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jeudi 21 février 2008

Pas d'éclipse de la bêtise.

A 4H01 ce matin eut lieu en France une éclipse totale de lune. La terre est passée entre elle et le soleil. Ce la n’a pas empêché Emmanuelle Mignon, la directrice de cabinet de Sarkozy, de dire des bêtises plus grosse qu’une pleine lune. Pas d’éclipse de la connerie après avoir, il y a quelques jours, suggéré le parrainage d’un enfant juif mort pendant la guerre par une enfant d’aujourd’hui, elle a estimé, dans une interview à VSD, que les sectes étaient un « non problème » en France. Qu’en pense Sarkozy ? Après la visite de Tom Cruise au ministre de l’intérieur en 2004 où ils avaient causé de tout et même de la scientologie selon l’acteur américain, Madame Mignon s’est sans doute crue obligée d’exprimer ce qu’elle croit être la sensibilité de Nicolas Sarkozy.
Quand on sait que cette même Madame Mignon a écrit le discours de Latran prononcé par saint Sarkozy au Vatican en décembre dernier, on peut se faire du souci pour la laïcité.



Il y a 10 ans
Samedi, 21 février 1998.
Mission impossible.

« Cette mission, Bill, si vous l’acceptez, consiste à éliminer par tous les moyens, Saddam H. dangereux chef d’état qui, selon nos renseignements, produirait des armes chimiques redoutables à l’intérieur même de ses nombreux palais. Bien sûr, si vous ou l’un des membres de votre équipe était capturé ou tué, le département d’état nierait avoir eu connaissance de vos agissements. Cette bande s’autodétruira dans cinq secondes, bonne chance Bill ».
Vous aurez, je pense, reconnu le début de la fameuse série américaine « Mission Impossible ». Mais aujourd’hui n’est pas un jour comme les autres puisqu’il ne reste à Bill et ses amis que très peu de temps pour tuer le grand méchant dictateur moustachu et irakien.
Je me suis toujours demandé pourquoi la plus grande puissance mondiale n’était jamais parvenue à éliminer Saddam Hussein. Avec les intelligences et les moyens qui existent à la CIA, c’est à peine croyable. Certains pensent que les américains ne veulent pas tuer Saddam pour faire de l’Irak un bouclier protecteur vis à vis de l’Iran. Ces considérations de stratégies mondiales de défense me dépassent.
Aujourd’hui, au générique du feuilleton, vous avez Kofi Annan, dans le rôle de Barney (le black balèze en électronique), Clinton dans celui de Jim Phelps (le chef), Madeleine Allbright dans celui de Cinnamon Carter (la top-model), Tony Blair jouant à la place de Rollin Hand (l’homme qui change de visage comme de chemise) et Chirac dans le rôle du grand costaud Willy Armitage. L’équipe de choc court-elle vers son premier échec? Réponse demain soir en prime-time.

Générique: Tum, tum, tumtumtumtum tumtumtumtum tumtumtumtum tum tum, piloulou piloulou touloum.

P.S. La vie, ce n’est pas du cinéma. C’est pire.

mardi 15 janvier 2008

Sujet du BAC : le spirituel et le matériel peuvent-ils cohabiter ?

Plus l’âge de passer le Baccalauréat. Thèse, antithèse, synthèse et les exemples qui vont avec sont une discipline au dessus de mes forces passées 21 heures.
Réponse rapide donc. Sarkozy = synthèse.
Tel un véritable caméléon, le président nous fait découvrir une de ses facettes, celle de dire et de penser la même chose que son auditoire.
En visite au Vatican avec son ami Bigard, le Laurel de la république s’est enhardi à annoncer au Pape Benoit XVI que « Les racines de la France sont essentiellement chrétiennes » et de surenchérir en attribuant au manque de foi les malheurs de la France : « La désaffection progressive des paroisses rurales, le désert spirituel des banlieues, la disparition des patronages, la pénurie de prêtres, n’ont pas rendu les Français plus heureux ».
Et pour caresser la tiare dans le sens du dogme il crut bon d’ajouter « Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur ». Difficile de croire l’animal quand il affirme que malgré tout ces propos, la laïcité restera « incontournable » dans notre pays.
Vous aurez remarqué que dans cette allocution, pas de mention des musulmans. Selon une enquête de La Croix en août 2006 sur 30 000 personnes résidant en France il semblerait que le nombre de pratiquant régulier (une fois par semaine) soit plus nombreux côté musulman (5.7%) que côté catholique (4.8%). Et les protestants, les juifs, les bouddhistes et les autres. Ça ne doit pas voter un hindouiste, sinon Sarko se serait déjà laissé pousser les ongles et serait parti sur les genoux au monastère de Puri.
Si ma mémoire est bonne le candidat Sarkozy ou même le ministre Sarko (de l’intérieur et des cultes) avait évoqué une modification de la loi de 1905.
Alors méfiance, cette forme de cléricalisme à pas forcé ne présage rien de bon. Quand on sait que le tiaré de Saint-Pierre de Rome ne s’est pas rendu ces jours-ci à la Sapienza la plus illustre des universités italiennes. Boycott des plus éminents professeurs et scientifiques. Une seule et bonne raison, le fait que le cardinal Ratzinger, avant qu’il ne s’appelle Benoit XVI avait estimé lors d’un discours très controversé à Ratisbone que le procès contre Galilée était « raisonnable et juste ».
Pour en revenir au sujet de départ, Spiritualité et matérialisme peuvent-ils faire bon ménage ? Avec Sarko en Ray-ban en Jordanie offrant des bagouzes à 20 000 euros à sa mannequine de fiancée, voyageant en avion privé, passant des vacances sur des yachts à des dizaines de milliers d’euros la semaine, je dirais oui.Un peu court peut-être comme démonstration. Mais à 22H00, j’ai matériellement besoin de mettre la viande dans le torchon comme on dit vulgairement dans ma campagne. Histoire de faire le rêve d’une France laïque et fier de l’être.




Il y a 10 ans
Jeudi, 15 janvier 1998.
Viens poupoule.

Monsieur Jean de La Fontaine, vous qui veillez sur les poulaillers et les zoos du monde entier, vous avez dû vous fendre la poire en entendant cette histoire qui nous vient de Saint Hilaire du Harcouët.
La vache devenue folle après avoir mangé ce qu’une poule devait avoir laissé dans sa gamelle.
Je me souviens que chez ma grand-mère et dans les fermes avoisinantes, les poules et les vaches ne partouzaient pas ensemble dans les bals du samedi soir. Pas question qu’un bœuf en costume de ville accoste une poule aussi bien roulée soit-elle. Pas non plus question qu’un coq bien monté tente l’œillade assassine à la vache aux pis pigeonnants. Chacun restait dans son coin, mangeait à sa table ce qu’il avait toujours mangé et les moutons étaient, selon l’adage, très bien gardés. En parlant de moutons d’ailleurs, la surprise de cette histoire c’est que l’on apprend que les poules ne picotent plus de pain dur. Les gallinacés du 21ème siècle se font maintenant des orgies de bouillies à base de maïs, soja et protéines contenant 6% de déchets de viandes de porc, de mouton et de bœuf.
Beurk, beurk, beurk. Je ne sais pas si Sanders, plus gros fabricant de farines animales et alimentaires sponsorise des bassines en plastique pour vomir, mais il le devrait.
Notre amie la vache est donc devenue folle comme trente et une de ses copines françaises depuis le début de l’épidémie. Mais on ne nous parle pas des poules qui se farcissent à longueur de journée ces repas que leurs ancêtres, hôtes de ma grand-mère, auraient tout de suite renvoyés au maître d’hôtel.
Mine de rien, quelqu’un ne mangera pas la vache, mais quelqu’un va peut-être, un de ces quatre dimanches, se faire une omelette avec les œufs pondus par ces poules carnivores.
La morale de cette histoire, Monsieur de La Fontaine, sera brève et empruntée à Jean-Pierre Coffe: « On mange de la merde! ».

mardi 28 août 2007

Le hic laïc.

Madame Gül porte un foulard. Madame Gül est la femme du nouveau président de la Turquie. La Turquie est un état laïc qui interdit le port du voile dans les administrations et les écoles. Madame Gül ne respecte donc pas les lois du pays présidé par son mari.
Son mari, ex-islamiste, revendique une d’une grande ouverture d’esprit en particulier concernant l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne. Il certifie également qu’il sera le garant de la laïcité et de ses principes fondateurs chers à Mustafa Kemal Ataturk.
Mais il y a un hic, un malaise, le sentiment d’une grosse crainte. Celle de voir la condition des femmes turques nettement régresser. Comment, en effet, empêcher les plus radicaux de soumettre les femmes au diktat du port du hijab quand la première dame du pays se pose en icône de cette mode rétrograde ?
Heureusement que notre bonne vieille loi de 1905 n’interdit pas le port du tailleur Prada.



Il y a 10 ans
Jeudi, 28 août 1997.
De mauvaises nouvelles.

Grave mais pas trop.
Le candidat Jospin avait promis l’abrogation des lois Pasqua-Debré.
Le candidat Jospin avait dit qu’il dirait ce qu’il allait faire et qu’il ferait ce qu’il avait dit.
Le premier ministre Jospin ne souhaite qu’amender les lois existantes pour les rendre plus humaines.
Qu’il les abroge comme promis. La politique est parfois faite de symboles (cf. abolition de la peine de mort promise par le candidat Mitterrand et tenue par le président Mitterrand en 1981).
C’est quand même rageant de voir ainsi les initiateurs de ces lois très peu accueillantes bomber le torse et se moquer comme dans un mauvais film de Fernandel.
Je compte sur le parlement et les députés élus en juin pour faire ce qu’il y a à faire.

Grave, très grave.
Depuis le début de la semaine plus de deux cents algériens ont été assassinés. Des hommes, femmes et aussi des enfants meurent victimes d’attentats à la bombe, égorgés ou torturés à mort.
Le gouvernement algérien annonce de façon régulière que les terroristes sont en voie d’extinction. Plus ils en parlent, plus les innocents meurent. Dans cette escalade de violence je finis par m’inquiéter de la réalité même de cette lutte affichée contre les extrémistes. Les « bons » ont toujours eu besoin des « méchants » pour exister. Le régime militaire algérien, loin d’être démocratique, n’attiserait-il pas lui-même les braises afin de légitimer son maintien au pouvoir? Je pose peut-être une question bête, mais j’aimerais bien une réponse moins bestiale que ces boucheries quotidiennes.

jeudi 3 mai 2007

Match.

Plus de deux heures. C’est ce que j’avais prévu hier. Mais ce que je n’avais pas prévu c’est la piètre qualité de la rencontre, du duel ou du combat.
Peu importe la métaphore sportive, j’ai trouvé Ségolène Royal puncheuse et Nicolas Sarkozy bon encaisseur. Mais sur le ring, pas les deux ténors attendus, pas les deux champions, pas les deux présidentiables. Pour être gentille je dirais que j’ai vu un match entre deux « premier ministres ». Pour être méchante, ce match a tout bonnement opposé un ancien maire d’une ville de 60 000 habitants à la présidente d’une région de 1 700 000 âmes.
Pour être encore plus méchante, face à face, j’ai vu un épicier et une épicière.
Un épicier vouté sur son étal, hésitant à regarder sa rivale et se tournant sans cesse vers les deux marionnettes que furent PPDA et Arlette Chabot pendant cette soirée. Un épicier avec son calepin plein de notes, sa liste de course et de chiffres, ses promesses plus électoralistes les unes que les autres. Qui les petites retraites, qui les héritiers, qui les fortunés ...
Et puis, de l’autre côté de la rue, sur un trottoir un peu plus ensoleillé, la nouvelle commerçante. Mais dans sa boutique, pas de nouveau produit, des prix alignés (le travail, les 35 heures), même si sur certains rares articles, l’innovation était là (l’éducation, la 6ème république). Mais dans tout le bazar des étagères il fallait pouvoir trouver.
Où étaient les grands desseins et les grands destins ? Où étaient les grandes batailles politiques, les concepts forts, les grandes causes ? La défense de la laïcité, la tolérance, le respect, la place de la France dans l’Europe et dans le monde, l’écologie... où étaient ces indispensables points de repères qui dessinent un chef d’état ? Nulle part, comme nulle part ailleurs dans la campagne. Faut-il s’en étonner, comme je le disais hier, avec une formule de duel télévisé unique et indivisible.
Alors pour finir, faut-il un vainqueur au débat ?
Faut-il désigner celle ou celui qui d’une courte tête ou « aux points » comme disent les commentateurs de boxe, a quitté le ring avec les lauriers ?
Par penchant, et pour son crochet du gauche porté à la pommette de son rival, là où perlait presque une larme de circonstance pour les handicapés à l’école, je déclare Ségolène gagnante.
Mais dieu que j’aurais préféré voir un autre match, un combat duquel sortent grandis les adversaires parce qu’ils ont mis leurs cœurs et leurs tripes sur le carré de lumière. Et hier la lumière était bien pâle.



PS/ Lisez ce qui suit. Ecrit il y a 10 ans et beaucoup plus drôle que ce que je viens de rédiger.




Il y a 10 ans
Samedi, 3 mai 1997.
Euro-visions.

Imaginez une campagne électorale qui dure trois heures montre en main. Avec l’ouverture, l’exposé des programmes, les campagnes de pub, le vote des électeurs et le résultat final en direct à la télé à une heure de grande écoute. Ca aurait une de ces gueules non? Bâclé en deux temps trois mouvements, on pourrait profiter de tous ces week-ends et ponts suspendus et aller tranquillement taquiner le goujon en sirotant une bonne bouteille de Muscadet qui fraichit doucement dans la rivière.
J’ai allumé mon poste de télé vers 21 heures et je me suis frotté les yeux plusieurs fois. Mon vœu était exaucé. Ils étaient tous là. Ténors de la politique, barytons des circonscriptions et sopranos des Conseils Généraux.
L’Europe méritait bien un concours. Thème favori de tous les candidats et décliné sur tous les tons, Maastricht, valait bien quelques chansons.
Que l’on soit pour, contre ou eurosceptiques la compétition promettait d’être chaude.
Tous les candidats sont passés les uns après les autres dans leurs costards de scène ridicules ou leurs robes de soirée comme on n’en fait plus. Ils ont tous chanté leurs convictions sur des airs de musique que les ascenseurs jalousent aux aéroports. Il ne manquait même pas les clips de pub ringards avec des interviews contradictoires bidon.
Dans les gradins de la salle de concert, les militants étaient sagement assis remuant quelquefois le drapeau de leurs camps respectifs. C’était l’idéal, c’était la mélodie politique du bonheur.
Les militants ont voté, les électeurs ont pianoté sur leur minitel ... et le gagnant est, and the winner is ...
Et là, ma main a dérapé sur la télécommande, ça n’a duré qu’une seconde mais je n’ai jamais pu retrouver cette chaîne et ce programme. C’était sans doute une télé-vision. A la place j’ai vu s’afficher un tableau rempli de noms de pays et de chiffres. Une voix monocorde annonçait en deux langues: « Bosnia-Herzegovia three points, Bosnie-Herzegovine trois points, Slovenia four points, Slovénie quatre points, Croatia five points, Croatie cinq points... ». Ce n’était pas Milozevic le juge-arbitre, je vous rassure tout de suite.
Cette belle idée de campagne électorale de trois heures finissait en eau de boudin. A moins que les analystes politiques si brillants de nos télés, de nos gazettes et de nos radios puissent trouver une signification particulière à la candidature française pour ce concours de chansonnettes niaises et continentales.
La représentante de notre beau pays s’appelait Fanny.