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dimanche 6 mai 2007

Peine incompressible.

20H00 et quelques secondes. Sarkozy président de la République. Avec un « p » minuscule et un « r » majuscule. Déception énorme. 47% des votants en prennent pour 5 ans. Le jury populaire a voté. La sentence est de cinq ans fermes. Pas de remise de peine. Une souffrance à vivre jusqu’à la dernière seconde du mandat de l’ex ministre de l’intérieur qui en rêvait dit on depuis sa prime jeunesse.
En 2012, j’aurai vécu 72.5% de ma vie sous l’autorité d’un président de droite.
L’écart est grand. La France est un pays de droite. Ça on le savait. Mais ce qu’on ne soupçonnait pas c’est que la France est un pays de droite dure. Que l’on ne se leurre pas, malgré des slogans rassembleurs, des attitudes d’une rare zénitude, des appels au peuple ouvrier ... Nicolas Sarkozy n’est selon moi ni fraternel, ni humaniste. Ses années place Beauvau en font plutôt un « surgé » monté sur ressorts prêt à sortir la règle en métal et, pour un oui ou pour un non, taper avec une certaine jubilation sur les doigts tendus.
La France de la peur de l’autre a gagné. La peur des resquilleurs, de « l’immigré » pourtant français depuis deux générations, la peur des Turques dans l’Union Européenne, la peur des Rmistes, même la peur des soixante-huitards, invités de dernières minutes dans la campagne par Sarkozy, comme pour remplacer la peur des bolchéviques dans l’inconscient collectif.
Enfin la peur des femmes, la peur d’une femme au pouvoir.
Ce soir la France a freiné devant l’obstacle, la France a freiné devant l’audace, la France a freiné devant une France Présidente.





Il y a 10 ans
Mardi, 6 mai 1997
A chacun son Everest.

Après avoir atteint le sommet de l’Everest en 1990, Christine Janin est la première femme à avoir rallié le pôle Nord sans chien de traîneau. Un exploit qu’elle a réalisé non pas pour sa seule gloire mais pour aider des enfants gravement malades à surmonter leur douleur en leur donnant envie de se dépasser. Cela la place, pour moi, au Panthéon des femmes de France de ce siècle. Entre Marie Curie et Marguerite Yourcenar ou entre Edith Piaf et Sœur Emmanuelle. Personne n’a vraiment parlé de cet exploit faramineux. Je l’ai entendu ce matin à la radio mais pour en savoir plus dans la presse, rien, bernique, que dalle.
Cette nouvelle Reine Christine a dû en baver sur ces kilomètres de paysages d’un autre monde. Mais la joie de retrouver à son arrivée ces enfants qui croyaient en elle dure comme fer lui a sûrement fait oublier ses douleurs.
Notre vie routinière est peuplée de ces petits contretemps qui nous paraissent des montagnes et qui nous gâchent soi-disant la journée. Quand on pense à ce qu’elle a enduré et à ce qu’endurent ces petits cancéreux, on se trouve très conne d’insulter celui ou celle qui ne démarre pas dans la seconde au feu ou de se pourrir la journée pour un collant filé.
J’ai finalement fini par retrouver la trace de l’association de Christine Janin qui organise des randonnées en montagne pour redonner courage et espoir à ces enfants meurtris:
Association « A chacun son Everest » C.C.P. 314 73 52 Grenoble.
Alors donnez pour que ces conquêtes de vie atteignent encore et toujours des sommets.

vendredi 4 mai 2007

Après match.

Ça sent le roussi pour Ségolène Royal. Les Français ont vu l’ex-ministre de l’intérieur vainqueur du débat de mercredi soir. Si l’on en croit les sondages d’intention de vote pour le deuxième tour, l’écart est énorme. 53 à 54% pour Sarko contre 46 à 47% pour Ségo. Loin des scores de fin 2006 où l’écart était infime.
Peut-on dire 48 heures avant le verdict que l’affaire est pliée. Je crains que oui. Je crains également que, malgré les efforts sincères et parfois désordonnés de Madame Royal, la France penche à droite et penche vers les chromosomes XY.
Ce n’est pas l’heure de la femme. Même si dans le prochain gouvernement du faux calme on aura le droit à quelques alibis en jupette.
Pourquoi en est-on là aujourd’hui ?
Peut-être que le punch de Ségo, acceptable par les personnes de son camp n’est pas passé du côté des indécis. Une femme en colère n’est pas encore dans les codes.
Peut-être que les efforts fournis pour constituer un pôle de rénovation de la vie publique et politique avec Bayrou a irrité les anti-libéraux prompts à retourner casaques et prendre le parti inverse ou du moins ne pas aller visiter les urnes. Que le facteur de Neuilly ne viennent pas pleurer ensuite sur nos frêles épaules.
Peut-être que le camp socialiste n’est pas apparu aussi soudé que l’armada UMP. Réminiscences de la primaire d’octobre-novembre 2006 ?
Peut-être qu’après avoir, par une participation massive, exprimé le rejet des extrêmes, les Français ont eu l’impression d’avoir fait leur boulot de citoyen. Sans aller plus loin et sans sentir le vent du boulet de l’intolérance leur siffler aux oreilles.
Quand on fait du sport on ne doit pas laisser tomber tant que le coup de sifflet final n’a pas retenti.
Et si dimanche à 20 heures venait la surprise de la belle de match ?






Il y a 10 ans
Dimanche, 4 mai 1997.
Reflets de bonheur dans les yeux d’un enfant.

Viva America. Que l’impérialisme américain a quelquefois du bon!. J’ai accompagné mon fils de quatre ans et demi à Disneyland Paris (ou plutôt Marne la Vallée). C’était moi le môme et c’était lui le roi. Ne me demandez pas ce que j’ai vu de la parade du Bossu de Notre-Dame, presque rien. Pendant le défilé j’ai regardé ses yeux qui n’en perdaient pas une miette. Son regard de joie me faisait frissonner de bonheur. Il avait les pupilles couleur feux d’artifices. Il criait: « Gargouilles, Phébus, Quasimodo, Esmeralda ... » comme s’il avait lu cent fois le roman de Victor Hugo.
Certains esprits chagrins ne se remettent pas de cette adaptation plutôt libre de l’oeuvre. Mais qu’importe. Si je n’avais pas, vers l’age de dix ans, dévoré les aventures des Trois Mousquetaires, du Bossu, ou du Comte de Monte Cristo en versions très raccourcies de la Bibliothèque Verte ou Rouge et Or, je n’aurais sans doute pas lu plus tard ces romans dans leurs versions intégrales. Les feuilletons télé de carton-pâte de notre enfance, les films avec Jean Marais, les épisodes de Zorro ont plus sûrement nourri mon imaginaire que quelques tristes lignes académiques du Lagarde et Michard.
Ah si Jules Verne, Alexandre Dumas ou Paul Féval s’apprenaient en 6ème
et si Georges Mélies avait fait des petits, les vieux grognards
grincheux et grognons de l’intelligentsia seraient peut-être fiers
de faire rêver aujourd’hui les petits américains sur des histoires « made in France » de A à Z.
En attendant mon petit Yann est transporté au pays imaginaire. Peter Pan lui tend la main et Yann se fout de savoir si son héros est né à Hollywood ou ailleurs.
That’s all folks.

jeudi 3 mai 2007

Match.

Plus de deux heures. C’est ce que j’avais prévu hier. Mais ce que je n’avais pas prévu c’est la piètre qualité de la rencontre, du duel ou du combat.
Peu importe la métaphore sportive, j’ai trouvé Ségolène Royal puncheuse et Nicolas Sarkozy bon encaisseur. Mais sur le ring, pas les deux ténors attendus, pas les deux champions, pas les deux présidentiables. Pour être gentille je dirais que j’ai vu un match entre deux « premier ministres ». Pour être méchante, ce match a tout bonnement opposé un ancien maire d’une ville de 60 000 habitants à la présidente d’une région de 1 700 000 âmes.
Pour être encore plus méchante, face à face, j’ai vu un épicier et une épicière.
Un épicier vouté sur son étal, hésitant à regarder sa rivale et se tournant sans cesse vers les deux marionnettes que furent PPDA et Arlette Chabot pendant cette soirée. Un épicier avec son calepin plein de notes, sa liste de course et de chiffres, ses promesses plus électoralistes les unes que les autres. Qui les petites retraites, qui les héritiers, qui les fortunés ...
Et puis, de l’autre côté de la rue, sur un trottoir un peu plus ensoleillé, la nouvelle commerçante. Mais dans sa boutique, pas de nouveau produit, des prix alignés (le travail, les 35 heures), même si sur certains rares articles, l’innovation était là (l’éducation, la 6ème république). Mais dans tout le bazar des étagères il fallait pouvoir trouver.
Où étaient les grands desseins et les grands destins ? Où étaient les grandes batailles politiques, les concepts forts, les grandes causes ? La défense de la laïcité, la tolérance, le respect, la place de la France dans l’Europe et dans le monde, l’écologie... où étaient ces indispensables points de repères qui dessinent un chef d’état ? Nulle part, comme nulle part ailleurs dans la campagne. Faut-il s’en étonner, comme je le disais hier, avec une formule de duel télévisé unique et indivisible.
Alors pour finir, faut-il un vainqueur au débat ?
Faut-il désigner celle ou celui qui d’une courte tête ou « aux points » comme disent les commentateurs de boxe, a quitté le ring avec les lauriers ?
Par penchant, et pour son crochet du gauche porté à la pommette de son rival, là où perlait presque une larme de circonstance pour les handicapés à l’école, je déclare Ségolène gagnante.
Mais dieu que j’aurais préféré voir un autre match, un combat duquel sortent grandis les adversaires parce qu’ils ont mis leurs cœurs et leurs tripes sur le carré de lumière. Et hier la lumière était bien pâle.



PS/ Lisez ce qui suit. Ecrit il y a 10 ans et beaucoup plus drôle que ce que je viens de rédiger.




Il y a 10 ans
Samedi, 3 mai 1997.
Euro-visions.

Imaginez une campagne électorale qui dure trois heures montre en main. Avec l’ouverture, l’exposé des programmes, les campagnes de pub, le vote des électeurs et le résultat final en direct à la télé à une heure de grande écoute. Ca aurait une de ces gueules non? Bâclé en deux temps trois mouvements, on pourrait profiter de tous ces week-ends et ponts suspendus et aller tranquillement taquiner le goujon en sirotant une bonne bouteille de Muscadet qui fraichit doucement dans la rivière.
J’ai allumé mon poste de télé vers 21 heures et je me suis frotté les yeux plusieurs fois. Mon vœu était exaucé. Ils étaient tous là. Ténors de la politique, barytons des circonscriptions et sopranos des Conseils Généraux.
L’Europe méritait bien un concours. Thème favori de tous les candidats et décliné sur tous les tons, Maastricht, valait bien quelques chansons.
Que l’on soit pour, contre ou eurosceptiques la compétition promettait d’être chaude.
Tous les candidats sont passés les uns après les autres dans leurs costards de scène ridicules ou leurs robes de soirée comme on n’en fait plus. Ils ont tous chanté leurs convictions sur des airs de musique que les ascenseurs jalousent aux aéroports. Il ne manquait même pas les clips de pub ringards avec des interviews contradictoires bidon.
Dans les gradins de la salle de concert, les militants étaient sagement assis remuant quelquefois le drapeau de leurs camps respectifs. C’était l’idéal, c’était la mélodie politique du bonheur.
Les militants ont voté, les électeurs ont pianoté sur leur minitel ... et le gagnant est, and the winner is ...
Et là, ma main a dérapé sur la télécommande, ça n’a duré qu’une seconde mais je n’ai jamais pu retrouver cette chaîne et ce programme. C’était sans doute une télé-vision. A la place j’ai vu s’afficher un tableau rempli de noms de pays et de chiffres. Une voix monocorde annonçait en deux langues: « Bosnia-Herzegovia three points, Bosnie-Herzegovine trois points, Slovenia four points, Slovénie quatre points, Croatia five points, Croatie cinq points... ». Ce n’était pas Milozevic le juge-arbitre, je vous rassure tout de suite.
Cette belle idée de campagne électorale de trois heures finissait en eau de boudin. A moins que les analystes politiques si brillants de nos télés, de nos gazettes et de nos radios puissent trouver une signification particulière à la candidature française pour ce concours de chansonnettes niaises et continentales.
La représentante de notre beau pays s’appelait Fanny.

dimanche 29 avril 2007

Des hauts et débat.

Basse besogne et propos à ras de terre du candidat Sarkozy.
En visite dans le nord de la France avec son nouvel ami Borloo, il méprise le dialogue Royal-Bayrou en se moquant du fait que celui-ci a lieu dans un grand hôtel parisien et que lui (qui ne fréquente surement jamais les palaces et les adresses VIP) est sur le terrain pour sa campagne.
Alors que ce rendez-vous qui intéressait au bas mot 16.3 millions d’électeurs, a failli être manqué pour cause de pressions venues d’en haut dixit François et Ségolène. Intimidations et coup de fil dont le donneur de leçon UMP n’est a priori pas étranger. L’un des animateurs du débat ( Jean-Jacques Bourdin de RMC Infos a admis avoir été appelé).
Je crois que le candidat d’une droite qui veut conserver toutes les manettes du pouvoir manque singulièrement de hauteur de vue. Il lui manque peut-être quelques talonnettes démocratiques. Une pour le soulier droit et une pour le soulier gauche.
J’ai regardé le débat sur BFM TV (vive la TNT). Civil, cordial, honnête et surtout gage, si les deux responsables maintiennent leur credo, d’un nouveau comportement politique. Gage de responsabilisation des députés que l’on ne souhaite plus voir en godillots, en chevaux de labour avec œillère les empêchant de voir sur les côtés.
Un débat qui a eu le mérite de donner de la hauteur au dialogue. De ne pas s’obliger à pourrir l’autre avec des raccourcis assassins. Pas un duel à fleuret non moucheté dans une brume matinale et où le vaincu doit forcément gésir dans une mare de sang.
Bien sûr il était clair que les deux candidats du premier tour n’allaient pas être d’accord sur tout et qu’il ne fallait pas s’attendre à une consigne de vote de la part du leader centriste.
Alors Madame Placard, vous êtes plutôt Bayrouiste ou Ségoliste après ce débat ?
Ayant fait le test avant le premier tour sur www.quelcandidat.com/ , j’étais très légèrement pro-Bayrou. Sur la carte scolaire et la réduction du déficit, je penche plutôt du côté du Béarnais. Concernant les retraites, le Smic et le coup de pouce que peut donner l’état à l’économie je suis plutôt tendance Ségo. Concernant l’assainissement de la vie politique, la police de proximité et l’anti verrouillage des media je joue le couplé gagnant.
En conclusion je revote donc Ségolène au deuxième tour.
S’il fallait le définir d’un mot ce débat, je dirais « fertile ». Comme une graine que l’on sème au printemps pour qu’un arbre solide et républicain à trois branches – Liberté – Egalité – Fraternité, puisse prendre racine au cœur de chacun et au cœur du débat.


Le concept d’arbre républicain, je l’ai trouvé sur le blog
http://www.bigbangblog.com/






Il y a 10 ans
Mardi, 29 avril 1997.
Mon amour, sans toi je meurs.

A celles et ceux qui ne se sont jamais postés sur le bord de la route lors d’un Tour de France (il doit bien en rester quelques uns) je vais vous faire une petite leçon de communication à trois francs six sous.
Pour encourager votre coureur préféré vous vous munissez d’un pinceau, large de préférence et d’un pot de peinture blanche (ça se voit mieux sur le bitume). Ensuite, vous inscrivez en lettres géantes sur la chaussée votre message à l’attention du cycliste élu.
Attention, pour une bonne compréhension du message, n’oubliez pas de l’écrire dans le sens de la marche du rouleur. Ainsi sur la route le coureur lira « TOUT MAZAMET AVEC JALABERT » et non « JALABERT AVEC MAZAMET TOUT » qui ne veut plus rien dire.
C’est donc sûrement un habitué (ou une habituée) de la Grande Boucle qui cette nuit a dû décorer le bitume de Meudon de cette jolie phrase d’amoureux (se) transi(e). Une façon de faire osée et fort galante que n’auraient pas renié messieurs Blondin et Chany fabriquant de frasques épiques pendant le Tour de France.
En tout cas ce monsieur ou cette dame a inventé un nouveau média très bon marché. Pourquoi en effet acheter une affiche géante, un spot radio ou une page de publicité dans un journal pour déclarer sa flamme à celle ou celui qu’on aime. Je suis surpris que, devant tant d’innovation, Jacques Séguéla ne nous ait pas affirmé qu’il avait déjà eu cette idée en 1973.
J’espère de tout coeur qu’il est des jours où Cupidon ne s’en fout pas et que cette flèche ô combien délicate aura touché sa cible même si le nom de l’élu(e) ne figure pas dans le message.
D’ailleurs, le bougre ou la bougresse a bien choisi ses mots puisque même à l’envers on peut lire: « JE MEURS SANS TOI MON AMOUR ».

mercredi 25 avril 2007

Mécanique orange.

Ni-ni. Ni Sarko, ni Ségo. François Bayrou suit sa ligne de conduite. La ligne orange des Pyrénées plus que la ligne bleue des Vosges.
Hommage involontaire au fameux brevet déposé par Giscard en son temps.
Difficile de s’attendre à autre chose. Mais derrière cette attitude de façade, on a senti dans ses propos une dent contre Royal mais un croc (et un gros) contre Sarkozy.
Danger pour la république, copié-collé de Berlusconi, caractère belliqueux, on fait mieux comme compliment. Et vlan pour le teigneux altoséquanais.
Danger pour l’économie, panier percé et prêtresse de l’état providence, voilà pour toi ma Royal.
Une fois sorties les griffes, le Béarnais a ouvert les bras. En direction des deux candidats du second tour. "Si vous souhaitez débattre avec moi, je suis prêt", ai-je compris en substance.
Depuis cet après-midi, ça a bougé. Sarkozy a refusé l’invit. Ségolène lui a proposé un rendez-vous vendredi matin face à la Presse Quotidienne Régionale. Le François veut des caméras de télé. France 2, au 20 Heures, tend la perche et propose d’organiser la fameuse rencontre. Ségo dans « A vous de juger » sur la même chaine quelques temps plus tard, dit « OK, mais déplacez vos caméra vendredi matin et ça ira ».
Cuisine médiatique, attitude de boutiquier, valse à trois temps, du « Je t’aime moi non plus » à « Dînons ensemble » mais « J’ai perdu l’adresse du resto », les hésitations des amoureux transis vont vite lasser et vite faire rire le Gnafron et ses amis du Jardin d’acclimatation.
Alors mettez-vous d’accord demain matin SVP. Sans bristol et sans chichi.
Dans le nouveau moteur de la politique française il faudra donc maintenant compter avec un nouveau parti : le parti Démocrate. Changement de nom (Entre UDF et UMP ce n’est pas aussi net que Nike contre Adidas ou Coca contre Pepsi), de logo, de philosophie d’accueil (pas seulement à droite) et sûrement changement de personnel si l’on en croit la course de vitesse de certains députés UDF pour rejoindre l’UMP en moins de 24 heures chrono.
Sarkozy, tout en manœuvre pense déjà créer un artificiel parti centriste à sa botte. Méfions nous des imitations.
La belle mécanique orange a donc fait aujourd’hui son premier tour de piste. Espérons que les ouvertures de chacun soient sincères et qu’à court terme (le 6 mai), à moyen terme (juin) comme à long terme (2012), les bonnes volontés et les bonnes énergies sachent se retrousser les manches sans arrières pensées. Dans une France aux couleurs d’une 6ème république qui n’aurait pas déplu à Mendès.





Il y a 10 ans
Vendredi, 25 avril 1997.
Lire L’ÉQUIPE.

Il y a des jours où vous n’avez envie d’entendre que des bonnes nouvelles. Que la gauche gagne les élections, que Martine Aubry soit la première femme Présidente de la République, que le chômage baisse nettement, que les conflits s’apaisent dans une Algérie vraiment démocratique, que le Pape impose le port de la capote et les commandos anti-IVG distribuent la pilule abortive...
On peut rêver. Alors aujourd’hui j’ai acheté l’ÉQUIPE et j’ai été gâtée. Pourquoi n’y aurait-il que les hommes pour s’intéresser au football? Au football d’hier (24 avril) et d’avant-hier. Hier, bonne nouvelle, le Paris Saint Germain s’est qualifié pour la finale de la Coupe des Coupes. Bravo à tous et surtout à Lama qui avait dû fumer du béton pour résister aux charges aériennes des avants de Liverpool. Bravo aussi à Raï qui non seulement joue bien au foot mais est plutôt beau mec. Enfin bravo à tous les autres car jouer à Anfield, le stade des Reds, c’est paraît-il jouer sur une autre planète.
Ca me rappelle les Verts de Saint-Etienne qui avaient perdu dans ce même stade, peuplé des mêmes gens qui chantaient les mêmes chansons. Bathenay avait marqué un but d’une frappe si terrible qu’il aurait pu en crever le ballon. Mais Keegan était là et aussi un dénommé Fairclough (le Super Sub), le super remplaçant qui marquait à chaque fois qu’il entrait en cours de jeu. C’est lui qui marqua le but de la crucifixion. C’est fou comme on se souvient des noms de ceux qui ont «assassiné » les français en football comme un certain Schumacher dopé à la haine et aux amphétamines de kamikaze lors de la mémorable demi-finale contre la RFA à Séville en 1982.
Tout cela nous ramène dans les années 70. Ca tombe bien puisque dans le journal L’ÉQUIPE j’apprends que Johann Cruyff, l’idole de mon enfance, a eu cinquante ans aujourd’hui. Ca ne nous rajeunit pas, n’est-ce pas ma bonne dame? A l’époque, dans les années 1973-1974, les sportifs qui faisaient rêver, y’en avait pas trente six. Killy avait arrêté, Michael Jordan et Luc Alphand devaient avoir cinq ans et Christophe Auguin, l’âge de grimper dans un Optimist du côté de Granville. Alors j’avais élu Johann et sa bande de copains chevelus de l’Ajax d’Amsterdam et de l’équipe de Hollande. C’était la génération peace & love & football total. Pour moi Cruyff restera le meilleur joueur de la planète. Pelé, hors concours étant le meilleur joueur, toutes galaxies confondues.
Merci à L’ÉQUIPE pour cette bouffée de bonnes nouvelles et de nostalgie positive.
Et si je m’abonnais?

lundi 23 avril 2007

Spectres.

Cette nuit, mauvais rêves. Une course mais pas d’arrivée.
Hantise de la défaite. Des spectres, des Ankous faucheurs d’espoir.
Spectre de la démagogie, comme ce plan séquence télé de France 2 hier soir, long travelling suivant la voiture de Sarkozy dans les rues de Paris. Remake d’une scène du film électoral de 2002 avec Chirac en passager.
Spectre de la couardise avec les députés UDF qui craignent pour leurs sièges au Parlement. Ejectables, forcément éjectables s’ils ne se soumettent pas au diktat UMP.
Spectre de la mésentente cordiale. Avec DSK et Fabius en contre-torpilleurs mais dont les canons sont dirigés vers quel camp ?
Spectre de la crispation. Ségolène qui voulait adopter une posture sévère de chef d’état pour son premier discours d’après premier tour m’a semblé raidie par l’enjeu, pas assez naturelle.
Spectre de la connivence quand j’entends Jean-Pierre Elkabbach parler de Sarkozy en ne mentionnant que son prénom.
Spectre du tout et son contraire, recette Chiraco-corrézienne qui a fait ses preuves. Une martingale que Sarkozy a décidé d’utiliser.
Spectre d’une religion d’état.
Spectre de cinq ans de brasier dans des Banlieues. Il faut les considérer, les féliciter au lieu de les stigmatiser.
Spectre d’une autre nuit de cauchemar.
Allez au lit Madame Placard !












Il y a 10 ans
Mercredi, 23 avril 1997.
Haouch Boughfi el Khemisti.

Je ne sais pas combien il y avait d’habitants dans ce village algérien que je ne connaissais pas hier. Tout ce que je sais c’est que les fous de Dieu du GIA y ont massacré quatre-vingt treize personnes dont quarante trois femmes et filles et trois enfants.
Reste-t-il des larmes aux dirigeants de ce monde pour pleurer? J’en doute, vu l’empressement qu’ils mettent à sauver quelques émirs koweïtiens et l’indifférence qu’ils manifestent à l’égard de peuples aussi pauvres que martyrs.
Messieurs les chantres châtrés d’une Europe de la défense des Droits de l’Homme, messieurs les vieux schnocks de l’Organisation des Nations Désunies, j’ai honte.
Je vous envoie ce mouchoir plein de larmes pour votre triste musée des oubliés de la planète.
Puissent toutes les femmes et tous les hommes qui souffrent de la barbarie vous envoyer leurs modestes mouchoirs. Des mouchoirs qui ne se jettent pas et avec lesquels on peut faire des noeuds, pour ne pas oublier, pour ne pas les oublier.