va-t-il mieux ?
Certaines sources indiquaient début mai un état stationnaire, d’autres un état critique.
Black out depuis un mois. La mini rédaction de Madame Placard est sur les dents. Préparer la nécro et trouver le titre qui tue.
Et puis un ami qui passe par là. L’air de ne pas y toucher et la sentence est définitive.
POINT BARRE.
C’est parfait, c’est lumineux.
Pour meubler on trouvera bien. L’essentiel est d’avoir la Une coco !
Merci Olivier.
Journaliste, c’est vraiment un métier.
Il y a 10 ans
Samedi, 31 mai 1997
La France est ronde comme un ballon ovale.
Le rugby est un jeu merveilleux. Un petit rappel s’impose pour mes consœurs qui n’auraient pas été encore vaccinées aux charmes de cette expression la plus artistique du sport. Le rugby se joue à quinze gaillards contre quinze vaillants ou inversement. Ils ont le droit d’aller de l’avant en se passant le ballon à la main uniquement vers l’arrière. Ils peuvent bien sûr jouer au pied, se plaquer au sol mais sans franchir la ligne mouvante fixée par le ballon (ce que l’on appelle le hors-jeu). Ils forment aussi parfois des mêlées où les huit plus costauds de chaque équipe s’imbriquent les uns dans les autres pour construire ce qui, vue de haut ressemblerait à une tortue à trente deux pattes. Pour clore ce trop bref exposé il faut bien sûr parler du ballon dont la forme à elle seule donne tout le sel de ce combat de chefs. Il est ovale et par conséquent ne rebondit jamais deux fois de la même façon. Ce qui me fait dire que le football n’aura jamais ce parfum supplémentaire d’imprévu qu’a le rugby.
Certains appellent le ballon ovale le paramètre bondissant. Il n’aura jamais porté aussi bien son nom ce soir, à l’heure où va se dérouler d’une part sur le terrain, la finale du Championnat de France, et d’autre part dans la tribune d’honneur un homérique combat de supporters arbitré par Jacques Chirac. A sa gauche Philippe Seguin qui sera peut-être lundi le Premier ministre in-extremis de la droite, et sur sa gauche, Lionel Jospin qui pourrait venir signer un bail de cinq ans de cohabitation pour la gauche en début de semaine prochaine à Matignon. Le ballon du match n’étant pas sponsorisé par BVA, qui sait dans quel camp rebondira la victoire? Mais je vous l’avais dit, rien n’est plus beau que ce sport où des joueurs s’amusent à se passer l’imprévu.
Post-scriptum: C’est Toulouse qui a battu Bourgoin. Le match qui se déroulait pour la dernière fois au Parc des Princes n’était pas très passionnant, mais Jospin, candidat à Cintegabelle en Haute-Garonne est reparti ravi.
jeudi 31 mai 2007
mercredi 30 mai 2007
Le président de tous les Français ... riches
Dans la course à l’échalote de mister président il ne faut pas trainer en route. C’est au pas de charge qu’il a investi ses fonctions (Président + Super Premier Ministre + Général de l’UMP). Tout le monde doit chausser les baskets y compris Fillon qui avec ses cannes de serin a vraiment l’air d’en baver.
Toutefois, la foulée présidentielle n’est pas aussi parfaite que cela.
Une analyse poussée faite par un coach professionnel (Renaud Longuèvre, entraineur du champion du monde du 110 mètres haie Ladji Doucouré). Le diagnostic paru dans L’Equipe Magazine du 26 mai est sévère. Dos penché en avant, foulée manquant d’amplitude et de fréquence, mauvaise pose du pied et utilisation anachronique des bras.
Et si l’esbroufe du jogging cachait aussi une esbroufe de savoir faire de plus grande ampleur ?
Les premières « mesures » ou annonces font craindre un marathon épuisant pour les Français les plus démunis.
On peut déjà imaginer les premiers lâchés du peloton.
Ceux à qui on va demander 10€ de franchise pour les consultations ou les médicaments afin de régler le déficit de la Sécu.
Ceux à qui la carte scolaire nouvelle formule va faire rétrograder leur bambins dans des établissements de 2ème ou 3ème catégories.
Ceux qui n’ont pas pu ou ne peuvent pas accéder à la propriété et qui donc ne bénéficieront pas des réductions d’impôts ou abattements sur le revenu imposable.
Pour les défavorisé, Fillon va-t-il nommer un ministre de la voiture balais.
Il y a 10 ans
Vendredi, 30 mai 1997
Pipo et Mario.
Nous sommes sur la place d’un petit village de France. Le soleil s’est couché depuis quelques minutes mais pas les enfants qui tourbillonnent et s’égosillent autour du chapiteau tricolore. Bientôt le cirque va ouvrir ses portes. Cela fait deux ans que cette grande caravane du rire et de l’évasion n’était pas passée dans ce village.
C’est l’heure. Il paraît que les fauves et les éléphants sont impressionnants.
Tout le monde est installé, même la télévision régionale est là avec une caméra. Monsieur Loyal est annoncé à grand coups de trompettes.
La lumière s’éteint puis se rallume, ça commence...
Mais que se passe-t-il? Ce n’est pas le vrai Monsieur Loyal sur la piste de sable, mais deux clowns. L’un est gros à la voix grave, un sourire forcé qui lui sort presque de la bouche. L’autre est plus mince et plus jeune il veut rire mais sa bouche est tordue.
« Ouh!! ouhh!!! » crie le public qui n’a pas son Monsieur Loyal.
Les deux clowns, dont l’un n’est même pas triste disent s’appeler Pipo et Mario. Ils vont expliquer aux grands et aux petits la disparition du présentateur vedette.
« Oh lalalala, les petits zenfants, le Monsieur Loyal a été mangé par les fauves il y quatre jours à l’heure de l’apéritif. »
Pas de rire sous le chapiteau.
« Oh lalalala, Monsieur Loyal a cru qu’il pouvait entrer dans la cage sans se faire manger parce qu’il avait dressé les lions et les lionnes pendant deux ans. Mais aucun des fauves ne l’a reconnu. »
Toujours pas de rire sous le chapiteau, certaines familles très déçues quittent le cirque.
« Oh lalalala ne partez pas les petits et les grands, nous sommes là pour vous faire rigoler et vous proposer un tout nouveau spectacle puisque Monsieur Loyal n’est plus là. Le Directeur du cirque a dit qu’il était d’accord, au moins jusqu’à dimanche prochain. »
Le cirque est maintenant vide à l’exception du caméraman de la télévision qui est bien obligé de rester sinon il va perdre son emploi.
Pipo et Mario sont bien embêtés. Leur spectacle ne fait rire qu’eux-mêmes. Ils essayent d’enlever leur maquillage et leur masque mais ils n’avaient ni maquillage ni masque.
Le lendemain matin sur la place du village ne traîne plus qu’un tract sur lequel est écrit:
« Si les fauves se sont calmés nous repasserons lundi »
Signé le Directeur.
Un enfant propre ramasse le prospectus et le jette dans la poubelle.
Toutefois, la foulée présidentielle n’est pas aussi parfaite que cela.
Une analyse poussée faite par un coach professionnel (Renaud Longuèvre, entraineur du champion du monde du 110 mètres haie Ladji Doucouré). Le diagnostic paru dans L’Equipe Magazine du 26 mai est sévère. Dos penché en avant, foulée manquant d’amplitude et de fréquence, mauvaise pose du pied et utilisation anachronique des bras.
Et si l’esbroufe du jogging cachait aussi une esbroufe de savoir faire de plus grande ampleur ?
Les premières « mesures » ou annonces font craindre un marathon épuisant pour les Français les plus démunis.
On peut déjà imaginer les premiers lâchés du peloton.
Ceux à qui on va demander 10€ de franchise pour les consultations ou les médicaments afin de régler le déficit de la Sécu.
Ceux à qui la carte scolaire nouvelle formule va faire rétrograder leur bambins dans des établissements de 2ème ou 3ème catégories.
Ceux qui n’ont pas pu ou ne peuvent pas accéder à la propriété et qui donc ne bénéficieront pas des réductions d’impôts ou abattements sur le revenu imposable.
Pour les défavorisé, Fillon va-t-il nommer un ministre de la voiture balais.
Il y a 10 ans
Vendredi, 30 mai 1997
Pipo et Mario.
Nous sommes sur la place d’un petit village de France. Le soleil s’est couché depuis quelques minutes mais pas les enfants qui tourbillonnent et s’égosillent autour du chapiteau tricolore. Bientôt le cirque va ouvrir ses portes. Cela fait deux ans que cette grande caravane du rire et de l’évasion n’était pas passée dans ce village.
C’est l’heure. Il paraît que les fauves et les éléphants sont impressionnants.
Tout le monde est installé, même la télévision régionale est là avec une caméra. Monsieur Loyal est annoncé à grand coups de trompettes.
La lumière s’éteint puis se rallume, ça commence...
Mais que se passe-t-il? Ce n’est pas le vrai Monsieur Loyal sur la piste de sable, mais deux clowns. L’un est gros à la voix grave, un sourire forcé qui lui sort presque de la bouche. L’autre est plus mince et plus jeune il veut rire mais sa bouche est tordue.
« Ouh!! ouhh!!! » crie le public qui n’a pas son Monsieur Loyal.
Les deux clowns, dont l’un n’est même pas triste disent s’appeler Pipo et Mario. Ils vont expliquer aux grands et aux petits la disparition du présentateur vedette.
« Oh lalalala, les petits zenfants, le Monsieur Loyal a été mangé par les fauves il y quatre jours à l’heure de l’apéritif. »
Pas de rire sous le chapiteau.
« Oh lalalala, Monsieur Loyal a cru qu’il pouvait entrer dans la cage sans se faire manger parce qu’il avait dressé les lions et les lionnes pendant deux ans. Mais aucun des fauves ne l’a reconnu. »
Toujours pas de rire sous le chapiteau, certaines familles très déçues quittent le cirque.
« Oh lalalala ne partez pas les petits et les grands, nous sommes là pour vous faire rigoler et vous proposer un tout nouveau spectacle puisque Monsieur Loyal n’est plus là. Le Directeur du cirque a dit qu’il était d’accord, au moins jusqu’à dimanche prochain. »
Le cirque est maintenant vide à l’exception du caméraman de la télévision qui est bien obligé de rester sinon il va perdre son emploi.
Pipo et Mario sont bien embêtés. Leur spectacle ne fait rire qu’eux-mêmes. Ils essayent d’enlever leur maquillage et leur masque mais ils n’avaient ni maquillage ni masque.
Le lendemain matin sur la place du village ne traîne plus qu’un tract sur lequel est écrit:
« Si les fauves se sont calmés nous repasserons lundi »
Signé le Directeur.
Un enfant propre ramasse le prospectus et le jette dans la poubelle.
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mardi 29 mai 2007
Fête comme chez vous.
Aujourd’hui se déroule à Paris et ailleurs, la Fête des voisins. Une initiative partie du 17ème arrondissement de Paris il y a huit ans. L’idée est toute bête. Faire la fête et ne pas se faire la tête. Une journée pour se sourire, s’amuser, boire des canons, danser, papoter, partager, rire à gorge déployée, faire du bruit, se lâcher pour mieux se connaître et aussi s’entraider, s’apprécier. Jeunes, vieux, bobos, bébés, que l’on ait fait la guerre des tranchées ou des branchés, locataires, propriétaires, noctambules ou matinaux, anciens ou nouveaux. Ce soir ni gauche ni droite mais être pour chacun un centre d’intérêt.
Tous ensemble dans un pays de franche amitié, sans animosité en se disant que demain sera un autre jour pour se lever tôt ou faire la grasse matinée, flemmarder et attendre midi pour aller chercher le journal et le pain frais puis se recroiser dans l’escalier et y aller à deux, s’arrêter au bistrot, s’offrir un apéro, s’inviter à nouveau et ... faire exprès d’oublier le pain histoire d’aller ce soir sonner chez le voisin.
PS : tout ça c’est formidable, mais que penser d’une société dans l’obligation d’institutionnaliser la fête et la fraternité ?
Il y a 10 ans
Jeudi, 29 mai 1997
Mi-temps.
J’ai enregistré l’autre jour un film passé sur Canal+ et hier soir je l’ai regardé. Mon mari, lui, n’avait d’yeux que pour la finale de la Coupe d’Europe de foot. Alors je me suis bien calée dans le lit avec de bons gros oreillers douillets et j’ai fait le break. Je ne me souviens plus du titre. C’était une histoire de pirates avec une femme pour héroïne. Les aventures de Geena Davis m’ont transportée pendant deux heures dans un doux cocon d’oisiveté. Ne plus rien penser et se laisser enjôler par la lucarne magique et les beaux yeux de Matthew Modine.
Que c’est bon de glander.
Tous ensemble dans un pays de franche amitié, sans animosité en se disant que demain sera un autre jour pour se lever tôt ou faire la grasse matinée, flemmarder et attendre midi pour aller chercher le journal et le pain frais puis se recroiser dans l’escalier et y aller à deux, s’arrêter au bistrot, s’offrir un apéro, s’inviter à nouveau et ... faire exprès d’oublier le pain histoire d’aller ce soir sonner chez le voisin.
PS : tout ça c’est formidable, mais que penser d’une société dans l’obligation d’institutionnaliser la fête et la fraternité ?
Il y a 10 ans
Jeudi, 29 mai 1997
Mi-temps.
J’ai enregistré l’autre jour un film passé sur Canal+ et hier soir je l’ai regardé. Mon mari, lui, n’avait d’yeux que pour la finale de la Coupe d’Europe de foot. Alors je me suis bien calée dans le lit avec de bons gros oreillers douillets et j’ai fait le break. Je ne me souviens plus du titre. C’était une histoire de pirates avec une femme pour héroïne. Les aventures de Geena Davis m’ont transportée pendant deux heures dans un doux cocon d’oisiveté. Ne plus rien penser et se laisser enjôler par la lucarne magique et les beaux yeux de Matthew Modine.
Que c’est bon de glander.
lundi 28 mai 2007
Grimper la pentecôte
Travailler plus pour gagner plus. L’axiome mathématique de Sarkozy prend tout son (contre) sens aujourd’hui lundi 28 mai 2007.
Travailler le jour de Pentecôte sans rien gagner.
Travailler le jour de Pentecôte par solidarité pour les troisièmes et quatrièmes âges.
Travailler le jour de Pentecôte et payer une nounou, une baby-sitter, un centre aéré pour garder les enfants puisque les écoles sont fermées.
En fait travailler plus pour gagner moins.
Alors réglez vite ce cas aberrant de vrai-faux jour férié, monsieur le président.
Aujourd’hui, ne pas travailler pour gagner pareil, telle sera ma devise.
Et si je me posais un petit jour de congé mardi histoire de récupérer de cette folle journée.
Il y a 10 ans
Mercredi, 28 mai 1997
Sujet libre.
Vous devez rédiger un discours que prononcera le Président de la République ce soir à la télé. Pour vous aider voici son dernier texte paru dans certains quotidiens régionaux. Vingt lignes maximum.
« De toute façon Alain c’était un naze. Quand il disait un truc tu bitais rien. Il me portait la poisse, alors je l’ai lourdé. Vas-y au chomdu comme tout le monde et tu comprendras ta douleur. J’suis pas prêt de croire qu’il osera encore se pointer chez mes potes du RPR.
C’est pas une raison pour pas se bouger le cul pour se sortir de la merde. C’est limite sommeil en France. Les mecs et les nanas y se laissent vivre. C’est pas en restant sur ta chiotte à lire des conneries que tu trouveras du boulot. C’est pas compliqué. En gros si tu peux travailler comme tu veux, où tu veux et si tu partage bien ton fric avec tes frères et tes sœurs, ça peut marcher.
Bien sûr il faut aller à l’école même si t’as, de temps en temps, l’impression de te faire chier. Puis il faut des flics aussi, sinon ce serait pas drôle. Et puis surtout, brothers and sisters, il faut que mes potes apprennent à mieux vous causer, à mieux vous expliquer leurs trucs de ministres. Le maximum respect, quoi, c’est bien le minimum qu’on vous doit.
Ne comptez pas sur les socialos pour réussir ce truc là. Au niveau mécanique ils en sont encore à la mob 102. Alors, déconnez pas, allez voter pour sauver la vie de vos enfants (je vous signale que les crânes rasés aux idées chauves sont en embuscade). Comme ça demain, en France et en Europe on s’aimera tous,
Yo! »
Jacky Pilhan (Sevran-93)
(Traduit et corrigé par Madame Placard)
Dimanche, 27 mai 2007
De la terre à la lune.
Le tournoi de tennis de Roland Garros démarre aujourd’hui si la météo a bien voulu se tromper car ça risque de sentir plutôt les bâches et les parapluies que la crème solaire à la Porte d’Auteuil.
La France courre après un champion de la terre battue depuis Yannick Noah en 1983, 25 ans déjà.
Même pas l’âge de Richard Gasquet, le petit prince du Tournoi des Petits As de Tarbes, qui chaque année voit éclore les futurs talents du tennis. A 10 ans, le jeune biterrois avait même fait la Une d’un mensuel de tennis. C’est dire si le garçon a une certaine pression sur les épaules chaque fois qu’il franchit les portes du Temple de l’Ocre, passant devant les statues de Lacoste, Cochet, Borotra et Brugnon, nos fameux mousquetaires d’entre deux guerres.
Du côté des femmes l’attente est moins pesante puisque Mary Pierce s’est imposée en 2000.
Mais qu’il serait beau de voir Amélie Mauresmo gambader jusqu’en finale et soulever le trophée. A l’image de l’élégante Evonne Cawley-Goolagong, australienne d’origine aborigène qui était sur la court la grâce personnifiée. Amélie a déjà deux titres du grand chelem dans sa besace, de quoi la décomplexer à l’instant de fouler le Suzanne Lenglen ou un autre court. Récemment opérée de l’appendicite, elle n’a rien à perdre à se lancer à corps perdu et jouer son vrai jeu, celui qu’elle sait si bien mettre en pratique à Wimbledon. En avançant, toujours en avançant dans le terrain.
Malheureusement, nos deux chevaliers de la raquette devront ferrailler dur contre les ogres et ogresses du circuit. Des « morceaux » comme on dit. Des nadal et Federer coulés dans un métal venu d’ailleurs. Et des Serena Williams, Hénin et Sharapova, affamées, puissantes, bruyantes mais talentueuses.
Décollage de la fusée dans quelques heures. En leur souhaitant de décrocher la lune à la fin de la quinzaine.
PS : Nous sommes peut-être mal lotis, mais après vérification sur internet (http://www.lequipe.fr/), les anglais attendent leur champion depuis un certain Jaroslav Drobny (né à Prague) en 1954 et Virginia Wade en 1977. Côté Australie, la patience a aussi ses limites. Dernier vainqueur chez les hommes, Mark Edmonson en 1976 et Hana Mandlikova (transfuge Tchèque) en 1987.
Il y a 10 ans
Mardi, 27 mai 1997
Soupe impopulaire.
Les discours fonctionnent avec leur temps, celui de Chirac ce soir, a deux ans de retard. Ce qu’il nous sert aujourd’hui est la même soupe qu’en 1995. Ce qui est fort dommage c’est que cette soupe-là, parfumée et tentante à l’époque n’est plus très appétissante ce soir. Et dire que je n’arrête pas de répéter à mon fils que pour grandir il faut manger de la soupe. Cette maigre garbure réchauffée mille fois est en train de nous fabriquer des hommes politiques nains de la pensée.
En ratissant large, très large, en mélangeant allègrement Liberté (lire Libéral) et social, sécurité (lire répression) et fraternité, le Président a mis trop de légumes dans sa soupe. Sans oublier que le maigre morceau de viande qu’il y avait dans la soupière (lire Juppé) il l’a jeté à la poubelle, sans nous annoncer par quelle pièce de choix il allait la remplacer.
Ce n’est pas en nous promettant une nouvelle façon gouvernementale de faire la soupe (sans pour autant nous dire laquelle) qu’il va nous convaincre, nous les crève-la-faim de l’utopie et du rêve, du bien-fondé de sa tambouille.
Post-scriptum 1: Je ne comprends pas la portée de cette phrase extraite de son discours « Mes chers compatriotes, ne cherchons pas ailleurs notre modèle français. » Vise-t-il ces amis ultra-libéraux qui s’extasient devant les modèles anglo-saxons ou vise-t-il les communistes qui importeraient je ne sais quel modèle stalinien poussiéreux sorti d’un sordide goulag? Si quelqu’un a une réponse qu’il m’écrive.
Post-scriptum 2: Juppé out, comme une balle de tennis usagée tout juste bonne au chien. Ce n’est pas que j’appréciais le bonhomme bien au contraire, mais ce qui est frappant c’est les lauriers que lui ont dressés tous ces faux-amis politiques. Des mots d’amour qui sentent la haine, des louanges proches de l’hommage mortuaire. Les cannibales Bayrou, Sarkozy, Madelin, Léotard qui ne rêvent que de s’asseoir à Matignon ont mordu.
Le glas a donc sonné pour le futur maire de Bordeaux (à plein temps s’il ne cumule pas). Comme une prémonition, au JT de 20 heures, un journaliste interviewe Seguin sur la « démission » de Juppé, nous sommes sûrement dans un petit village vosgien et sur la place on entend les cloches de l’église sonner le tocsin.
Travailler le jour de Pentecôte sans rien gagner.
Travailler le jour de Pentecôte par solidarité pour les troisièmes et quatrièmes âges.
Travailler le jour de Pentecôte et payer une nounou, une baby-sitter, un centre aéré pour garder les enfants puisque les écoles sont fermées.
En fait travailler plus pour gagner moins.
Alors réglez vite ce cas aberrant de vrai-faux jour férié, monsieur le président.
Aujourd’hui, ne pas travailler pour gagner pareil, telle sera ma devise.
Et si je me posais un petit jour de congé mardi histoire de récupérer de cette folle journée.
Il y a 10 ans
Mercredi, 28 mai 1997
Sujet libre.
Vous devez rédiger un discours que prononcera le Président de la République ce soir à la télé. Pour vous aider voici son dernier texte paru dans certains quotidiens régionaux. Vingt lignes maximum.
« De toute façon Alain c’était un naze. Quand il disait un truc tu bitais rien. Il me portait la poisse, alors je l’ai lourdé. Vas-y au chomdu comme tout le monde et tu comprendras ta douleur. J’suis pas prêt de croire qu’il osera encore se pointer chez mes potes du RPR.
C’est pas une raison pour pas se bouger le cul pour se sortir de la merde. C’est limite sommeil en France. Les mecs et les nanas y se laissent vivre. C’est pas en restant sur ta chiotte à lire des conneries que tu trouveras du boulot. C’est pas compliqué. En gros si tu peux travailler comme tu veux, où tu veux et si tu partage bien ton fric avec tes frères et tes sœurs, ça peut marcher.
Bien sûr il faut aller à l’école même si t’as, de temps en temps, l’impression de te faire chier. Puis il faut des flics aussi, sinon ce serait pas drôle. Et puis surtout, brothers and sisters, il faut que mes potes apprennent à mieux vous causer, à mieux vous expliquer leurs trucs de ministres. Le maximum respect, quoi, c’est bien le minimum qu’on vous doit.
Ne comptez pas sur les socialos pour réussir ce truc là. Au niveau mécanique ils en sont encore à la mob 102. Alors, déconnez pas, allez voter pour sauver la vie de vos enfants (je vous signale que les crânes rasés aux idées chauves sont en embuscade). Comme ça demain, en France et en Europe on s’aimera tous,
Yo! »
Jacky Pilhan (Sevran-93)
(Traduit et corrigé par Madame Placard)
Dimanche, 27 mai 2007
De la terre à la lune.
Le tournoi de tennis de Roland Garros démarre aujourd’hui si la météo a bien voulu se tromper car ça risque de sentir plutôt les bâches et les parapluies que la crème solaire à la Porte d’Auteuil.
La France courre après un champion de la terre battue depuis Yannick Noah en 1983, 25 ans déjà.
Même pas l’âge de Richard Gasquet, le petit prince du Tournoi des Petits As de Tarbes, qui chaque année voit éclore les futurs talents du tennis. A 10 ans, le jeune biterrois avait même fait la Une d’un mensuel de tennis. C’est dire si le garçon a une certaine pression sur les épaules chaque fois qu’il franchit les portes du Temple de l’Ocre, passant devant les statues de Lacoste, Cochet, Borotra et Brugnon, nos fameux mousquetaires d’entre deux guerres.
Du côté des femmes l’attente est moins pesante puisque Mary Pierce s’est imposée en 2000.
Mais qu’il serait beau de voir Amélie Mauresmo gambader jusqu’en finale et soulever le trophée. A l’image de l’élégante Evonne Cawley-Goolagong, australienne d’origine aborigène qui était sur la court la grâce personnifiée. Amélie a déjà deux titres du grand chelem dans sa besace, de quoi la décomplexer à l’instant de fouler le Suzanne Lenglen ou un autre court. Récemment opérée de l’appendicite, elle n’a rien à perdre à se lancer à corps perdu et jouer son vrai jeu, celui qu’elle sait si bien mettre en pratique à Wimbledon. En avançant, toujours en avançant dans le terrain.
Malheureusement, nos deux chevaliers de la raquette devront ferrailler dur contre les ogres et ogresses du circuit. Des « morceaux » comme on dit. Des nadal et Federer coulés dans un métal venu d’ailleurs. Et des Serena Williams, Hénin et Sharapova, affamées, puissantes, bruyantes mais talentueuses.
Décollage de la fusée dans quelques heures. En leur souhaitant de décrocher la lune à la fin de la quinzaine.
PS : Nous sommes peut-être mal lotis, mais après vérification sur internet (http://www.lequipe.fr/), les anglais attendent leur champion depuis un certain Jaroslav Drobny (né à Prague) en 1954 et Virginia Wade en 1977. Côté Australie, la patience a aussi ses limites. Dernier vainqueur chez les hommes, Mark Edmonson en 1976 et Hana Mandlikova (transfuge Tchèque) en 1987.
Il y a 10 ans
Mardi, 27 mai 1997
Soupe impopulaire.
Les discours fonctionnent avec leur temps, celui de Chirac ce soir, a deux ans de retard. Ce qu’il nous sert aujourd’hui est la même soupe qu’en 1995. Ce qui est fort dommage c’est que cette soupe-là, parfumée et tentante à l’époque n’est plus très appétissante ce soir. Et dire que je n’arrête pas de répéter à mon fils que pour grandir il faut manger de la soupe. Cette maigre garbure réchauffée mille fois est en train de nous fabriquer des hommes politiques nains de la pensée.
En ratissant large, très large, en mélangeant allègrement Liberté (lire Libéral) et social, sécurité (lire répression) et fraternité, le Président a mis trop de légumes dans sa soupe. Sans oublier que le maigre morceau de viande qu’il y avait dans la soupière (lire Juppé) il l’a jeté à la poubelle, sans nous annoncer par quelle pièce de choix il allait la remplacer.
Ce n’est pas en nous promettant une nouvelle façon gouvernementale de faire la soupe (sans pour autant nous dire laquelle) qu’il va nous convaincre, nous les crève-la-faim de l’utopie et du rêve, du bien-fondé de sa tambouille.
Post-scriptum 1: Je ne comprends pas la portée de cette phrase extraite de son discours « Mes chers compatriotes, ne cherchons pas ailleurs notre modèle français. » Vise-t-il ces amis ultra-libéraux qui s’extasient devant les modèles anglo-saxons ou vise-t-il les communistes qui importeraient je ne sais quel modèle stalinien poussiéreux sorti d’un sordide goulag? Si quelqu’un a une réponse qu’il m’écrive.
Post-scriptum 2: Juppé out, comme une balle de tennis usagée tout juste bonne au chien. Ce n’est pas que j’appréciais le bonhomme bien au contraire, mais ce qui est frappant c’est les lauriers que lui ont dressés tous ces faux-amis politiques. Des mots d’amour qui sentent la haine, des louanges proches de l’hommage mortuaire. Les cannibales Bayrou, Sarkozy, Madelin, Léotard qui ne rêvent que de s’asseoir à Matignon ont mordu.
Le glas a donc sonné pour le futur maire de Bordeaux (à plein temps s’il ne cumule pas). Comme une prémonition, au JT de 20 heures, un journaliste interviewe Seguin sur la « démission » de Juppé, nous sommes sûrement dans un petit village vosgien et sur la place on entend les cloches de l’église sonner le tocsin.
samedi 26 mai 2007
Spider Sarko.
Roi du box office électoral, le président ne fait pas dans la dentelle. Il continue de tisser une toile grossière mais bigrement efficace dans le monde des media.
Martin Bouygues, propriétaire du groupe TF1, est le parrain du petit dernier des Sarkozy. Le petit Nicolas s’est proclamé « frère » d’Arnaud Lagardère* et ami de trente ans de Vincent Bolloré qui fait dans la communication, les journaux gratuits, les chaines TV ... et accessoirement dans le yacht de luxe pour vacances post électorales.
Comme si tout ça ne suffisait pas, le locataire de l’Elysée en a rajouté plusieurs couches.
Son ex directeur de campagne adjoint, Laurent Solly, a été embauché par Bouygues. Le couac dans l’histoire c’est que la nomination de cet énarque bon teint a été faite par le directeur de la communication de l’Elysée, Franck Louvrier. Malaise chez le bétonneur en seize-neuvième. Ils avaient prévu de lui faire un premier contrat à la holding afin de ne pas rendre ce transfert trop voyant. Pas de chance, le maladroit dircom de l’Elysée a annoncé le 22 mai l’arrivée de Laurent Solly à la direction générale adjointe de TF1.
Catherine Pégard, chef du service politique du magazine Le Point, vient, les urnes encore tièdes, de quitter 24 ans de journalisme pour entrer au sein du cabinet de Nicolas Sarkozy en tant que conseillère. Que dire ? Primo, les lecteurs du Point doivent l’avoir mauvaise de s’être fait bourrer le mou pendant aussi longtemps par, non pas une journaliste, mais une groupie ayant arraché sa première culotte en 1983 quand le petit Napoléon prit la mairie de Neuilly aux barons du RPR. Deuxio, que la consanguinité média-pouvoir est vraiment une maladie bien latine (cf Berlusconi en Italie). Tercio que mon abonnement au point est interrompu sine die.
Nicolas Sarkozy se prend sûrement pour Peter Parker alias Spiderman qui cartonne en ce moment au cinéma avec le 3ème volet de la série. Mais il parait que dans cet opus 3, une part d’ombre envahit le héros qui devra choisir entre pouvoir et devoir, entre violence et compassion et révéler sa véritable personnalité.
*Président du méga groupe media fondé par son père (Paris Match, Télé 7 jours, le JDD, Elle, Europe 1, 20% dans Canal+/TPS ...)
Il y a 10 ans
Lundi,26 mai 1997
Revers.
A l’heure où résonnent les premiers échanges sur la terre battue de Roland- Garros, la droite française se réveille avec une sacrée gueule de bois. Elle est montée au filet en « chaussettes », comme disent les spécialistes, avec l’arrogance du champion qui pense que l’évocation de son seul nom ou de son palmarès suffira à terroriser l’adversaire. Manque de bol ou manque d’entraînement? Le camp d’en face, lui, avait affûté ses boyaux, ses raquettes et ses retours de réplique même s’il aurait souhaité s’entraîner plus de cinq semaines.
C’est donc la gauche qui réussit le passing-shot de revers gagnant de ce premier tour. Le nez dans ses chaussures et les chaussettes sales, la droite est groggy. Le match qu’elle avait organisé sans qu’on lui demande quoi que ce soit, est en train de tourner au vinaigre.
Quel coach va bien pouvoir relancer la machine? Jacques Chirac futur-ex N°1 français? Alain Juppé dont le charisme est inversement proportionnel à la qualité du jeu de jambes de Stephan Edberg, regretté retraité du tennis? Si ce n’est Philippe Seguin qui, en bon vieux crocodile des courts, mise plutôt sur la tactique et l’endurance que sur la technique et la flamboyance.
Toujours est-il que rien n’est joué. La gauche devra se méfier d’un adversaire qui boîte et que l’on croit trop facilement à sa merci. La droite devra se mettre fissa au diapason d’un public qui l’a copieusement sifflée au cours du premier set. Mais est-il possible de réussir en cinq jours ce qu’elle n’a pas pu faire en sept-cent quarante quatre?
La seule ombre au tableau, et elle est de taille, c’est la chaise de l’arbitre qui peut plonger dans les ténèbres le court central de nos espérances. Un arbitre qui plus est peu respectueux des règles et des usages policés de ce moderne jeu de paume politique. Cet arbitre c’est le Front National qui, avec près de 15% des suffrages, va jouer ce rôle dans plusieurs dizaines de circonscriptions.
Ce que l’on peut craindre à l’amorce de ce deuxième set décisif, c’est que la droite, poussée dans ces derniers retranchements, adopte un discours pue-la-sueur sur l’immigration afin de s’attirer les bonnes grâces de cette partie du public noirci à la haine.
Toute médaille, n’est-ce pas Monsieur Chirac, a son revers. Celle de la dissolution risque en tout cas de ressembler à ce jeu de hasard antédiluvien: le pile ou face.
Martin Bouygues, propriétaire du groupe TF1, est le parrain du petit dernier des Sarkozy. Le petit Nicolas s’est proclamé « frère » d’Arnaud Lagardère* et ami de trente ans de Vincent Bolloré qui fait dans la communication, les journaux gratuits, les chaines TV ... et accessoirement dans le yacht de luxe pour vacances post électorales.
Comme si tout ça ne suffisait pas, le locataire de l’Elysée en a rajouté plusieurs couches.
Son ex directeur de campagne adjoint, Laurent Solly, a été embauché par Bouygues. Le couac dans l’histoire c’est que la nomination de cet énarque bon teint a été faite par le directeur de la communication de l’Elysée, Franck Louvrier. Malaise chez le bétonneur en seize-neuvième. Ils avaient prévu de lui faire un premier contrat à la holding afin de ne pas rendre ce transfert trop voyant. Pas de chance, le maladroit dircom de l’Elysée a annoncé le 22 mai l’arrivée de Laurent Solly à la direction générale adjointe de TF1.
Catherine Pégard, chef du service politique du magazine Le Point, vient, les urnes encore tièdes, de quitter 24 ans de journalisme pour entrer au sein du cabinet de Nicolas Sarkozy en tant que conseillère. Que dire ? Primo, les lecteurs du Point doivent l’avoir mauvaise de s’être fait bourrer le mou pendant aussi longtemps par, non pas une journaliste, mais une groupie ayant arraché sa première culotte en 1983 quand le petit Napoléon prit la mairie de Neuilly aux barons du RPR. Deuxio, que la consanguinité média-pouvoir est vraiment une maladie bien latine (cf Berlusconi en Italie). Tercio que mon abonnement au point est interrompu sine die.
Nicolas Sarkozy se prend sûrement pour Peter Parker alias Spiderman qui cartonne en ce moment au cinéma avec le 3ème volet de la série. Mais il parait que dans cet opus 3, une part d’ombre envahit le héros qui devra choisir entre pouvoir et devoir, entre violence et compassion et révéler sa véritable personnalité.
*Président du méga groupe media fondé par son père (Paris Match, Télé 7 jours, le JDD, Elle, Europe 1, 20% dans Canal+/TPS ...)
Il y a 10 ans
Lundi,26 mai 1997
Revers.
A l’heure où résonnent les premiers échanges sur la terre battue de Roland- Garros, la droite française se réveille avec une sacrée gueule de bois. Elle est montée au filet en « chaussettes », comme disent les spécialistes, avec l’arrogance du champion qui pense que l’évocation de son seul nom ou de son palmarès suffira à terroriser l’adversaire. Manque de bol ou manque d’entraînement? Le camp d’en face, lui, avait affûté ses boyaux, ses raquettes et ses retours de réplique même s’il aurait souhaité s’entraîner plus de cinq semaines.
C’est donc la gauche qui réussit le passing-shot de revers gagnant de ce premier tour. Le nez dans ses chaussures et les chaussettes sales, la droite est groggy. Le match qu’elle avait organisé sans qu’on lui demande quoi que ce soit, est en train de tourner au vinaigre.
Quel coach va bien pouvoir relancer la machine? Jacques Chirac futur-ex N°1 français? Alain Juppé dont le charisme est inversement proportionnel à la qualité du jeu de jambes de Stephan Edberg, regretté retraité du tennis? Si ce n’est Philippe Seguin qui, en bon vieux crocodile des courts, mise plutôt sur la tactique et l’endurance que sur la technique et la flamboyance.
Toujours est-il que rien n’est joué. La gauche devra se méfier d’un adversaire qui boîte et que l’on croit trop facilement à sa merci. La droite devra se mettre fissa au diapason d’un public qui l’a copieusement sifflée au cours du premier set. Mais est-il possible de réussir en cinq jours ce qu’elle n’a pas pu faire en sept-cent quarante quatre?
La seule ombre au tableau, et elle est de taille, c’est la chaise de l’arbitre qui peut plonger dans les ténèbres le court central de nos espérances. Un arbitre qui plus est peu respectueux des règles et des usages policés de ce moderne jeu de paume politique. Cet arbitre c’est le Front National qui, avec près de 15% des suffrages, va jouer ce rôle dans plusieurs dizaines de circonscriptions.
Ce que l’on peut craindre à l’amorce de ce deuxième set décisif, c’est que la droite, poussée dans ces derniers retranchements, adopte un discours pue-la-sueur sur l’immigration afin de s’attirer les bonnes grâces de cette partie du public noirci à la haine.
Toute médaille, n’est-ce pas Monsieur Chirac, a son revers. Celle de la dissolution risque en tout cas de ressembler à ce jeu de hasard antédiluvien: le pile ou face.
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vendredi 25 mai 2007
Niquez votre mère.
Le dessin de Lefred-Thouron en Une du Canard enchaîné est à pisser de rire.
On y voit un élève s’adressant à son prof en lui disant « Niquez votre mère »
Il fait référence à la volonté de Xavier Darcos, ministre de l’Education Nationale d’imposer le vouvoiement des professeurs par les élèves.
C’est selon lui comme cela que s’imposera le respect du corps enseignant.
Encore une façon de flatter dans le sens du poil le bon vieux fond de morale judéo chrétienne ancré dans l’esprit des Français. « Mais c’est vrai Madame Placard, il a raison le ministre, ça leur fera les pieds à cette racaille de devoir respecter leur prof ! ».
Là encore la droite a bien potassé, et bien sondé les peurs, les angoisses et les recettes minutes que nous sommes capables de gober.
Comment font-ils en Angleterre quand le « You » désigne à la fois le « Tu » et le « Vous » ? Les « teachers » d’outre-manche sont-ils moins respectés pour autant ? Et dites-moi, Monsieur le Ministre, à combien estimez-vous le nombre d’élèves ne vouvoyant pas leur professeur ? Pour moi, une infime partie.
Après le coup de la lettre de Guy Môquet qu’il faudrait réciter à chaque rentrée scolaire comme une prière, et bientôt la photo du président affichée dans les écoles, le gouvernement Sarkozy, nous inocule par petites doses le « poison » d’une morale bien éloignée des codes de la laïcité.
Au lieu d’une conjugaison des verbes à la deuxième personne du pluriel, Vous feriez mieux, cher Darcos, de vous pencher sur la rémunération des enseignants.
Le respect passe aussi par un niveau de salaire digne et proportionnel à la mission capitale exercée par nos instituteurs et professeurs. Le langage de l’argent a une grammaire que les enfants ou adolescents irrespectueux ainsi que leurs parents comprendront vite.
Ce métier est noble, et quelques soient les couches de population dont sont issues les enfants, un professeur bien payé est un professeur respecté.
PS Il y a 10 ans pile c’était la fête des mères. Pardon maman pour ce titre irrévérencieux.
Il y a 10 ans
Dimanche, 25 mai 1997
Petite poésie d’auto-satisfaction.
(Y’a pas de raison, c’est le jour ou jamais)
Vive les mamans!
Les mamans poule
Les mamans gâteau
Les mamans cool
Les mamans choco
Les mamans sont toutes belles
Plus belles que les Top-Models
Les mamans rondes
Les mamans minces
Les mamans gronde
Les mamans grince
Les mamans sont si belles
Surtout celles
Qui attendent des enfants
Qui, demain, seront de belles
mamans.
Maman, je t’embrasse très fort.
Post Scriptum: Michel Fuguain chante avec le Trio Esperanza une très belle chanson à la gloire des mères qui commence par « Ô femmes » et qui finit ainsi: « Toi tu es le sel et moi la terre, il nous reste des hommes à faire ».
On y voit un élève s’adressant à son prof en lui disant « Niquez votre mère »
Il fait référence à la volonté de Xavier Darcos, ministre de l’Education Nationale d’imposer le vouvoiement des professeurs par les élèves.
C’est selon lui comme cela que s’imposera le respect du corps enseignant.
Encore une façon de flatter dans le sens du poil le bon vieux fond de morale judéo chrétienne ancré dans l’esprit des Français. « Mais c’est vrai Madame Placard, il a raison le ministre, ça leur fera les pieds à cette racaille de devoir respecter leur prof ! ».
Là encore la droite a bien potassé, et bien sondé les peurs, les angoisses et les recettes minutes que nous sommes capables de gober.
Comment font-ils en Angleterre quand le « You » désigne à la fois le « Tu » et le « Vous » ? Les « teachers » d’outre-manche sont-ils moins respectés pour autant ? Et dites-moi, Monsieur le Ministre, à combien estimez-vous le nombre d’élèves ne vouvoyant pas leur professeur ? Pour moi, une infime partie.
Après le coup de la lettre de Guy Môquet qu’il faudrait réciter à chaque rentrée scolaire comme une prière, et bientôt la photo du président affichée dans les écoles, le gouvernement Sarkozy, nous inocule par petites doses le « poison » d’une morale bien éloignée des codes de la laïcité.
Au lieu d’une conjugaison des verbes à la deuxième personne du pluriel, Vous feriez mieux, cher Darcos, de vous pencher sur la rémunération des enseignants.
Le respect passe aussi par un niveau de salaire digne et proportionnel à la mission capitale exercée par nos instituteurs et professeurs. Le langage de l’argent a une grammaire que les enfants ou adolescents irrespectueux ainsi que leurs parents comprendront vite.
Ce métier est noble, et quelques soient les couches de population dont sont issues les enfants, un professeur bien payé est un professeur respecté.
PS Il y a 10 ans pile c’était la fête des mères. Pardon maman pour ce titre irrévérencieux.
Il y a 10 ans
Dimanche, 25 mai 1997
Petite poésie d’auto-satisfaction.
(Y’a pas de raison, c’est le jour ou jamais)
Vive les mamans!
Les mamans poule
Les mamans gâteau
Les mamans cool
Les mamans choco
Les mamans sont toutes belles
Plus belles que les Top-Models
Les mamans rondes
Les mamans minces
Les mamans gronde
Les mamans grince
Les mamans sont si belles
Surtout celles
Qui attendent des enfants
Qui, demain, seront de belles
mamans.
Maman, je t’embrasse très fort.
Post Scriptum: Michel Fuguain chante avec le Trio Esperanza une très belle chanson à la gloire des mères qui commence par « Ô femmes » et qui finit ainsi: « Toi tu es le sel et moi la terre, il nous reste des hommes à faire ».
Photo - maton
Jeudi 24 mai 2007
Mate, mate la toff* du taulier. La photo du maton de la France, du little Kennedy.
On nous avait annoncé la rupture même jusque sur la pellicule pour la photo officielle du Président. Vous savez celle qu’on accroche dans toutes les mairies.
Il y a 12 ans on avait glosé sur le bouton qui brillait sur la veste de Chirac posant dans les jardins de l’Elysée.
Mais là point de nouveauté. La photo sent bon l’encaustique et les vieux papiers. Comme de Gaulle en 58 puis Pompidou et Mitterrand, le nouveau président a choisi la bibliothèque (mais sans le révérant Olive et le chandelier). La pose est raide, un tantinet coincée pour être solennelle. Le regard se voudrait profond mais le bonhomme semble éloigné. La faute à un cadrage et un éclairage qui fait ressortir les drapeaux français et européen. Le Sarkozy fait plutôt Musée Grévin que président vivant. Les bras ballant, il n’y a pas un gramme de dynamisme dans la prise de vue. Tellement loin du feu-follet courant dans le zig et joggant dans le zag.
Là où Chirac respirait le bon air des jardins, souriant, la tête légèrement inclinée comme un bon châtelain devant sa fière demeure, le Nico à l’air désespérément absent, comme écrasé par le poids des ouvrages qui ornent les rayonnages. En 1981, Mitterrand souriait, assis, feuilletant un livre. Pas vraiment terrible mais un peu plus humain.
En fait le vrai novateur quand on regarde les cinq images c’était Giscard. En buste, cadré à gauche devant la bande blanche d’un drapeau tricolore incliné.
Le photographe s’appelle Philippe Warrin de l’Agence SIPA, soit disant un ponte de la photo people. Pour avoir momifié Sarkozy quelques jours après son investiture, le « paparazzi » a raté son cliché.
*Photo en verlan
Lien vers les photos : http://www.lefigaro.fr/election-presidentielle-2007/20070504.WWW000000510_les_cinq_presidents.html
Il y a 10 ans
Samedi, 24 mai 1997
Moins de temps qu’il ne faut pour le dire.
La femme, et plus précisément la mère, étant l’avenir de l’homme, il est somme toute normal de nous consacrer ces vingt-quatre heures intitulées « Fête des mères ». Cette exclusivité qui sent le macho repenti à plein nez n’est pas si bien respectée que cela.
Un rapide calcul s’impose.
Au départ il y a vingt-quatre heures qui sentent bon les calins, les « je t’aime maman » et les « chérie tu es formidable ».
Enlevons déjà les heures de sommeil et le temps passé dans les toilettes (surtout pour les hommes) et la salle de bain.
Reste treize heures.
Otez, encore une fois pour les hommes, ces grands débiteurs devant l’éternel, le temps passé devant la télé (Grand Prix de Formule 1 + Stade 2 + Film du dimanche soir), ça fait bien cinq heures de moins.
Reste huit heures.
Si vous avez la chance d’avoir un mari cuisinier ou qui a pensé à réserver une table au restaurant, tant mieux. Sinon comptez une heure pour la préparation du repas et rajoutez une heure si « l’inutile » vous fait le coup de la cheville tordue au squash pour éviter la corvée du marché.
Dans le pire des cas reste six heures.
De plus (ou devrais-je dire de moins), si votre époux n’est pas un as de l’échange standard déshabillage-couche-bain-shampooing-couche-rhabillage pour la petite dernière, retranchez une heure.
Reste plus ou moins cinq heures.
C’est une pitoyable aumône pour cette messe matriarcale célébrée une fois l’an.
J’avais donc envisagé de faire au mieux avec ces maigres trois-cents minutes. Emmener toutes mes ouailles au Louvre voir la femme des femmes, Mona Lisa l’imperturbable. Les gardiens du Musée ont choisi précisément ce jour pour se mettre en grève.
En guise de femme des femmes nous nous contenterons donc d’aller voir Marianne. Jacquot 1er le grand distrait corrézien nous a collé le premier tour des élections législatives en plein pendant notre fête des câlins. La preuve s’il en était besoin que l’homme RPR, quoi qu’il dise ou écrive, se fout des femmes. Il n’y a qu’à voir le taux de présence féminine sur leurs listes.
Donc nous sommes partis voter. C’est encore du temps de pris, il faut retrouver les cartes d’électeurs, s’isoler, choisir, voter, et s’intéresser quelque peu aux résultats en début de soirée.
Au bout du bout du compte, vous voyez bien que cette journée a priori idyllique n’est en fait qu’un dimanche comme les autres où vous aurez du mal à trouver quelqu’un qui ait le temps de vous dire « Bonne fête maman ».
Mate, mate la toff* du taulier. La photo du maton de la France, du little Kennedy.
On nous avait annoncé la rupture même jusque sur la pellicule pour la photo officielle du Président. Vous savez celle qu’on accroche dans toutes les mairies.
Il y a 12 ans on avait glosé sur le bouton qui brillait sur la veste de Chirac posant dans les jardins de l’Elysée.
Mais là point de nouveauté. La photo sent bon l’encaustique et les vieux papiers. Comme de Gaulle en 58 puis Pompidou et Mitterrand, le nouveau président a choisi la bibliothèque (mais sans le révérant Olive et le chandelier). La pose est raide, un tantinet coincée pour être solennelle. Le regard se voudrait profond mais le bonhomme semble éloigné. La faute à un cadrage et un éclairage qui fait ressortir les drapeaux français et européen. Le Sarkozy fait plutôt Musée Grévin que président vivant. Les bras ballant, il n’y a pas un gramme de dynamisme dans la prise de vue. Tellement loin du feu-follet courant dans le zig et joggant dans le zag.
Là où Chirac respirait le bon air des jardins, souriant, la tête légèrement inclinée comme un bon châtelain devant sa fière demeure, le Nico à l’air désespérément absent, comme écrasé par le poids des ouvrages qui ornent les rayonnages. En 1981, Mitterrand souriait, assis, feuilletant un livre. Pas vraiment terrible mais un peu plus humain.
En fait le vrai novateur quand on regarde les cinq images c’était Giscard. En buste, cadré à gauche devant la bande blanche d’un drapeau tricolore incliné.
Le photographe s’appelle Philippe Warrin de l’Agence SIPA, soit disant un ponte de la photo people. Pour avoir momifié Sarkozy quelques jours après son investiture, le « paparazzi » a raté son cliché.
*Photo en verlan
Lien vers les photos : http://www.lefigaro.fr/election-presidentielle-2007/20070504.WWW000000510_les_cinq_presidents.html
Il y a 10 ans
Samedi, 24 mai 1997
Moins de temps qu’il ne faut pour le dire.
La femme, et plus précisément la mère, étant l’avenir de l’homme, il est somme toute normal de nous consacrer ces vingt-quatre heures intitulées « Fête des mères ». Cette exclusivité qui sent le macho repenti à plein nez n’est pas si bien respectée que cela.
Un rapide calcul s’impose.
Au départ il y a vingt-quatre heures qui sentent bon les calins, les « je t’aime maman » et les « chérie tu es formidable ».
Enlevons déjà les heures de sommeil et le temps passé dans les toilettes (surtout pour les hommes) et la salle de bain.
Reste treize heures.
Otez, encore une fois pour les hommes, ces grands débiteurs devant l’éternel, le temps passé devant la télé (Grand Prix de Formule 1 + Stade 2 + Film du dimanche soir), ça fait bien cinq heures de moins.
Reste huit heures.
Si vous avez la chance d’avoir un mari cuisinier ou qui a pensé à réserver une table au restaurant, tant mieux. Sinon comptez une heure pour la préparation du repas et rajoutez une heure si « l’inutile » vous fait le coup de la cheville tordue au squash pour éviter la corvée du marché.
Dans le pire des cas reste six heures.
De plus (ou devrais-je dire de moins), si votre époux n’est pas un as de l’échange standard déshabillage-couche-bain-shampooing-couche-rhabillage pour la petite dernière, retranchez une heure.
Reste plus ou moins cinq heures.
C’est une pitoyable aumône pour cette messe matriarcale célébrée une fois l’an.
J’avais donc envisagé de faire au mieux avec ces maigres trois-cents minutes. Emmener toutes mes ouailles au Louvre voir la femme des femmes, Mona Lisa l’imperturbable. Les gardiens du Musée ont choisi précisément ce jour pour se mettre en grève.
En guise de femme des femmes nous nous contenterons donc d’aller voir Marianne. Jacquot 1er le grand distrait corrézien nous a collé le premier tour des élections législatives en plein pendant notre fête des câlins. La preuve s’il en était besoin que l’homme RPR, quoi qu’il dise ou écrive, se fout des femmes. Il n’y a qu’à voir le taux de présence féminine sur leurs listes.
Donc nous sommes partis voter. C’est encore du temps de pris, il faut retrouver les cartes d’électeurs, s’isoler, choisir, voter, et s’intéresser quelque peu aux résultats en début de soirée.
Au bout du bout du compte, vous voyez bien que cette journée a priori idyllique n’est en fait qu’un dimanche comme les autres où vous aurez du mal à trouver quelqu’un qui ait le temps de vous dire « Bonne fête maman ».
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