Premiers coquelicots vus dans les champs. L’air de Mouloudji. Mélodie du souvenir. Un air d’après-guerre quand le PCF cartonnait avec 29% des voix. Les voix sont mortes. Le chanteur s’est tu. Avec 1.7% des suffrages, Marie-George ferme le buffet et jette la clé dans les champs de coquelicots.
Dernier couplet : Boris Eltsine, l’homme-vodka, est mort hier. Selon les uns « Absolut-beginner » d’une nouvelle Russie et selon les autres « Absolut-fossoyeur » de l’URSS. Pour cet ancien régime ou pour ce nouveau pouvoir des oligarques je n’ai nulle envie ni nostalgie.
Aujourd’hui les amis de Maurice Thorez (s’il en reste) ont pris un sacré coup de vieux.
Il y a 10 ans
Jeudi, 24 avril 1997.
30ème chronique comme je le pense.
Ca y est, un mois de bouclé à la sueur de mon crâne et à l’arthrose naissante de mes phalanges pour vous livrer mes coups de coeur quotidiens.
Quand on commence, on se dit que ce n’est rien, que ça se fait comme ça en claquant des doigts. En fait l’état de grâce, cher à tout nouvel élu, n’a duré, dans mon cas, qu’une petite semaine. Il est sûrement des femmes et des hommes qui écrivent facilement et qui ont le temps pour le faire parce que c’est leur métier. Comme les journées de Madame Placard ne font pas plus que vingt-quatre heures, il faut bien gagner du temps sur un emploi du même nom très chargé. Travailler huit heures par jour, faire les courses une fois par semaine, s’occuper des enfants, regarder un peu la télé et lire les journaux, ça ne laisse pas beaucoup de temps libre. Bien sûr il y a le sommeil et le temps passé au lit à faire des « choses futiles » mais on n’est pas des bêtes quand même.
Alors j’ai fait des sacrifices. Moins de télé, moins de lecture et un peu de temps pris sur les heures de travail et je ne m’en sors pas trop mal. Comme dirait l’autre, écrire une chronique tous les jours, ça se fait dans l’urgence. L’adrénaline de la dernière minute comme disent les sportifs.
Donc on en est là, avec trente jours au compteur. C’est drôle, mais ça me donne la pêche. L’envie de continuer. S’il y avait une seule raison ce serait les rendez-vous pris avec quelques personnes dont les noms peuplent les lignes de certaines chroniques et que je garde à l’oeil dans les mois à venir.
Ne vous endormez pas, Madame Placard veille sur vous.
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mardi 24 avril 2007
vendredi 13 avril 2007
On arrête les conneries.
Dans huit jours il faut sortir la carte d’électeur et en faire bon usage. C’est plus la saison du folklore. En 2002, les microclimats de micros-candidats avaient tourné la tête des électeurs. Coups de chaud sur les calebasses. Plus question de se mouiller le doigt et le tendre en l’air pour savoir d’où vient le vent.
Cette année, cette semaine, aujourd’hui, il faut arrêter son choix et s’éclaircir la voix.
Les intentions de vote du dernier sondage TNS Sofres (4 et 5 avril), donnent 23.5% à Ségolène Royal. Soit quasiment le score de Jospin + Chevènement + Taubira lors du fatal premier tour de 2002.
Ce n’est pas assez !
Il y a trop de candidat. On va jouer à la Star Ac et en éliminer déjà une bonne partie.
Les nuisibles : Sarkozy et Le Pen. Le premier parce qu’il est le plus grand commun diviseur des Français et parce qu’il n’arrête pas de glisser sa salle patte dans la culotte de zouave du second (et que je t’aide par ici pour tes 500 signatures et que, par là, je te fais le coup de la promesse de la proportionnelle ...). Le Pen parce qu’à 78 ans il a toujours ses dents pour mordre son prochain.
Les illusionnistes : Laguiller, pâle copie d’une Rosa Luxembourg des cours d’usine. Besancenot, le postier à vélo qui ne veut rouler pour personne. Bové, dont on aimerait goûter ses fromages de chèvre plutôt que ses colères antilibérales. Nihous, et pourquoi pas demain un candidat pour les coiffeurs, les croque-morts ou les skieurs de fond. De Villiers le grand méchant mou. Et Schivardi qui est au trotskisme ce que le cassoulet est au petit déjeuner des anorexiques.
Je laisse, nostalgiquement, Marie-George à ses tréteaux et Dominique à ses verts pâturages. Votre combat mesdames est exemplaire car il ne rejette pas l’exercice réel du pouvoir dont vous êtes la preuve vivante.
Pour ce qui est de Bayrou, sa situation est troublante. C’est un général sans armée dont les lieutenants félons se sont ralliés un à un à Nicoléon Sarkozy (en référence à la Une de The Economist de la semaine qui compare le candidat UMP à l’Empereur qui s’est arrêté en gare de Waterloo). Le Béarnais c’est aussi un Don Quichotte sans Panza (ou alors Azouz Begag était bien déguisé). J’ai des doutes sur la sincérité du bonhomme. Et je le dit d’autant plus que je me suis fait piégée au test sur le site « moncandidat.com ». Mes réponses m’ont cataloguée Bayrouiste. En quatre ans au Ministère de l’Education National qu’a–t-il fait ? Bernique ! Sur le cas Bayrou il nous reste encore quelques jours pour en parler et revenir sur la proposition de Rocard sortie dans Le Monde en fin d’après-midi.
Alors il reste Ségo. D’accord, elle a des défauts, nous ne passerions sans doute pas nos vacances ensemble et nous n’avons pas les mêmes goûts question tailleurs et escarpins. D’accord ses tirades sur la discipline et ses « maisons de redressement » nouvelle formule ne me plaisent pas trop. Le coup des drapeaux bleu-blanc-rouge dans chacune des maisons c’est limite. Ses approximations sur l’Iran, l’Afghanistan et son peu de plaidoyer sur l’Europe me chagrinent.
Mais mieux vaut entrer en résistance dès maintenant. Construire ce barrage à Sarkozy et Le Pen le plus vite et le plus haut possible. Pas une palissade, pas un muret, pas un mur antibruit. Non. Une citadelle humaine pour repousser haine et exclusion et faire de notre pays dans l’Europe et dans le monde, un havre de fraternité et de prospérité pour tous.
Il y a 10 ans
Dimanche, 13 avril 1997.
Sunday glose.
On est passé facilement cinq fois devant ce coin fameux de Hyde Park dédié à la libre expression. Mais dans ce nouveau Londres propre sur lui, pas plus de speaker au corner que de Cantona en équipe de France.
Alors en leur absence (il faut dire qu’il y a deux matches de foot cet après-midi à la télé), je vais vous improviser un petit discours. Attendez deux secondes, je monte sur ma petite caisse en bois et je suis à vous:
- « Ladies and gentlemen, mesdames et messieurs (à partir de maintenant le texte sera traduit instantanément en français), Claude Debussy a dit:« Voir le jour se lever est plus utile que d’écouter la Symphonie Pastorale ». En le paraphrasant je dirais que voir Cantona marquer est plus utile que d’écouter la cacophonie électorale.
Chez les «froggies» il paraît que c’est déjà pas rigolo mais alors ici y’a pas de quoi se taper le cul par terre.
D’un côté, Major (pas de ma promo en tout cas) dont le sourire ne doit faire plaisir qu’à son dentiste (sauf si celui-ci est déjà amoureux d’une jument ou d’une princesse britannique).
De l’autre, Blair, plutôt beau gosse mais avec un nom comme ça on m’a dit qu’en France il avait de quoi s’attirer les bourre-pifs et les sinusites économiques chroniques.
Au milieu un troisième larron tellement insignifiant que j’en ai oublié le nom. Un homme et son parti sûrement aussi influent sur les destinées de la Perfide Albion que le Parti Radical Valoisien l’a été sur la place de la France dans le monde.
Je résume, à droite John Major qui a reçu de Maggie Thatcher les mêmes encouragements chaleureux que ceux d’Aimé Jacquet à l’encontre de David Ginola pour la suite de sa carrière.
A gauche Tony Blair qui est aux forces de progrès socialistes françaises, ce que le processeur Intel Pentium est au boulier.
Au centre du sandwich pain de mie, rien, sinon une fine tranche de cheddar sans goût.
Alors votez pour Blair et vous aurez du flair. De toutes façons avec des adversaires aussi mal barrés, l’issu du combat de catch à trois ne fait aucun doute.
« Please vote Blair » et que Dieu bénisse Chelsea Football Club.
Cette année, cette semaine, aujourd’hui, il faut arrêter son choix et s’éclaircir la voix.
Les intentions de vote du dernier sondage TNS Sofres (4 et 5 avril), donnent 23.5% à Ségolène Royal. Soit quasiment le score de Jospin + Chevènement + Taubira lors du fatal premier tour de 2002.
Ce n’est pas assez !
Il y a trop de candidat. On va jouer à la Star Ac et en éliminer déjà une bonne partie.
Les nuisibles : Sarkozy et Le Pen. Le premier parce qu’il est le plus grand commun diviseur des Français et parce qu’il n’arrête pas de glisser sa salle patte dans la culotte de zouave du second (et que je t’aide par ici pour tes 500 signatures et que, par là, je te fais le coup de la promesse de la proportionnelle ...). Le Pen parce qu’à 78 ans il a toujours ses dents pour mordre son prochain.
Les illusionnistes : Laguiller, pâle copie d’une Rosa Luxembourg des cours d’usine. Besancenot, le postier à vélo qui ne veut rouler pour personne. Bové, dont on aimerait goûter ses fromages de chèvre plutôt que ses colères antilibérales. Nihous, et pourquoi pas demain un candidat pour les coiffeurs, les croque-morts ou les skieurs de fond. De Villiers le grand méchant mou. Et Schivardi qui est au trotskisme ce que le cassoulet est au petit déjeuner des anorexiques.
Je laisse, nostalgiquement, Marie-George à ses tréteaux et Dominique à ses verts pâturages. Votre combat mesdames est exemplaire car il ne rejette pas l’exercice réel du pouvoir dont vous êtes la preuve vivante.
Pour ce qui est de Bayrou, sa situation est troublante. C’est un général sans armée dont les lieutenants félons se sont ralliés un à un à Nicoléon Sarkozy (en référence à la Une de The Economist de la semaine qui compare le candidat UMP à l’Empereur qui s’est arrêté en gare de Waterloo). Le Béarnais c’est aussi un Don Quichotte sans Panza (ou alors Azouz Begag était bien déguisé). J’ai des doutes sur la sincérité du bonhomme. Et je le dit d’autant plus que je me suis fait piégée au test sur le site « moncandidat.com ». Mes réponses m’ont cataloguée Bayrouiste. En quatre ans au Ministère de l’Education National qu’a–t-il fait ? Bernique ! Sur le cas Bayrou il nous reste encore quelques jours pour en parler et revenir sur la proposition de Rocard sortie dans Le Monde en fin d’après-midi.
Alors il reste Ségo. D’accord, elle a des défauts, nous ne passerions sans doute pas nos vacances ensemble et nous n’avons pas les mêmes goûts question tailleurs et escarpins. D’accord ses tirades sur la discipline et ses « maisons de redressement » nouvelle formule ne me plaisent pas trop. Le coup des drapeaux bleu-blanc-rouge dans chacune des maisons c’est limite. Ses approximations sur l’Iran, l’Afghanistan et son peu de plaidoyer sur l’Europe me chagrinent.
Mais mieux vaut entrer en résistance dès maintenant. Construire ce barrage à Sarkozy et Le Pen le plus vite et le plus haut possible. Pas une palissade, pas un muret, pas un mur antibruit. Non. Une citadelle humaine pour repousser haine et exclusion et faire de notre pays dans l’Europe et dans le monde, un havre de fraternité et de prospérité pour tous.
Il y a 10 ans
Dimanche, 13 avril 1997.
Sunday glose.
On est passé facilement cinq fois devant ce coin fameux de Hyde Park dédié à la libre expression. Mais dans ce nouveau Londres propre sur lui, pas plus de speaker au corner que de Cantona en équipe de France.
Alors en leur absence (il faut dire qu’il y a deux matches de foot cet après-midi à la télé), je vais vous improviser un petit discours. Attendez deux secondes, je monte sur ma petite caisse en bois et je suis à vous:
- « Ladies and gentlemen, mesdames et messieurs (à partir de maintenant le texte sera traduit instantanément en français), Claude Debussy a dit:« Voir le jour se lever est plus utile que d’écouter la Symphonie Pastorale ». En le paraphrasant je dirais que voir Cantona marquer est plus utile que d’écouter la cacophonie électorale.
Chez les «froggies» il paraît que c’est déjà pas rigolo mais alors ici y’a pas de quoi se taper le cul par terre.
D’un côté, Major (pas de ma promo en tout cas) dont le sourire ne doit faire plaisir qu’à son dentiste (sauf si celui-ci est déjà amoureux d’une jument ou d’une princesse britannique).
De l’autre, Blair, plutôt beau gosse mais avec un nom comme ça on m’a dit qu’en France il avait de quoi s’attirer les bourre-pifs et les sinusites économiques chroniques.
Au milieu un troisième larron tellement insignifiant que j’en ai oublié le nom. Un homme et son parti sûrement aussi influent sur les destinées de la Perfide Albion que le Parti Radical Valoisien l’a été sur la place de la France dans le monde.
Je résume, à droite John Major qui a reçu de Maggie Thatcher les mêmes encouragements chaleureux que ceux d’Aimé Jacquet à l’encontre de David Ginola pour la suite de sa carrière.
A gauche Tony Blair qui est aux forces de progrès socialistes françaises, ce que le processeur Intel Pentium est au boulier.
Au centre du sandwich pain de mie, rien, sinon une fine tranche de cheddar sans goût.
Alors votez pour Blair et vous aurez du flair. De toutes façons avec des adversaires aussi mal barrés, l’issu du combat de catch à trois ne fait aucun doute.
« Please vote Blair » et que Dieu bénisse Chelsea Football Club.
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