vendredi 4 mai 2007

Après match.

Ça sent le roussi pour Ségolène Royal. Les Français ont vu l’ex-ministre de l’intérieur vainqueur du débat de mercredi soir. Si l’on en croit les sondages d’intention de vote pour le deuxième tour, l’écart est énorme. 53 à 54% pour Sarko contre 46 à 47% pour Ségo. Loin des scores de fin 2006 où l’écart était infime.
Peut-on dire 48 heures avant le verdict que l’affaire est pliée. Je crains que oui. Je crains également que, malgré les efforts sincères et parfois désordonnés de Madame Royal, la France penche à droite et penche vers les chromosomes XY.
Ce n’est pas l’heure de la femme. Même si dans le prochain gouvernement du faux calme on aura le droit à quelques alibis en jupette.
Pourquoi en est-on là aujourd’hui ?
Peut-être que le punch de Ségo, acceptable par les personnes de son camp n’est pas passé du côté des indécis. Une femme en colère n’est pas encore dans les codes.
Peut-être que les efforts fournis pour constituer un pôle de rénovation de la vie publique et politique avec Bayrou a irrité les anti-libéraux prompts à retourner casaques et prendre le parti inverse ou du moins ne pas aller visiter les urnes. Que le facteur de Neuilly ne viennent pas pleurer ensuite sur nos frêles épaules.
Peut-être que le camp socialiste n’est pas apparu aussi soudé que l’armada UMP. Réminiscences de la primaire d’octobre-novembre 2006 ?
Peut-être qu’après avoir, par une participation massive, exprimé le rejet des extrêmes, les Français ont eu l’impression d’avoir fait leur boulot de citoyen. Sans aller plus loin et sans sentir le vent du boulet de l’intolérance leur siffler aux oreilles.
Quand on fait du sport on ne doit pas laisser tomber tant que le coup de sifflet final n’a pas retenti.
Et si dimanche à 20 heures venait la surprise de la belle de match ?






Il y a 10 ans
Dimanche, 4 mai 1997.
Reflets de bonheur dans les yeux d’un enfant.

Viva America. Que l’impérialisme américain a quelquefois du bon!. J’ai accompagné mon fils de quatre ans et demi à Disneyland Paris (ou plutôt Marne la Vallée). C’était moi le môme et c’était lui le roi. Ne me demandez pas ce que j’ai vu de la parade du Bossu de Notre-Dame, presque rien. Pendant le défilé j’ai regardé ses yeux qui n’en perdaient pas une miette. Son regard de joie me faisait frissonner de bonheur. Il avait les pupilles couleur feux d’artifices. Il criait: « Gargouilles, Phébus, Quasimodo, Esmeralda ... » comme s’il avait lu cent fois le roman de Victor Hugo.
Certains esprits chagrins ne se remettent pas de cette adaptation plutôt libre de l’oeuvre. Mais qu’importe. Si je n’avais pas, vers l’age de dix ans, dévoré les aventures des Trois Mousquetaires, du Bossu, ou du Comte de Monte Cristo en versions très raccourcies de la Bibliothèque Verte ou Rouge et Or, je n’aurais sans doute pas lu plus tard ces romans dans leurs versions intégrales. Les feuilletons télé de carton-pâte de notre enfance, les films avec Jean Marais, les épisodes de Zorro ont plus sûrement nourri mon imaginaire que quelques tristes lignes académiques du Lagarde et Michard.
Ah si Jules Verne, Alexandre Dumas ou Paul Féval s’apprenaient en 6ème
et si Georges Mélies avait fait des petits, les vieux grognards
grincheux et grognons de l’intelligentsia seraient peut-être fiers
de faire rêver aujourd’hui les petits américains sur des histoires « made in France » de A à Z.
En attendant mon petit Yann est transporté au pays imaginaire. Peter Pan lui tend la main et Yann se fout de savoir si son héros est né à Hollywood ou ailleurs.
That’s all folks.

jeudi 3 mai 2007

Match.

Plus de deux heures. C’est ce que j’avais prévu hier. Mais ce que je n’avais pas prévu c’est la piètre qualité de la rencontre, du duel ou du combat.
Peu importe la métaphore sportive, j’ai trouvé Ségolène Royal puncheuse et Nicolas Sarkozy bon encaisseur. Mais sur le ring, pas les deux ténors attendus, pas les deux champions, pas les deux présidentiables. Pour être gentille je dirais que j’ai vu un match entre deux « premier ministres ». Pour être méchante, ce match a tout bonnement opposé un ancien maire d’une ville de 60 000 habitants à la présidente d’une région de 1 700 000 âmes.
Pour être encore plus méchante, face à face, j’ai vu un épicier et une épicière.
Un épicier vouté sur son étal, hésitant à regarder sa rivale et se tournant sans cesse vers les deux marionnettes que furent PPDA et Arlette Chabot pendant cette soirée. Un épicier avec son calepin plein de notes, sa liste de course et de chiffres, ses promesses plus électoralistes les unes que les autres. Qui les petites retraites, qui les héritiers, qui les fortunés ...
Et puis, de l’autre côté de la rue, sur un trottoir un peu plus ensoleillé, la nouvelle commerçante. Mais dans sa boutique, pas de nouveau produit, des prix alignés (le travail, les 35 heures), même si sur certains rares articles, l’innovation était là (l’éducation, la 6ème république). Mais dans tout le bazar des étagères il fallait pouvoir trouver.
Où étaient les grands desseins et les grands destins ? Où étaient les grandes batailles politiques, les concepts forts, les grandes causes ? La défense de la laïcité, la tolérance, le respect, la place de la France dans l’Europe et dans le monde, l’écologie... où étaient ces indispensables points de repères qui dessinent un chef d’état ? Nulle part, comme nulle part ailleurs dans la campagne. Faut-il s’en étonner, comme je le disais hier, avec une formule de duel télévisé unique et indivisible.
Alors pour finir, faut-il un vainqueur au débat ?
Faut-il désigner celle ou celui qui d’une courte tête ou « aux points » comme disent les commentateurs de boxe, a quitté le ring avec les lauriers ?
Par penchant, et pour son crochet du gauche porté à la pommette de son rival, là où perlait presque une larme de circonstance pour les handicapés à l’école, je déclare Ségolène gagnante.
Mais dieu que j’aurais préféré voir un autre match, un combat duquel sortent grandis les adversaires parce qu’ils ont mis leurs cœurs et leurs tripes sur le carré de lumière. Et hier la lumière était bien pâle.



PS/ Lisez ce qui suit. Ecrit il y a 10 ans et beaucoup plus drôle que ce que je viens de rédiger.




Il y a 10 ans
Samedi, 3 mai 1997.
Euro-visions.

Imaginez une campagne électorale qui dure trois heures montre en main. Avec l’ouverture, l’exposé des programmes, les campagnes de pub, le vote des électeurs et le résultat final en direct à la télé à une heure de grande écoute. Ca aurait une de ces gueules non? Bâclé en deux temps trois mouvements, on pourrait profiter de tous ces week-ends et ponts suspendus et aller tranquillement taquiner le goujon en sirotant une bonne bouteille de Muscadet qui fraichit doucement dans la rivière.
J’ai allumé mon poste de télé vers 21 heures et je me suis frotté les yeux plusieurs fois. Mon vœu était exaucé. Ils étaient tous là. Ténors de la politique, barytons des circonscriptions et sopranos des Conseils Généraux.
L’Europe méritait bien un concours. Thème favori de tous les candidats et décliné sur tous les tons, Maastricht, valait bien quelques chansons.
Que l’on soit pour, contre ou eurosceptiques la compétition promettait d’être chaude.
Tous les candidats sont passés les uns après les autres dans leurs costards de scène ridicules ou leurs robes de soirée comme on n’en fait plus. Ils ont tous chanté leurs convictions sur des airs de musique que les ascenseurs jalousent aux aéroports. Il ne manquait même pas les clips de pub ringards avec des interviews contradictoires bidon.
Dans les gradins de la salle de concert, les militants étaient sagement assis remuant quelquefois le drapeau de leurs camps respectifs. C’était l’idéal, c’était la mélodie politique du bonheur.
Les militants ont voté, les électeurs ont pianoté sur leur minitel ... et le gagnant est, and the winner is ...
Et là, ma main a dérapé sur la télécommande, ça n’a duré qu’une seconde mais je n’ai jamais pu retrouver cette chaîne et ce programme. C’était sans doute une télé-vision. A la place j’ai vu s’afficher un tableau rempli de noms de pays et de chiffres. Une voix monocorde annonçait en deux langues: « Bosnia-Herzegovia three points, Bosnie-Herzegovine trois points, Slovenia four points, Slovénie quatre points, Croatia five points, Croatie cinq points... ». Ce n’était pas Milozevic le juge-arbitre, je vous rassure tout de suite.
Cette belle idée de campagne électorale de trois heures finissait en eau de boudin. A moins que les analystes politiques si brillants de nos télés, de nos gazettes et de nos radios puissent trouver une signification particulière à la candidature française pour ce concours de chansonnettes niaises et continentales.
La représentante de notre beau pays s’appelait Fanny.

mercredi 2 mai 2007

Avant-match.

Dans quelques instants va démarrer le match Royal – Sarkozy. Un match, un seul. C’est un peu court, comme une envie de revenez-y. A la manière des « éliminatoires » lors des primaires du PS. Peut-être un petit avantage pour Ségolène qui s’est déjà frottée aux cadors socialistes et qui en est sortie victorieuse. Je sens un débat fourre-tout où, à la fin, les deux candidats nous diront que bon nombre de sujets n’ont pas été abordés. Qu’ils n’ont pas eu le temps de tout dire. Cela milite pour trois rencontres sur trois grands thèmes (Société, Economie, International). De quoi se nourrir sans se farcir une potée indigeste de deux heures et demie (puisque ça va forcément déborder). Et puis trois thèmes pour retenir autre chose que la couleur d’une tenue et la petite phrase qui tue.
D’ailleurs pourquoi ne pas établir ce type de débat avec l’ensemble des candidats avant le premier tour. Pas facile, mais les Américains le font bien en ce moment pour les primaires démocrates.
Si l’on en croit certains spécialistes qui estiment que ce débat peut être déterminant pour le choix de dimanche, ce match, cette finale, mériterait plusieurs rounds. Afin également que les meetings et leurs discours exagérés laissent place à plus de réserve, d’honnêteté et de respect des autres.
Il est bientôt 21 heures je vous laisse.
Offensive, défensive, agressive, retenue, référence au bilan, référence au dogme... Quelles seront les tactiques des deux candidats ?
Le gong retentit ...






Il y a 10 ans
Vendredi, 2 mai 1997.
Cinq millions lourds

Ceci n’est pas le rapport du Quinté + de Vincennes. Ni le prix du dernier modèle de Ferrari. Ni encore le montant du dessous de table d’une quelconque entreprise de travaux publics pour l’acquisition d’un marché HLM de la ville de Paris.
C’est le nombre de « personnes privées d’emploi » selon une étude récente du CERC (Centre d’études des revenus et des coûts).
Pour moi qui n’ai fait ni Sciences Po, ni l’ENA, « personnes privées d’emploi », ça veut dire chômeurs. Donc, dans cette logique le nombre de chômeurs est de cinq millions. Mais cette lourde addition est beaucoup plus salée que celles des deux ennemis jurés, Juppé et Jospin. Les additions de ces deux camps mal retranchés ne correspondent pas entre elles et sont bien loin de cette vérité énoncée par le CERC. Dire qu’ils ont tous fait l’ENA, à croire que le calcul mental était facultatif.
Jospin, à son pupitre, avec sa craie et son ardoise lève la main et dit:
- « Maîtresse, maîtresse, ça y est j’ai trouvé, ça fait trois millions quatre cent soixante et un mille cinq cent chômeurs »
- « Et toi Alain combien as-tu trouvé? » demande la maîtresse.
- « Beaucoup moins maîtresse, ça fait trois millions quatre-vingt sept mille cinq cent demandeurs d’emploi. »
- « Il a triché Madame, je l’ai vu, il a triché il a caché des chômeurs dans son tiroir et dans son cartable, il en manque quatre cent mille »
- « Et bien vous avez tout faux » dit la maîtresse, « le chiffre exact est de cinq millions, vous vous rendez compte? Cinq millions ça fait une différence de un million à un million et demi avec vos calculs. Allez ouste, tous les deux au coin avec le bonnet d’âne et comptez jusqu’à cinq millions, ça vous apprendra. »
Que ces deux élèves plus que dissipés se mettent enfin d’accord sur un seul et véritable chiffre sinon l’élève Jean-Marie, près du poêle, risque de nous régler l’addition à coup de règle de trois sur les doigts. Un étranger moins un chômeur égal zéro français sans travail.
Méfions-nous des horreurs de calcul.


Post Scriptum n°1: Le Pen, cité plus haut, a eu un énorme courage. Celui de ne pas se présenter pour les Législatives. Ce vrai-faux légionnaire a donc eu la couille extra molle. Après le défilé Jeanne d’Arc, c’est lui qui s ’est défilé. Tant mieux pour la démocratie mais ouvrons l’œil, rien n’est joué. La relève des « mal élevés » de l’extrême droite fascisante est là.

Post Scriptum n°2: Chirac s’est prononcé il y a peu contre le clonage humain. Tant mieux mais il y en a un dans la classe qui n’a pas bien écouté le Maître d’école. C’est Philippe-Travail-Famille-Patrie-de-Villiers, lui même clone du Jean-Marie ou du Maréchal, on ne sait plus. Un clonage à grande échelle puisque c’est cinq cent vingt seigneurs vendéens qui vont faire crotter leurs chevaux dans autant de circonscriptions. Espérons que les électeurs ne réagiront pas comme l’animal ayant servi de modèle à cette expérience science-fictionesque: la brebis.

mardi 1 mai 2007

Premières de mai.

C’était il y a seulement soixante-trois ans et quelques jours. Le 21 avril 1944, une ordonnance du Général de Gaulle autorisait les femmes à voter et à être élues. Une admission tardive par nos mœurs et les hommes au pouvoir. Comme le cas désespéré mais sympathique de la candidate qui passerait pour la troisième fois son Bac et à qui le jury, par indulgence, dépit ou condescendance, délivrerait le précieux sésame.
Nos copines néozélandaises pouvaient déjà se rendre aux urnes avant la fin du XIXème siècle. Anne Chemin, dans Le Monde daté du 2 mai, nous explique que nous sommes encore en retard aujourd’hui malgré ce droit et malgré la loi Jospin sur la parité votée en 2000.
Seulement 12.3% d’élues à l’Assemblée ce qui nous place au 88ème rang sur 262 pays. Au sein de l’Union Européenne seules l’Albanie et la Roumanie font encore moins bien que nous ! Moins de 11% de « taulières » dans les mairies ou les conseils généraux, on frise l’indécence.
Dernier chiffre significatif cité dans cet article, les 4.2 millions d’euros* d’amende payés par l’UMP pour non respect de la loi sur la parité. Mieux vaut payer que de faire des efforts d’ouverture, n’est pas Monsieur Sarkozy ?
Les malheureuses « jupettes » de Juppé en 1995 ne firent pas long feu. De douze femmes au gouvernement le maire de Bordeaux passa vite à quatre.
Peut-on s’attendre à mieux dans un hypothétique futur gouvernement Fillon ?
Alors le 6 mai soyons des millions de suffragettes universelles pour porter pour la première fois une femme au sommet de l’Etat.
Comme un hommage à Rosa, Millicent (« première » suffragette), Emmeline, Suzanne**, Irène**, Cécile**, Edith et Michelle, Gloria, Ellen, Mary, Tarja, Michaëlle, Vaira, nos huit femmes chefs d’Etat en attendant dimanche soir pour la neuvième.



*660 000 euros pour l’UDF / le PS atteindrait la proportion légale de 50% de candidates.
**Gouvernement Blum

PS : Coup de gueule en direction de Michelle Alliot-Marie qui se permet d’insulter de façon très machiste Ségolène Royal, lui reprochant « de changer d’idée comme de tailleur ».





Il y a 10 ans
Jeudi, 1er mai 1997.
Fête du travail.

R.A.S.

lundi 30 avril 2007

Muguet.

Les professionnels de la presse n’écrivent rien aujourd’hui. Pas de journaux dans les kiosques demain, 1er mai oblige. Alors en tant qu’amatrice éclairée à la bougie parfumée, je m’arrêterai là.

PS : la chronique d’il y a 10 ans est assez prémonitoire. Remplacez Juppé par Sarkozy...
A demain






Il y a 10 ans
Mercredi, 30 avril 1997.
Vachement différent.

Hier, j’ai entendu Juppé à la radio qui exposait ses différences (en tout cas celles de la coalition RPR-UDF) par rapport aux autres partis politiques engagés dans la course aux sièges. C’est à se la prendre et se la mordre (de rire) comme disait une copine de bureau un rien délurée.
Selon ce bon vieil Alain la différence serait d’être républicain donc défenseur des valeurs de Liberté, d’Égalité et de Fraternité, sans oublier la Laïcité et l’Humanisme mais aussi la Solidarité, le Patriotisme et l’Européanisme. Je suis surpris qu’à ce stade du grand écart consensuel il n’ait pas ajouté avant de se faire mal aux c...
« Nous défendons les valeurs de la famille et de l’individualisme, de l’intégration et de la préférence du sang, de l’anti Lepénisme et de l’anti-Front populaire (ça c’est pour son ami Léotard), de la morale et de la libre pensée ». Sans oublier d’être à la fois pour les enfants et les adultes, le noir et le blanc, le Pernod et le Ricard, le camembert et la boulette d’Avesnes, le Fig Mag et le Nouvel Obs, l’O.M. et le P.S.G., la rive droite et la rive gauche, le slip et le kangourou, Laure Adler et Jacques Pradel, les vaches folles et les vaches maigres, Laurel et Combaluzier, Roux et Hardy et pour finir la culotte, ma main, le zouave et ma sœur réunis.
Quel œcuménisme Monsieur le Premier Ministre! Sans mentir si vos suffrages se rapportent à votre verbiage vous êtes le Super Phénix des hôtes de ce mois.
Galvauder certains mots lourds de sens n’est pas un péché véniel. Par exemple la Liberté, qui est chère à votre cœur mais pas à certains de vos amis du RPR comme Jacques Peyrat qui interdit la ville de Nice aux SDF. L’humanisme a un drôle de goût dans votre bouche quand le Ministre de l’Intérieur de votre gouvernement fait voter une loi qui place l’immigré intégré depuis de nombreuses années en position précaire sur le renouvellement de son permis de séjour, jusqu’à en faire un suspect plus suspect que le commun des « français » d’origine. La séparation de l’Eglise et de l’Etat est, depuis 1905, officiellement décrétée. Comment se fait-il que l’état français ait directement et indirectement financé le voyage du Pape en France l’année dernière? Que l’on ne vienne pas me dire que ce « tiaré » est un Chef d’Etat. Il n’est que le souverain pontife d’une religion parmi d’autres. Si vous donnez aux uns alors donnez aux autres, aux bouddhistes, musulmans, protestants ... et pourquoi pas aux athées.
Pour finir, votre slogan « Avec Jacques Chirac, un nouvel élan pour la France » est lui aussi vachement nouveau. Jacques Pilhan, un de ses conseillers en communication sera bien obligé un jour de vous avouer qu’il n’a, en fait, jamais fait de publicité.

dimanche 29 avril 2007

Des hauts et débat.

Basse besogne et propos à ras de terre du candidat Sarkozy.
En visite dans le nord de la France avec son nouvel ami Borloo, il méprise le dialogue Royal-Bayrou en se moquant du fait que celui-ci a lieu dans un grand hôtel parisien et que lui (qui ne fréquente surement jamais les palaces et les adresses VIP) est sur le terrain pour sa campagne.
Alors que ce rendez-vous qui intéressait au bas mot 16.3 millions d’électeurs, a failli être manqué pour cause de pressions venues d’en haut dixit François et Ségolène. Intimidations et coup de fil dont le donneur de leçon UMP n’est a priori pas étranger. L’un des animateurs du débat ( Jean-Jacques Bourdin de RMC Infos a admis avoir été appelé).
Je crois que le candidat d’une droite qui veut conserver toutes les manettes du pouvoir manque singulièrement de hauteur de vue. Il lui manque peut-être quelques talonnettes démocratiques. Une pour le soulier droit et une pour le soulier gauche.
J’ai regardé le débat sur BFM TV (vive la TNT). Civil, cordial, honnête et surtout gage, si les deux responsables maintiennent leur credo, d’un nouveau comportement politique. Gage de responsabilisation des députés que l’on ne souhaite plus voir en godillots, en chevaux de labour avec œillère les empêchant de voir sur les côtés.
Un débat qui a eu le mérite de donner de la hauteur au dialogue. De ne pas s’obliger à pourrir l’autre avec des raccourcis assassins. Pas un duel à fleuret non moucheté dans une brume matinale et où le vaincu doit forcément gésir dans une mare de sang.
Bien sûr il était clair que les deux candidats du premier tour n’allaient pas être d’accord sur tout et qu’il ne fallait pas s’attendre à une consigne de vote de la part du leader centriste.
Alors Madame Placard, vous êtes plutôt Bayrouiste ou Ségoliste après ce débat ?
Ayant fait le test avant le premier tour sur www.quelcandidat.com/ , j’étais très légèrement pro-Bayrou. Sur la carte scolaire et la réduction du déficit, je penche plutôt du côté du Béarnais. Concernant les retraites, le Smic et le coup de pouce que peut donner l’état à l’économie je suis plutôt tendance Ségo. Concernant l’assainissement de la vie politique, la police de proximité et l’anti verrouillage des media je joue le couplé gagnant.
En conclusion je revote donc Ségolène au deuxième tour.
S’il fallait le définir d’un mot ce débat, je dirais « fertile ». Comme une graine que l’on sème au printemps pour qu’un arbre solide et républicain à trois branches – Liberté – Egalité – Fraternité, puisse prendre racine au cœur de chacun et au cœur du débat.


Le concept d’arbre républicain, je l’ai trouvé sur le blog
http://www.bigbangblog.com/






Il y a 10 ans
Mardi, 29 avril 1997.
Mon amour, sans toi je meurs.

A celles et ceux qui ne se sont jamais postés sur le bord de la route lors d’un Tour de France (il doit bien en rester quelques uns) je vais vous faire une petite leçon de communication à trois francs six sous.
Pour encourager votre coureur préféré vous vous munissez d’un pinceau, large de préférence et d’un pot de peinture blanche (ça se voit mieux sur le bitume). Ensuite, vous inscrivez en lettres géantes sur la chaussée votre message à l’attention du cycliste élu.
Attention, pour une bonne compréhension du message, n’oubliez pas de l’écrire dans le sens de la marche du rouleur. Ainsi sur la route le coureur lira « TOUT MAZAMET AVEC JALABERT » et non « JALABERT AVEC MAZAMET TOUT » qui ne veut plus rien dire.
C’est donc sûrement un habitué (ou une habituée) de la Grande Boucle qui cette nuit a dû décorer le bitume de Meudon de cette jolie phrase d’amoureux (se) transi(e). Une façon de faire osée et fort galante que n’auraient pas renié messieurs Blondin et Chany fabriquant de frasques épiques pendant le Tour de France.
En tout cas ce monsieur ou cette dame a inventé un nouveau média très bon marché. Pourquoi en effet acheter une affiche géante, un spot radio ou une page de publicité dans un journal pour déclarer sa flamme à celle ou celui qu’on aime. Je suis surpris que, devant tant d’innovation, Jacques Séguéla ne nous ait pas affirmé qu’il avait déjà eu cette idée en 1973.
J’espère de tout coeur qu’il est des jours où Cupidon ne s’en fout pas et que cette flèche ô combien délicate aura touché sa cible même si le nom de l’élu(e) ne figure pas dans le message.
D’ailleurs, le bougre ou la bougresse a bien choisi ses mots puisque même à l’envers on peut lire: « JE MEURS SANS TOI MON AMOUR ».

samedi 28 avril 2007

C’était demain (suite).

C’était le jour où l’allocation de rentrée paroissiale n’a plus été versée aux catholiques pratiquants disposant de la carte Vatican-Plus.
C’était le jour où Jean-Pierre Havrin a pu à nouveau jouer au rugby avec les gamins des quartiers du Mirail, de la Reynerie, de Bagatelle ou de la Faourette, dans la banlieue de Toulouse.
C’était le jour où Rachida Dati a fait son coming-out et a juré qu’elle ne prendrait plus jamais de drogues politiques dures.
C’était le jour où pour la première fois depuis 1825 jours, un charter est resté au sol à Roissy faute de passagers indésirables à destination de l’Afrique.
C’était le jour où Azouz Begag, ex chercheur clandestin du CNRS et Rachida Dati ont décidé d’adopter ensemble plusieurs enfants du Darfour.
C’était le jour où à une unité près, le nombre de prison en France n’a pas excédé le nombre de lycées.
C’était le jour où l’Eurostar ne sera pas baptisé « Thatcher-Express ».
C’était le jour où Germaine, retraité de 68 ans habitant les Ulis, n’a pas sorti le magnum 357 de son cabas pour buter Rachid qui ne voulait pas lui voler ses poireaux mais lui demander la direction de l’ANPE. Puisque depuis la veille, le port d’arme n’est plus obligatoire.
C’était le jour où Jean-Pierre Elkabbach a présenté le dernier JT officiel.
C’était le jour les disques de Benabar, d’Olivia Ruiz, de Noah, de Diam’s, de Disiz la Peste, d’Indochine, de Dyonisos, de Renaud ou de Cali n’ont plus été assujettis à la TVA dissidence de 31.18%.
C’était le jour où un juge est venu frapper à la porte d’un paisible retraité corrézien amateur d’art primitif.
C’était le jour où 153 députés UMP se sont ralliés à François Bayrou de retour de Saint-Hélène.

Ce jour pourrait être le dimanche 8 mai 2012.

Allez, « Keep on rocking in a free world » comme disait ce bon vieux Neil.





Il y a 10 ans
Lundi, 28 avril 1997.
... et les présentateurs du 20 heures s’en foutent.

Chaque jour au Zaïre, soixante réfugiés Hutus du Rwanda, perdus, apeurés, affamés meurent. Selon certains il en mourrait encore plus mais comment le savoir?
Kabila, dans sa marche triomphale et meurtrière vers Kinshasa, néglige ces morts qu’il considère comme un « détail » au regard du bien qu’il estime apporter à son pays. Tiens, ça ne vous rappelle rien ce mot détail accolé à un autre génocide. Ca fait froid dans le dos. En tout cas, à défaut de pouvoir botter les fesses de ce nouveau dictateur, ça me réchauffe les mains pour aller déposer dans l’urne printanière le bulletin boutant le FN hors de la vie politique française.
Mobutu, escroc décrépi, qui laisse son pays dans la faillite est l’archétype du souverain africain cajolé et couvert de bijoux par les gouvernements français successifs. C’est fou comme ce continent où l’on a retrouvé le plus vieil ancêtre de l’homme est capable encore et encore de fabriquer des dictateurs de tous poils. Le gros Amin Dada, Bokassa 1er l’empereur dingo de Centre-Afrique préféré de Giscard etc.
Et aujourd’hui ce Jean Désiré Kabila aussi désiré que le prochain enfant du Pape. Ce futur homme fort du Zaïre, déjà brossé dans le sens du poil par les américains et les européens qui ont eu vite fait de retourner leur veste, a fixé un ultimatum aux organisations humanitaires pour rapatrier ces centaines de milliers de cadavres ambulants. Deux mois pour retrouver et sauver tout le monde.
Personne ne crie au scandale et surtout pas les journalistes du 20 heures, qui vous débitent les faits avec autant de chaleur ou de larmes qu’un téléscripteur de l’AFP. L’info télé et bientôt l’info radio sont aseptisées, asexuées. Les journalistes ont laissé leur moelle, leurs tripes, leur cœur pour ne pas dire leurs couilles (même pour les femmes) dans un attaché-case qu’ils ont laissé à l’entrée en arrivant. Messieurs et mesdames les liseurs de prompteurs, à vous tous les culs-de-jatte béni-oui-oui de la petite lucarne, qu’attendez-vous pour nous parler avec votre cœur? Pendant que vous rangez soigneusement cette inutile carte de presse dans votre joli portefeuille en croco, des enfants meurent dans la boue de Kisangani.

Aujourd’hui 28 avril 1997, soixante réfugiés rwandais au moins sont morts au Zaïre et les présentateurs du 20 heures s’en foutent.