Le tribunal correctionnel de Paris n’a pas rendu une copie blanche. La crainte de voir les puissants pétroliers s’en tirer blanc comme neige m’embarrassait depuis les débuts de ce procès.
Le temps s’écoulait lentement depuis le 12 décembre 1999. Dans le sablier des petites boules d’hydrocarbure.
Mais la justice s’est réveillé et vient d’acter le fait que le préjudice d' « atteinte à l'environnement » est entré dans l'arsenal juridique français.
192 millions de dommages et intérêts sont réclamés à Total et aux autres responsables. Malheureusement, le montant « dédié » au préjudice écologique ne représente que 0.7% du montant total des dommages et intérêts.
Néanmoins, cette jurisprudence, je l’espère, mettra du plomb dans l’aile à tous ces armateurs, ces pavillons de complaisance qui prennent la mer pour une poubelle et nos côtes pour des décharges.
Dimanche 30 décembre, je me promenais avec quelques amis sur la côte sauvage entre Portivy et Quiberon. Pas un souffle de vent, un ciel pur, une mer légèrement moutonneuse. Des goélands tels des vigiles scrutaient l’océan. Petites statues blanches et grises ils me donnaient l’impression d’être les gardiens de ce territoire en hommage à leurs ancêtres morts englués dans le pétrole sur ces mêmes côtes presque huit ans avant, jour pour jour.
Il y a 10 ans
Vendredi, 16 janvier 1998.
C’est sikidikiyè.
Lionel a pété une durite comme on dit vulgairement. Qu’est-ce qui lui a pris de refaire l’histoire cent ou cent cinquante ans après. Surtout pour distribuer les bons et les mauvais points comme une maîtresse d’école voulant motiver son troupeau d’élèves.
« Gnagnagna, c’est toi qu’étais contre Dreyfus... ». « Gnagnagna, c’est toi qu’étais pour l’esclavage ... ». « Gnagnagna c’est moi le gentil... ». « Gnagnagna c’est toi le méchant ».
Je croyais que sur les bancs de l’Assemblée, même si on n’avait pas laissé la mauvaise foi et les injures au vestiaire, les querelles de cour de récré étaient passées de mode.
Quitte à se chicaner sur le passé, ces messieurs les redresseurs de coup tordus feraient mieux de se poser des colles sur le numéro que portait Johan Cruijff pendant la finale de 1974, la longueur du saut de Bob Beamon à Mexico ou qui jouait Liberty Valance dans le film de John Ford?
A ce rythme là, ils finiront par se foutre sur la gueule pour savoir si la Marquise de Pompadour aurait été pour ou contre la fermeture de Super Phénix? Ou en venir au duel à l’arme blanche pour départager ceux qui pensent que Vercingétorix roulait à droite et ceux qui affirment que c’est à gauche, sur les voies romaines, que le gaulois faisait pétarader son scootix.
Et ainsi de suite jusqu’à la nuit des temps.
Peut-être faudra-t-il un jour déterrer les cadavres d’Adam et Eve et faire un test ADN pour savoir qui, des deux, portait la culotte?
Affichage des articles dont le libellé est Erika. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Erika. Afficher tous les articles
mercredi 16 janvier 2008
mercredi 6 juin 2007
Dekoikonkose ?
De la vague bleue sur laquelle espèrent surfer plus de 400 députés pro-Sarkozy.
Des futures nominations « récompense » ? Allez, je lance les paris : Raffarin à la tête de l’UMP ; Accoyer au perchoir et Copé à la présidence du groupe UMP à l’Assemblée.
De la tronche du mécano qui, le lundi 18 juin, va voir arriver la guimbarde PS dans son garage. A la casse ou échange standard ?
Du G8 qui s’ouvre aujourd’hui où l’Europe malgré les effets d’annonce de Sarko et le départ de Blair, n’existe pas face à Bush et Poutine qui nous rejouent un polar à la John Le Carré.
Des réquisitoires du procès de l’Erika. Une peine de 375 000 euros requise contre Total. Quand on lit aujourd’hui que Lewis Libby, ancien directeur de cabinet de Dick Cheney (ex vice président US) a écopé de deux ans et demi de prison et 250 000 dollars d’amende pour avoir menti à la justice.
Des embouteillages au péage de l’Everest. 514 alpinistes ont gravi le graal des sommets pendant le printemps. Pour mes prochaines vacances, je choisirai une destination moins encombrée.
Du concert des « Who » ce soir à Bercy. Avec les survivants Pete Townshend et Roger Daltrey ; Keith Moon le batteur fou et John Entwistle, le bassiste zen doivent être en train d’emmerder les anges. Ce vieux Pete est sourdingue et le vieux beau Roger a pris quelques kilos mais ils sont encore là pour nettoyer nos oreilles à coup de riffs et de décibels. The « oldmen » are allrignt.
Du débarquement de Normandie ? Pour cela il suffit de lire ce qui suit.
Il y a 10 ans
Vendredi, 6 juin 1997
J’irai revoir la Normandie.
Je ne remercierai jamais assez mes parents de m’avoir montré les plages du débarquement quand j’avais dix ou onze ans. Je n’ai sûrement pas tout compris à cette époque et encore aujourd’hui certains événements me dépassent. Mais j’ai pris conscience d’une chose, que la barbarie humaine existait, que des hommes pouvaient tuer d’autres hommes et pas « pour de faux » comme on disait entre mômes quand on jouait à la guerre.
Mais la guerre, la vraie, qui peupla les cimetières américains de croix blanches et les cimetières allemands de croix noires. Des paysages de silence qui me bouleversent encore rien qu’en écrivant ces mots. Je suis désolé mais un cimetière aussi bien tondu soit-il n’est jamais beau. Surtout quand des gamins de vingt ans venus du fin fond des Etats-Unis (ou du Canada, d’Angleterre ou d’Australie) pour nous sauver en faisant la guerre « pour de vrai », y sont enterrés pour l’éternité.
Dans cinq ou six ans j’y emmènerai mon fils et ma fille pour que ceux qui sont morts il y a cinquante trois ans ne soient pas morts pour rien. Pour que l’oubli ne soit pas enterré à jamais du côté d’Omaha Beach. Pour que ces images restent gravées dans sa mémoire et, plus tard, dans la mémoire de leurs enfants, qui feront je l’espère, ce pèlerinage normand.
Post-scriptum: « Le jour le plus long » repasse pour la énième fois dimanche à la télé. Ce n’est pas grave, même si je le connais par cœur, je le regarderai encore.
Des futures nominations « récompense » ? Allez, je lance les paris : Raffarin à la tête de l’UMP ; Accoyer au perchoir et Copé à la présidence du groupe UMP à l’Assemblée.
De la tronche du mécano qui, le lundi 18 juin, va voir arriver la guimbarde PS dans son garage. A la casse ou échange standard ?
Du G8 qui s’ouvre aujourd’hui où l’Europe malgré les effets d’annonce de Sarko et le départ de Blair, n’existe pas face à Bush et Poutine qui nous rejouent un polar à la John Le Carré.
Des réquisitoires du procès de l’Erika. Une peine de 375 000 euros requise contre Total. Quand on lit aujourd’hui que Lewis Libby, ancien directeur de cabinet de Dick Cheney (ex vice président US) a écopé de deux ans et demi de prison et 250 000 dollars d’amende pour avoir menti à la justice.
Des embouteillages au péage de l’Everest. 514 alpinistes ont gravi le graal des sommets pendant le printemps. Pour mes prochaines vacances, je choisirai une destination moins encombrée.
Du concert des « Who » ce soir à Bercy. Avec les survivants Pete Townshend et Roger Daltrey ; Keith Moon le batteur fou et John Entwistle, le bassiste zen doivent être en train d’emmerder les anges. Ce vieux Pete est sourdingue et le vieux beau Roger a pris quelques kilos mais ils sont encore là pour nettoyer nos oreilles à coup de riffs et de décibels. The « oldmen » are allrignt.
Du débarquement de Normandie ? Pour cela il suffit de lire ce qui suit.
Il y a 10 ans
Vendredi, 6 juin 1997
J’irai revoir la Normandie.
Je ne remercierai jamais assez mes parents de m’avoir montré les plages du débarquement quand j’avais dix ou onze ans. Je n’ai sûrement pas tout compris à cette époque et encore aujourd’hui certains événements me dépassent. Mais j’ai pris conscience d’une chose, que la barbarie humaine existait, que des hommes pouvaient tuer d’autres hommes et pas « pour de faux » comme on disait entre mômes quand on jouait à la guerre.
Mais la guerre, la vraie, qui peupla les cimetières américains de croix blanches et les cimetières allemands de croix noires. Des paysages de silence qui me bouleversent encore rien qu’en écrivant ces mots. Je suis désolé mais un cimetière aussi bien tondu soit-il n’est jamais beau. Surtout quand des gamins de vingt ans venus du fin fond des Etats-Unis (ou du Canada, d’Angleterre ou d’Australie) pour nous sauver en faisant la guerre « pour de vrai », y sont enterrés pour l’éternité.
Dans cinq ou six ans j’y emmènerai mon fils et ma fille pour que ceux qui sont morts il y a cinquante trois ans ne soient pas morts pour rien. Pour que l’oubli ne soit pas enterré à jamais du côté d’Omaha Beach. Pour que ces images restent gravées dans sa mémoire et, plus tard, dans la mémoire de leurs enfants, qui feront je l’espère, ce pèlerinage normand.
Post-scriptum: « Le jour le plus long » repasse pour la énième fois dimanche à la télé. Ce n’est pas grave, même si je le connais par cœur, je le regarderai encore.
mardi 22 mai 2007
Mille sabords.
Tim tam talamtam. Bonjour, il est sept heures et demie, vous êtes sur RTL, le journal vous est présenté par Elizabeth Martichoux : « Hergé, le père de Tintin aurait eu cent ans aujourd’hui ... » Et voilà une journée qui m’emmène sur les rives de l’enfance. Histoire d’oublier un peu les sordides informations du jour.
Aujourd’hui notre reporter c’est Tintin.
On commence par un voyage en Syldavie à la recherche du sceptre d’Ottokar. Un royaume de l’Est moins dangereux que la Tchétchénie.
Direction la lune avec Tournesol le génie scientifique à l’image de Pierre-Gilles de Gennes prix Nobel de physique et grand pédagogue disparu hier à 74 ans.
Petit détour par le Moyen-Orient au pays de l’or noir. Presque le Koweit ou l’Irak où des guerres sont déclenchées pour quelques pipelines. Un or noir tristement d’actualité du côté de la 11e chambre du tribunal correctionnel de Paris, où l’on juge actuellement l’affaire du naufrage de l’Erika, ce pétrolier hors d’âge qui s’est brisé en 1999 pour déverser sa saloperie sur les côtes bretonnes. Les plaidoiries sont en cours si j’ai bien lu, mais je crains fort un deuxième mazoutage, juridique cette fois pour mes compatriotes bretons.
On traverse l’Atlantique sur les traces du Temple du soleil, dans un jungle où Ingrid Bétancourt est séquestrée depuis cinq ans.
On reprend le bateau, à la recherche du trésor de Rackham le Rouge, comme ces chercheurs d’épaves américains qui ont découvert il y a quelques jours un galion ras la gueule de pièces d’or et d’argent.
Un détour par Moulinsart où des tests ADN auraient pu être requis sur la pie, voleuse des bijoux de la Castafiore. Cette cantatrice la plus célèbre du monde qui réussit à chanter plus fort que Céline Dion. Ce qui n’est pas une mince affaire quand on entend le dernier disque de la Québécoise, aussi lourd et indigeste qu’un cheese-cake au petit déjeuner à Las Vegas.
On peut continuer ainsi à faire le parallèle entre la carrière du globe-trotter et l’actualité d’aujourd’hui en passant en revue les méchants de chaque épisode. Je vous laisse faire les rapprochements en commençant par Omar Ben Salaad, chef d’un réseau de trafiquant d’opium que l’on retrouve dans « Le crabe au pinces d’or ». Et Rastapopoulos, le Docteur Müller, Boris Jorgen, les frères Loiseau ...
Pour les cent ans d’Hergé je croyais, mille sabords, échapper à la routine des infos quotidiennes. Mais Tintin, reporter au « Petit XXème » est toujours là pour nous ramener des scoops des quatre coins du monde.
En espérant qu’il ne fasse pas comme sa consœur du Point Catherine Pégard qui a rejoint le cabinet Sarkozy au mépris de la plus élémentaire éthique.
Il y a 10 ans
Jeudi, 22 mai 1997
Ni-ni.
Ce matin Jacques Delors était l’invité de France-Inter. Une façon de rappeler que L’Europe est le thème central de cette campagne électorale courte mais soporifique.
En est-on bien sûr? L’Europe c’est juste une excuse de Chirac pour tenter de justifier la dissolution. Si ma mémoire est bonne, l’argument était le suivant: « Si on vote dans un an ce sera en plein merdier de négo sur la monnaie européenne alors n’ajoutons pas un merdier à un autre merdier ».
L’Europe c’est une habile façon de botter en touche pour les uns et les autres. En focalisant les discours sur ce sujet, les hommes politiques ne parlent vraiment ni des problèmes intérieurs (Ecoles, Travail, Qualité de vie...), ni des problèmes internationaux (Crise dans l’ex-Zaïre, paix fragilisée en Israël, élections en Algérie, émergence d’un quatrième pouvoir mondial: la mafia de la drogue...).
A ce niveau de flou artistique, l’adage populaire « Si l’Europe n’existait pas il faudrait l’inventer », tombe pile-poil.
Je suis farouchement européenne, surtout si, très vite, le social et une diplomatie commune forte deviennent les deux piliers de cette communauté.
Alors messieurs, s’il vous plaît, pour l’Europe on verra demain. D’ailleurs entre un Seguin et un Jospin il y a sûrement moyen de s’entendre sur une renégociation des critères des convergences.
Aujourd’hui notre reporter c’est Tintin.
On commence par un voyage en Syldavie à la recherche du sceptre d’Ottokar. Un royaume de l’Est moins dangereux que la Tchétchénie.
Direction la lune avec Tournesol le génie scientifique à l’image de Pierre-Gilles de Gennes prix Nobel de physique et grand pédagogue disparu hier à 74 ans.
Petit détour par le Moyen-Orient au pays de l’or noir. Presque le Koweit ou l’Irak où des guerres sont déclenchées pour quelques pipelines. Un or noir tristement d’actualité du côté de la 11e chambre du tribunal correctionnel de Paris, où l’on juge actuellement l’affaire du naufrage de l’Erika, ce pétrolier hors d’âge qui s’est brisé en 1999 pour déverser sa saloperie sur les côtes bretonnes. Les plaidoiries sont en cours si j’ai bien lu, mais je crains fort un deuxième mazoutage, juridique cette fois pour mes compatriotes bretons.
On traverse l’Atlantique sur les traces du Temple du soleil, dans un jungle où Ingrid Bétancourt est séquestrée depuis cinq ans.
On reprend le bateau, à la recherche du trésor de Rackham le Rouge, comme ces chercheurs d’épaves américains qui ont découvert il y a quelques jours un galion ras la gueule de pièces d’or et d’argent.
Un détour par Moulinsart où des tests ADN auraient pu être requis sur la pie, voleuse des bijoux de la Castafiore. Cette cantatrice la plus célèbre du monde qui réussit à chanter plus fort que Céline Dion. Ce qui n’est pas une mince affaire quand on entend le dernier disque de la Québécoise, aussi lourd et indigeste qu’un cheese-cake au petit déjeuner à Las Vegas.
On peut continuer ainsi à faire le parallèle entre la carrière du globe-trotter et l’actualité d’aujourd’hui en passant en revue les méchants de chaque épisode. Je vous laisse faire les rapprochements en commençant par Omar Ben Salaad, chef d’un réseau de trafiquant d’opium que l’on retrouve dans « Le crabe au pinces d’or ». Et Rastapopoulos, le Docteur Müller, Boris Jorgen, les frères Loiseau ...
Pour les cent ans d’Hergé je croyais, mille sabords, échapper à la routine des infos quotidiennes. Mais Tintin, reporter au « Petit XXème » est toujours là pour nous ramener des scoops des quatre coins du monde.
En espérant qu’il ne fasse pas comme sa consœur du Point Catherine Pégard qui a rejoint le cabinet Sarkozy au mépris de la plus élémentaire éthique.
Il y a 10 ans
Jeudi, 22 mai 1997
Ni-ni.
Ce matin Jacques Delors était l’invité de France-Inter. Une façon de rappeler que L’Europe est le thème central de cette campagne électorale courte mais soporifique.
En est-on bien sûr? L’Europe c’est juste une excuse de Chirac pour tenter de justifier la dissolution. Si ma mémoire est bonne, l’argument était le suivant: « Si on vote dans un an ce sera en plein merdier de négo sur la monnaie européenne alors n’ajoutons pas un merdier à un autre merdier ».
L’Europe c’est une habile façon de botter en touche pour les uns et les autres. En focalisant les discours sur ce sujet, les hommes politiques ne parlent vraiment ni des problèmes intérieurs (Ecoles, Travail, Qualité de vie...), ni des problèmes internationaux (Crise dans l’ex-Zaïre, paix fragilisée en Israël, élections en Algérie, émergence d’un quatrième pouvoir mondial: la mafia de la drogue...).
A ce niveau de flou artistique, l’adage populaire « Si l’Europe n’existait pas il faudrait l’inventer », tombe pile-poil.
Je suis farouchement européenne, surtout si, très vite, le social et une diplomatie commune forte deviennent les deux piliers de cette communauté.
Alors messieurs, s’il vous plaît, pour l’Europe on verra demain. D’ailleurs entre un Seguin et un Jospin il y a sûrement moyen de s’entendre sur une renégociation des critères des convergences.
Inscription à :
Articles (Atom)