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samedi 23 février 2008

Du rosbif pour les petits.

Dans moins d’une heure le XV de France affronte le XV d’Angleterre dans le cadre du Tournoi des VI Nations. C’est du rugby. C’est la revanche de la ½ finale perdue par les Bleus dans le cadre de la Coupe du Monde de l’an passé. C’est, chaque année, un must de l’actualité sportive, quelque soit l’état de forme des deux camps. Les Anglais qu’on aime détester, les Français qu’on voit souvent meilleurs qu’ils ne sont.
Les nouveaux sélectionneurs ont décidé d’orienté le jeu vers l’attaque et la prise de risque. Presque l’antithèse du tableau noir de l’ex-sélectionneur Laporte devenu, depuis, ministre des sports par la grâce de Sarkozy.
Le rugby selon l’adage commence devant chez les gros, ceux qui ne sont beaux que quatre-vingt minutes malgré leurs oreilles en choux fleur et le pif de travers. Il ne faudrait pas ce soir que notre mêlée recule comme contre l’Irlande. Les fantassins des lignes arrière risqueraient de souffrir faute de munitions.
Ce soir, notre Roger Couderc national a du brancher son vieux Pathé-marconi céleste. Le demi de mêlée des Bleus a dix-neuf ans, le demi d’ouverture en a vingt et un et le troisième ligne centre en a vingt-deux. C’est autour d’eux que va se dessiner le chemin de la victoire ou de la déroute.
Il parait qu’il faut donner de la viande aux enfants pour qu’ils grandissent bien et pètent la forme.
Alors ce soir rosbif pour tout le monde et « Allez les petits ».


Il y a 10 ans
Lundi, 23 février 1998.
Ça va péter.

Pas dans le Golfe, du moins je l’espère à l’heure où j’écris ces quelques lignes. Mais plutôt à la télé, ce soir, où pas moins de quatre films, programmés à la même heure, valent le coup d’être regardés. Quand on pense à la pénurie d’hier soir il y a de quoi rager.
Car pour un dimanche soir on n’était pas verni. Sur TF1 « Les keufs », une comédie gentillette de, et avec, Josiane Balasko dans le rôle d’une femme flic au grand cœur et aux méthodes loufoques. Sympa mais pas tonitruant. Sur France 2, « La grande évasion » avec entre autres Steve Mc Queen et sa moto légendaire. Du bon mais de l’archi-réchauffé. Sur France 3, « Derrick » pour les inconditionnels de Horst Tapper qui donne l’impression de sortir du sanatorium pour tourner chacun des épisodes. Sur Canal+, « Le patchwork de la vie », un film américain dont deux lignes du résumé suffisent à vous dégoûter de brancher votre décodeur: « Finn, jeune étudiante se réfugie chez sa grand-mère qui, avec ses copines, réalise un kilt en patchwork dont les motifs revêtent une signification symbolique ... ». Sur Arte, un documentaire sur la patate. Sans commentaires. Et sur M6, « Zone Interdite » avec pour thème, « les ados hors-la-loi ». De quoi vous filer la pêche pour la semaine à venir.
Ce soir donc, après la disette, la bombance. Sur TF1, « True lies » de James-Titanic-Cameron, un remake réussi, pour une fois d’un film français, « La totale ». Sur France 3, dans le cadre de la Dernière Séance, « La mission du Commandant Lex », un western d’espionnage avec Gary Cooper et en fin de soirée « Les tuniques écarlates » de Cecil B DeMille avec le même Gary Cooper. Merci Monsieur Eddy. Sur Canal+, « Seven », avec le beau Brad Pitt, le polar maléfique qui fit un tabac l’an passé dans les salles. Sur Arte, « Les apprentis », un petit bijou de tendresse sur deux losers drôles et pathétiques interprétés par Guillaume Depardieu et François Cluzet. Sur M6, « Speed », avec le très beau Keanuuuuuuuuuuu Reeves! Vavavoum, l’histoire d’un psychopathe qui menace de faire exploser un bus. Un film qui vous colle à votre fauteuil.
Keanu, Brad ou Gary, ce soir ça va péter dans les chaumières pour choisir la bonne chaîne.
Au pire, il vous reste quatre heures pour vous acheter un magnétoscope.

samedi 13 octobre 2007

Sus à l'Anglais!

Il y a deux siècles, le 13 septembre 1807 à Rambouillet, Napoléon écrivait une missive au vice-amiral Decrès, ministre de la marine.

« Mon intention est que vous partiez demain pour Boulogne. Vous passerez la flottille en revue; vous visiterez tous les magasins; vous donnerez tous les ordres pour qu'elle soit prête à prendre la mer au 15 octobre. Vous resterez quatre ou cinq jours à Boulogne; de là vous vous rendrez à Calais et à Flessingue, et vous reviendrez par Anvers. Il est probable que j'irai moi-même dans quinze jours d'ici. Vous parlerez aux matelots, aux troupes, aux habitants; vous leur direz que dans quinze jours il y aura au camp 100,000 hommes. Vous m'écrirez tous les jours pour me faire connaître la situation de la flottille et celle des approvisionnements. Vous inspecterez aussi les approvisionnements de terre, et vous me ferez connaître quelle est la quantité de biscuit, de vin et d'eau-de-vie que j'y ai encore. Vous enverrez chercher M. Dreyer; vous lui ferez connaître que des chaloupes canonnières partent en ce moment de Hollande, et que toutes les mesures se prennent pour pouvoir vraiment, si les Anglais s'entêtent dans la Baltique, profiter de leur absence pour frapper un grand coup. »

Ce soir l’entêtement des anglais à nous barrer la route en Coupe du monde de rugby (1991 et 2003) nous oblige frapper un grand coup.
Faut-il voir en Bernard Laporte un Napoléon du pré rugbystique ? Faut-il croire que ses vingt-deux grognards vont avoir la force de renverser la perfide armada de l’amiral « Jonny » Nelson, après avoir il y une semaine triomphé de l’armée des ombres ?
Trafalgar ou Austerlitz ? Rivalité éternelle ou juste un match comme les autres ?
Alors pour une soirée de sport crions, une bière à la main : « Sus à l’Anglais! ».





Il y a 10 ans.
Lundi, 13 octobre 1997.
Allez au boulot.

Faites avancer le schmilblick sacré bon sang! Arrêtez d’être ces empêcheurs de négocier en table ronde.
Oui, vous messieurs les syndicalistes, jetez vos bréviaires de revendications toutes faites dans le puits sans fond de votre intransigeance.
Et vous aussi, messieurs les patrons, ravalez votre suffisance et osez dire tout haut ce que vous faites tout bas dans vos entreprises.
Vous, Monsieur Gandois qui a proposé les 34 heures chez Cockerill-Sambre.
Vous, Monsieur Pineau-Valencienne qui, dans certaines des filiales de Schneider, avez réduit le temps de travail à 35 heures.
Vous, Monsieur Kessler chez AXA-UAP où le travail à la carte est un modèle.
Vous, Monsieur Mer pour qui les 34 heures chez Sollac sont monnaie courante depuis belle lurette.
Et vous, Monsieur Bloquert. Chez Kindy, il paraît qu’on travaille 31 heures. Que je sache, vous n’avez pas, depuis, mis la clé sous la porte.
Sans vous oublier, vous les membres du gouvernement et vous Monsieur le premier Ministre, n’ayez pas peur de mettre la pression dans un camp commme dans l’autre. Car à trop vouloir jouer les équilibristes pour faire plaisir à tout le monde, vous finirez par vous planter comme un Balladur qui faisait un pas en avant pour mieux reculer de deux cases.
Je me demande même si la volonté de changement est aussi peu présente du côté des cols blancs dirigeants que du côté des bleus de chauffe des syndicats.
Si ma mémoire est bonne, la loi De Robien incitative à l’embauche via la réduction du temps de travail a été votée par l’ex-majorité.
Alors Monsieur Sarkozy, au lieu de vouer cet effort aux gémonies, proposez-nous quelque chose d’autre pour résorber le chômage sinon fermez-la. Ne perdez pas votre temps et le nôtre dans les medias pour réciter vos prières de parfait opposant. Des millions de français dans la dèche attendent des solutions. Aujourd’hui, la seule solution qui nous est proposée est la semaine de 35 heures. Si vous avez une autre idée d’envergure, dites-la tout de suite au lieu de gémir et de faire les oiseaux de mauvais augure. Le problème est trop grave pour s’amuser à faire des petites phrases.
Alors ensemble, tous ensemble, retroussons nos manches et bossons sur ce dossier pour que demain, d’autres que nous aient du travail.
La réduction de la fracture sociale, chère au candidat Chirac, est à ce prix.

jeudi 6 septembre 2007

Diva, embryon et Waterloo

Pavarotti vient de mourir. La voix qui allumait les étoiles s’est éteinte. Et si nous retournions à Montepulciano boire une bouteille de Nibbiano en son honneur. Et sur la terrasse du bar à vin « E lucevan le stelle » l’écouter chanter la Tosca.
Voir chronique du 5 août 2007
http://www.youtube.com/watch?v=4mX7ugJ5NM8

Le Vatican s’émeut de recherches effectuées par des savants anglais sur des embryons mi-animaux, mi-humains. Ces recherches sont encadrées et ont été validées par une commission de sages. Elles doivent servir à mieux comprendre la dégénérescence de certaines cellules pour mieux soigner et qui sait guérir une maladie comme l’Alzheimer. Le pape s’indigne de l’horreur de telles pratiques scientifiques. De tout temps l’église a rejeté les découvertes qui pouvaient nuire à son dogme. Dites-moi, cher Benoit XVI, si l’embryon est la vie, vous viendrez me donner un coup de main quand il faudra ramener les embryons du square en poussette.

L’Eurostar vient de battre le record de liaison entre Paris et Londres. Deux heures et trois minutes. Et ce n’est pas le plus formidable. Selon moi, l’exploit réside dans le fait que nous n’arriverons plus à Londres en gare de Waterloo mais à Saint-Pancras. Serait-ce la fin de l’arrogance anglaise ?



Il y a 10 ans
Samedi, 6 septembre 1997
Too much.

Quatre heures de retransmission non stop à la fois sur TF1 et sur France 2, l’enterrement de Lady Diana Spencer a trusté les antennes du monde entier ce matin. Mieux que Winston Churchill en son temps. De quoi capituler devant ce manque de discernement journalistique. Les commentaires lacrymaux des nouveaux « Léon Zitrone » de l’enterrement en kit et en grande pompe ne font pas honneur au métier de journaliste. Cette télé semble fabriquée aujourd’hui sur le même moule que celui des magazines à sensation décriés et jetés aux orties par ces « bien-pensants » hommes-troncs de la messe de 10H00 et du 20 heures.
Que le personnage de Lady Di soit un exemple à travers son action pour les malades et les défavorisés, OK, mais de là à en faire une sainte lors d’une messe planétaire, de là à faire de ce doux visage une icône, pas d’accord. A ce rythme, l’abbé Pierre sera enterré en direct sur Mars et Mère Térésa qui vient de mourir à Calcutta fera venir les prélats des autres galaxies à ses funérailles.


A 10H15 ce matin à Argenteuil il y avait un autre enterrement. Celui d’une mère modèle. Celui d’une femme qui avait un mari, un fils et deux petits enfants que je connais bien. Les larmes en mondovision sont-elles plus salées que sur les bancs d’une église de la banlieue parisienne?