dimanche 8 juillet 2007

L'alpiniste, le matador et l’homme de glace.

Sur un carré de pelouse anglaise, un alpiniste funambule en pantalon et veste blanc fit face à un matador au bras d’airain.
Leurs fronts ceints d’un bandeau, comme un hommage au mage suédois, l’homme de glace descendu de ses fjords pour assister à l’ultime combat.
Le froid Viking était devenu souriant, ses cheveux longs et blonds ayant laissés place à une crinière d’argent.
L’alpiniste était suisse comme il se doit. Le matador, espagnol, bien sûr. L’affrontement des deux géants dura plus de 3H30. On crut un moment que l’homme des montagnes allait lâcher prise et que son élégance naturelle empêchait son jeu d’avoir le saignant nécessaire pour faire mordre la poussière au demi dieu des arènes de la balle jaune. On crut également que le matador, après avoir été encorné en début de match allait rendre la muleta et ses habits de lumière en trois petits sets.
Non le combat fut grandiose et les deux gladiateurs, sous un soleil anglais qui les éclaira sans interruption, allèrent jusqu’au bout de leurs forces et de leur talent.
La fin de l’histoire entra dans la légende. Au bord du précipice, sur une voie encore inexplorée, l’alpiniste, mené 15-40 deux fois de suite sur son service en début de cinquième manche, sentit le froid de la lame du matador lui chatouiller les cervicales. Mais dans un ultime coup de rein et de génie, il se sortit du piège et gravit les quatre derniers jeux comme un chamois bondissant. Le sommet était atteint. Une altitude que l’on croyait à jamais réservée à l’homme des glaces, cinq fois vainqueur d’affilée sur le gazon londonien.
Ayant planté son drapeau sur le toit du tennis, l’alpiniste rendit hommage à son vaincu de la plus belle des manières. Il parla un peu du viking qui l’applaudissait dans la loge royale mais devait sûrement penser au magicien gaucher australien qu’il rejoignait dans la légende avec onze titres du Grand Chelem.

On peut seulement regretter que l’homme de glace ne fut pas celui qui remit le trophée à l’alpiniste. Les coutumes anglaises sont pour moi impénétrables. Et pour la énième fois, le Duc de Kent s’approcha du vainqueur pour lui tendre la Coupe.




Il y a 10 ans
Mardi, 8 juillet 1997.
Régime sans ELLE.

A trois jours du départ en vacances, je suis comme tout le monde, je me préoccupe de mes fesses et de mon bidon qui prennent trop de place dans ma silhouette. L’ennui, c’est que pour ne pas avoir l’air d’une courge en maillot il faut au moins s’y prendre en mars pour faire un régime. Dixit tous les magazines féminins qui bourgeonnent de conseils anti-culotte, anti-cheval et anti-boudin avant même le printemps.
Tout cela fonctionne comme les voeux pieux faits un soir de java le 31 décembre et dissipés dans les dernières bulles de champagne du petit matin glacial. En avril on dit qu’on va s’y mettre mais qu’on a le temps. Un mois avant de partir, pense-t-on, ce sera suffisant. Mais plusieurs chausse-trappes viennent perturber ce planning idéal. D’abord il fait un temps pourri en juin et votre estomac est plus friand de cuisine roborative qu’on sauce avec du pain frais que de pamplemousses au compte-gouttes. Ensuite il y a le fait que vous n’arrivez plus à mettre la main sur ce vieux numéro de ELLE Spécial Minceur. Pas de chance le numéro du 7 juillet vous propose en guise de programme de rattrapage un régime à la con qui pourrait s’intituler sobrement: « Comment arrêter de manger pour perdre du poids? ».
Alors, résignée, vous vous dites qu’un ou deux centimètres de plus ou de moins ne vous feront toujours pas des cuisses de grenouille. D’ailleurs que préfèrent les hommes? Les hanches qui ont de la main ou ces squelettes en forme de portemanteau qui servent aux Haut-Couturiers pour faire défiler leurs robes? A force de promouvoir à longueur de couvertures et d’article cet idéal féminico-famélique, les magazines nous font craindre que leur contenu éditorial soit lui aussi tombé sous le joug de cette dictature de la sucrette et des repas de substitution en tout genre. Si les nourritures rédactionnelles sont demain soumises au régime sec, si le verbe des journalistes ne retrouve pas ce côté potelé et charnu qui flatte l’âme des lectrices ordinaires, ces dernières iront plutôt s ’abonner à « Cuisiner Magazine » avec la plantureuse Maïté en couverture.
Le meilleur régime restera, de toute façon, celui de ne jamais se regarder dans la glace avec les yeux des autres.

samedi 7 juillet 2007

Vol 777 pour l'amour.

Interrogez vos amis. Je vous parie que l’un d’entre eux est invité, aujourd’hui, 7 juillet 2007, à un mariage. Pour obtenir le cocktail « wedding » du 07/07/07, vous mélanger deux doses de fièvre amoureuse avec une bonne dose de superstition. Résultats : des embouteillages à l’entrée des mairies. Un taux de participation record sur les listes de mariage, bien au-delà de celui des dernières législatives.
Le plus glamour d’entre tous est bien sûr celui de Tony Parker, le basketteur français et d’Eva Longoria l’actrice américaine de la série « Desperate Housewives ».
En espérant que toutes celles et tous ceux qui se sont dit « oui » aujourd’hui, ne deviennent pas des couples désespérés. Rendez-vous dans sept ans pour voir si la superstition mènent à sept de bonheur, sept ans de malheur ou sept ans de réflexion*.

* A l’occasion si vous pouvez revoir « Sept ans de réflexion » le film de Billy Wilder avec Marilyn Monroe et Tom Ewell, ne vous en privez pas.



Il y a 10 ans
Lundi, 7 juillet 1997.
Seguin et les petits hommes verts ...

... de rage. Si les Martiens avaient pu envoyer une sonde intelligente au congrès extraordinaire du RPR, ils auraient certainement pu ramener des images insensées dont les habitants de leur planète se seraient délectés. Malheureusement la technologie martienne semble en retard sur celle de la terre. Pour les besoins de la démonstration, appelons notre engin spatio-républicain « Jacky », en hommage à « Rocky » le petit robot américain qui vient de faire ses premiers tours de roues sur Mars.
Mars semble, à première vue, très paisible. Les images transmises par la petite bêbête sont zen, du moins jusqu’à ces deux collines rapidement baptisées à la mode marketing US « Twin Peaks ». Le chaos avait plutôt élu domicile ce week-end du côté du Bois de Vincennes. La grande et belle famille gaulliste s’est écharpée à qui mieux mieux. Je t’embrasse, je te poignarde, je te serre la main et te fais une clé de bras, je te tape dans le dos et te balance un joli crochet au foie. Il en a été de ce congrès comme du énième duel entre les mousquetaires du Roi et les gardes du Cardinal. A vous de choisir qui, dans cette pantalonnade était le Roi et qui était le Cardinal. Tout ce que je sais c’est que les fleurets n’étaient pas mouchetés. Et si par hasard ils l’eussent été, je préfère ne pas connaître l’origine des mouches.
Bilan du combat: Chirac invisible, Juppé applaudi, lui le grand manitou de cette dissolution meurtrière; Sarkozy hué, Balladur pas écouté, Pasqua chahuté et Toubon en retrait tel le bedeau soudain pris entre les colères de Pépone et de Don Camillo. Quelle pétaudière! Et au milieu de ce capharnaüm, ce bon Monsieur Seguin, déguisé en pâtre des montagnes chargé de rassembler le troupeau. D’y regrouper à la fois les brebis dociles, les brebis égarées et les brebis galeuses, mais aussi les chiens, les aigles, les vautours et même les dahus. Une tâche pour laquelle je lui souhaite bien du plaisir.
En résumé le RPR est à l’image d’un grand magasin parisien où l’on trouve de tout. Certains candides penseront tout de suite à la Samaritaine. D’autres plus perfides verront plutôt dans ce congrès de la dernière chance le Grand Bazar de l’Hôtel de Ville.

Nos amis martiens dégoûtés à jamais de ces élections à la limite de la démocratie détruisirent à distance leur vaisseau explorateur. Cet intermède scientifico-politique ne pouvait que donner de mauvaises idées à la gent citoyenne de leur planète.






Vendredi 6 juillet 2007
L'herbe bleue
Wimbledon frôle les embouteillages. Il a plu des chats et des chiens* pendant toute la quinzaine de sorte que ce vendredi se jouent encore des quarts de finales hommes et des demies finales femmes.
Un temps de grenouille qui fait l’affaire pour deux de nos « froggies » Marion Bartoli et Richard Gasquet. Chronologiquement, le premier exploit de la journée est à mettre à l’actif de super Marion. La joueuse, originaire de la Haute-Loire, est venue à bout de la N°1 mondiale Justine Hénin sur le score de 1-6, 7-5, 6-1. Elle jouera demain, en finale du plus grand tournoi du monde**, l’Américaine Venus Wiliams.
Un peu plus tard, sur les coups de 21 heures, le biterrois Richard Gasquet, a dompté Andy Roddick, le protégé de Jimmy Connors. Après avoir perdu les deux premiers sets, le jeune français semblait à l’agonie. Mais, au bord du gouffre, l’homme qui se cachait derrière l’enfant prodige c’est enfin réveillé. Et puis Roddick le cogneur est tombé KO. Assommé par les revers fabuleux de son adversaire. Gasquet aura demain l’honneur d’affronter Roger Federer, quadruple vainqueur.
Pour demain advienne que pourra (« come what may » comme on dit ici). L’essentiel c’est qu’il ne pleuve plus. Même si la pluie peut être bleue comme un rêve de gazon français.

* « It’s raining cats and dogs » peut se traduire par « il pleut comme vache qui pisse ».
** Un label purement british.


PS : Un gros cri d’encouragement pour le double messieurs français composé de Llodra et Clément. Ils peuvent peut-être mettre fin, dimanche, à 74 ans de disette.




Il y a 10 ans
Dimanche, 6 juillet 1997.
Vie privée, défense de ne pas entrer.

Savoir avec quelle main Brad Pitt se gratte les couilles, c’est possible. Savoir à quelle heure Emmanuelle Béart va chez son coiffeur, c’est possible. Savoir quelle est la marque de tétine du petit fils de Jacques Chirac, c’est possible. Savoir si Madonna a couché avec Antonio Banderas, qui, lui-même ne crache pas sur une ex madame Stallone, qui, lui préfère les brunes qui n’aiment pas les chiens, qui, eux aiment Brigitte Bardot, c’est possible.
Il existe tout un tas de torche-cul sur papier plus ou moins glacé pour nous renseigner. L’information est ici plutôt un renseignement comme au bon vieux temps de l’espionnage. D’ailleurs les photos floutées renforcent cette idée de violation de secrets intimes. Malheureusement une photo ratée d’une paire de seins appartenant à une propriétaire en vue aura plus de valeur qu’un portfolio de Willy Ronis. Mais détrompez-vous comme je me suis détrompée moi-même, ces « romans » d’espionnage à la petite semaine ne comportent pas une once de danger pour ces agents traqueurs de nichons. La plupart des victimes sont consentantes. En lisant « Le carnaval des hypocrites » d’Albert du Roy, vous apprendrez que ces stars toujours en mal de publicité, fabriquent en toute complicité ces vrai-faux scoops avec les magazines « essuie-séant » en question. Chacun y retrouvant son compte de notoriété et d’argent, même si de temps en temps il y a procès. Mais qui dit procès, dit publicité du jugement dans le magazine incriminé. Tout est dans tout et réciproquement, comme disait Madame Tupperware.
J’espère que dès demain, mes bas instincts de voyeuse myope auront disparu de mes gènes sans gêne. Car vraiment, il y a plus important que de savoir qui de Johnny Halliday ou de Stéphanie de Monaco met des slips kangourou?

jeudi 5 juillet 2007

Où va-t-on?

La nuit dernière, le Comité International Olympique réuni à Guatemala City a désigné la ville de Sotchi (Russie) pour organiser les Jeux d’hiver de 2014. Allez voir sur une mappemonde, cette ville, station balnéaire posée sur la mer noire, ne dispose bien sûr d’aucune infrastructure pour accueillir les J.O. Una vague station de ski à 80km, équipée de deux ou trois remonte-pentes et puis c’est tout. Cela n’a pas empêcher les membres du CIO de confier à la Russie les jeux d’hiver les plus chers jamais organisé. La facture s’élèvera à 12 milliards d’euros. Mais qu’importe si la construction de tous les équipements et de toutes les pistes sera une catastrophe écologique ; qu’importe si cette ville de bains est le lieu de villégiature privilégié de la mafia russe ; qu’importe si la Tchétchénie est à moins de 500km. Jacques Rogge, le président du CIO qui se voulait le rénovateur des Jeux, qui se voulait être celui qui tourne le dos à la démesure et aux pratiques de corruption trop souvent remarquées lors du règne de Juan Antonio Samaranch, est pour l’instant en totale contradiction avec lui-même. Celui qui fut en Belgique un grand champion d’aviron m’avait pourtant donné l’impression de vouloir remettre le sport et les athlètes au cœur des J.O. En l’espace de deux ans, le CIO a choisi Londres pour les Jeux de 2012 et Sotchi pour ceux de 2014. Les Jeux de l’argent et des budgets démesurés. Deux villes qui n’avaient pas obtenus l’assentiment des athlètes. Mais qu’est-ce que l’on n’en a à faire des athlètes ? Je vous le demande. Ils sont là pour courir, sauter, nager mais ce n’est pas le plus important. N’est pas Monsieur Rogge ? Le plus important est de faire plaisir à Monsieur Poutine, à Monsieur Blair comme il y a peu on faisait plaisir aux dirigeants chinois pour les J.O. de 2008.
Le marketing vient donc de battre le sport.
Dans un an à Pékin, les Jeux se dérouleront dans l’une des villes les plus polluées du monde et dans un pays pour le moins très peu démocratique. En 2012, Londres devra dépenser deux fois plus d’argent que ne l’aurait fait Paris. Et dans sept ans, au bord de la mer Noire, à Sotchi, Monsieur Rogge et Monsieur Poutine (comme Joseph Staline lors de son règne) pourront boire un café en terrasse en se disant que décidément le sport et les Jeux, c’est magnifique. Dommage qu’il faille des athlètes au milieu de tout ça.


PS : Il y a quelques mois, l’Union Européenne de Football dirigée par Michel Platini a désigné l’Ukraine et la Pologne pour l’organisation du prochain Euro de football. A lire la presse, cette candidature a largement bénéficiée des largesses d’un oligarque ukrainien, dont les « petits » cadeaux n’auraient pas laissé insensibles les votants. Permettre à de nouveaux pays d’organiser des grands rendez-vous sportifs c’est bien, mais pas à n’importe quel prix.




Il y a 10 ans
Samedi, 5 juillet 1997.
Un petit tour au jardin.

Le calendrier sportif a ceci de chrétien que les grand-messes ont toujours lieu à des dates immuables. Le week-end des finales du tournoi de tennis de Wimbledon coïncide très souvent avec le départ du Tour de France.
Alors pour les fans de tennis et de vélo comme moi (eh oui!), c’est du pain béni. Un pain de messe cornélien puisqu’il est très difficile de le rompre. Comment choisir cette après-midi entre la finale Novotna-Hingis et le prologue de Rouen en hommage à Anquetil? Surtout si ces petites reines du gazon nous offrent un spectacle digne des duels Navratilova-Evert d’antan. Hier Cédric Pioline nous a fait jeûner jusqu’à 21H30. Impossible d’avaler quoique ce soit avant sa balle de match victorieuse contre Stich au 5ème set. Pourvu que dimanche il nous sorte encore contre Sampras un match de haute volée. Qu’il nous fasse aimer ce jardin anglais où seul un français depuis la guerre (Yvon Petra) a pu faire un tour d’honneur.
Peut-être qu’un jour, le Tour de France partira de Wimbledon afin d’éviter que nos cœurs se déchirent en deux morceaux égaux pour suivre ces monuments sportifs de l’été? Déjà en 1980, comment pouvait-on choisir entre Borg-Mc Enroe d’un côté du filet et Hinault-Zoetemelk de l’autre côté de la route?

mercredi 4 juillet 2007

Ras le bonnet.

La casquette c’est fini. Portée droite, à gauche, à l’envers, sur le côté, en avant ou en arrière, c’est out, fini, has been, total pas aware. Au risque de déplaire à mon neveu, si tu veux être hype, tendance, au top de la vibe (prononcez vaïbe comme vibrations en anglais), de la mode, du glamour il te faut un bonnet. Pas une cagoule, un col roulé, une écharpe, non un bonnet.
La jeunesse c’est fini aussi. Vingt piges ou trente balais c’est complètement démodé. Le jeunisme c’est ringard. Vive les vieux, les plus de 65 ans qui veulent encore travailler. Les post retraité qui refuse le rencart ou le repos. Si t’es « in » alors ne t’arrête pas de bosser. Et si tu prends la place d’un plus jeune tu t’en fiches.
Alors si tu as plus de 65 ans et si tu aimes les bonnets, tu es le roi du pétrole.
Et si tu t’appelles Guy Roux, tu deviens carrément une cause nationale.
Ce monsieur qui fut certes un grand entraineur de club en football, était paisiblement en post retraite à la télé pour commenter des matches. Le démon de minuit bien tassé, l’a repris et il s’est mis en tête de coacher à nouveau une équipe. Pas à Auxerre son club de toujours où, soit dit en passant il s’est constitué une fortune qui doit en faire un des contribuables les plus riches de Bourgogne, mais à Lens.
Le hic, c’est que les statuts des entraineurs de football sont en contradiction avec le code du travail. Et aujourd’hui, le vieux grigou de l’Abbé Deschamps n’a pas le droit de reprendre le chemin du banc de touche.
Toute cette histoire n’aurait dû regarder que le microcosme du ballon rond. Que nenni, le cas « Roux » est devenu une affaire d’état. Sarkozy est même venu à sa rescousse pour déplorer le fait que la France perde ses cerveaux après l’âge légal de la retraite. Roselyne Bachelot a rencontré l’Auxerrois. Toute cette affaire a fait la Une des journaux qu’ils soient en papier, à la télé ou à la radio.
Sincèrement, je préférerais que ce bon vieux Guy Roux laisse sa place et l’argent qui va avec à un jeune entraîneur qui pourrait se faire les dents à Lens et qui sait, demain, éviter de devenir lui aussi un vieux schnock à bonnet et à crampons.



Il y a 10 ans
Vendredi, 4 juillet 1997.
Reçu à l’oral.

On est à l’orée des oraux du BAC et hier soir, Lionel Jospin a bien passé l’obstacle. Il y a bien sûr des grincheux (à droite bien sûr, mais aussi à gauche) qui auraient souhaité que tout aille plus vite.
Eh, oh, doux bijou! Ca fait seulement un mois qu’il est au turbin Jospin. Faudrait quand même pas précipiter les choses. Les vieux barons de la politique (eh oui Monsieur Madelin! Vous en faites partie) sont vraiment incorrigibles. Les Français leur demandent du discernement, un discoure vérité, de défendre les intérêts de le France et de ses citoyens plutôt que leur place à la tête des appareils des partis politiques.
Juste après l’annonce des résultats du second tour, ils faisaient tous amende honorable. On ne les y reprendrait plus, ils avaient compris le message sous forme de fessée cul nu. Mais les vieux démons de la politique politicienne rôdent encore par là.
Monsieur Madelin qui fait le fier après avoir enlevé le P.R. à la hussarde, qu’avait-il fait en juillet 1995, en un mois de présence à Bercy? Rien si ce n’est faire et défaire des cartons et écrire sa lettre de démission.
Que ce « hussard sûr de soi » et les autres laissent les ministres faire leur boulot. Quand l’heure de l’examen final aura sonné, on corrigera ensemble les copies, mais pas avant.



Post-Scriptum: c’est aujourd’hui la Fête Nationale aux USA. Au risque de me répéter, il serait de bon ton que Bibill et ses fricotins du gouvernement regardent religieusement « Monsieur Smith au Sénat » de Frank Capra. Un hymne à la générosité, à l’écologie et aux respects des institutions, notions quelque peu oubliées outre-Atlantique en ces temps de mondialisation à visage inhumain.

mardi 3 juillet 2007

Le mur du cent.

Une ligne droite de stade olympique. Mètre après mètre. Jour après jour. Pas de record de vitesse. Plutôt un « exploit » d’endurance, de ténacité et de discipline. Voilà pour les fleurs.
Côté épines, des coups de moins bien. Des jours sans, comme on dit dans le jargon des sportifs qui ratent un rendez-vous. Des coups de fringale à la manière des grimpeurs du Tour de France en haute montagne.
J’espère au moins qu’il y aura eu dans ces 99 précédentes chroniques, quelques bons moments de lecture.
Alors Madame Placard, partante pour les prochains cent mètres ?
On va essayer.
Sur une piste d’athlétisme, cette distance se parcoure en virage. Alors je souhaite seulement ne pas sortir de la piste.




Il y a 10 ans
Jeudi, 3 juillet 1997.
Cinéma en noir et noir.

Robert Mitchum hier et James Stewart aujourd’hui, c’est ce qu’on appelle une double faute du bon dieu des acteurs. C’est trop dur de faire de beaux discours quand des types bien se font la malle dans les coulisses éternelles du cinoche.
Alors allez voir ou revoir deux des films du classement des Placards d’Or. « La nuit du chasseur » de Charles Laughton avec Robert et « La vie est belle » de Frank Capra avec James Stewart.
Dire qu’hier encore je vous parlais de « Monsieur Smith au Sénat ».
I’m a poor lonesome spectator!
THE END.

lundi 2 juillet 2007

Monsieur Yann.

18H30 ce soir. Mon petit village est aux anges. La foule se presse aux portes de l’école primaire. Sur le terrain d’évolution une scène a été plantée. On entend les musiciens faire la balance. Les enfants ont déjà eu le droit d’entrer. Après tout c’est leur école. Samedi dernier ils ont chanté dans la cour devant leurs parents les chansons apprises dans l’année. Le répertoire est un peu plus « rock and roll » que ce qu’on apprenait à leur âge. Olivia Ruiz, Laurent Voulzy, Emilie Simon, la Grande Sophie, Faudel, Florent Pagny et ... Yannick Noah.
Ce même Yannick Noah qui en cette fin d’après midi un peu frisquette promet de réchauffer les cœurs et les mains des habitants de son village. Et gratos s’il vous plait.
Il est fort, très fort, pour mettre petits et grands de son côté et faire chanter en levant le poing au ciel à tout un village (qui a pourtant voté Sarkozy à 72.5%) la chanson « Aux arbres citoyens ».
- Puisqu'il faut changer les choses
- Aux arbres citoyens !
- Il est grand temps qu'on propose
- Un monde pour demain !
Parents et enfants ont repris tous en chœur les tubes de celui qui dégage une joie de vivre et de partager incroyable. Il a fait venir sur scène quelques enfants pour chanter « Métis » façon Disiz la Peste.
Il a donné le micro à son petit dernier qui a fredonné aussi « Aux arbres citoyens ».
C’était donc LE concert du mois. Bien plus simple et bonne franquette que celui de Barbra Streisand à Bercy où le prix des places allait de 112 à 582 euros. Et encore pour 112 ou 155 euros vous aviez une visibilité plus que réduite. Du grand n’importe quoi. Ce soir Monsieur Yann a été autrement plus grand seigneur. Une heure trois-quarts de chansons avec une bande de musiciens et de choristes qui pétaient le feu.
Merci Monsieur Yann.
Allez, reprenez avec moi :
- Métis, un mélange de couleurs oh oh
- Oh métis, qui vient d'ici et d'ailleurs oh oh
- Je suis métis, un mélange de couleurs oh oh
- Oh métis, qui viens d'ici et d'ailleurs oh oh



Il y a 10 ans
Mercredi, 2 juillet 1997.
Cent pour cent, voire plus.

J’ai une angine. Un 2 juillet c’est un comble. Alors, clouée au lit, je vais en profiter pour clouer au pilori trois médaillés de l’ordre de la connerie humaine. Pour la rubrique n°100 j’ai donc dressé un podium. Aucun dictateur africain n’étant disponible pour la remise des récompenses, je suis encore obligée de tout faire toute seule. Les lauréats sont là, la cérémonie peut commencer.
Première place et médaille d’or à Catherine Mégret. Celle là, selon la formule consacrée, va prendre pour les autres. Pour son mari d’abord (à qui ses parents n’auraient jamais dû offrir la panoplie du petit Goebbels à Noël) et pour Le Pen ensuite. Madame Mégret doit avoir le bas cervelet teinté chemise brune pour dire ce qu’elle dit et surtout ne plus s’en souvenir quand il faut répondre de ses basses pensées devant un tribunal. Malheureux habitants de Vitrolles, qui, non mécontents de disposer d’une marionnette amnésique à la mairie, doivent maintenant se priver de certains films sur l’homosexualité jugés intolérables par certains gestapistes du Conseil Municipal. Combien de temps faudra-t-il, pour faire prendre conscience aux Français, du grave danger que représentent ces idées? Soixante ans après, ce radium idéologique hitlérien laisse encore des traces qui, si l’on n’y prend pas garde, peuvent être encore mortelles, même si les mocassins et les costumes trois-pièces ont remplacé les bottes en cuir et les uniformes vert-de-gris.
Deuxième place et médaille d’argent à Jacques Chirac, grand stratège politique devant l’éternel. Il laissera au moins son nom dans l’histoire de la Vème république pour la plus grosse plantade de tous les temps. Il me serait agréable de pouvoir lire ce que dira le Petit Larousse de cette géniale dissolution dans son édition de 2025.
Troisième place et médaille de bronze à Bill-The Sheriff-Clinton. Auto-proclamés gendarmes du monde et modèle économique, les Etats-Unis nous sortent actuellement par les trous de nez. Premiers à signer des accords avec Kabila, qui en d’autres temps et sous d’autres auspices démocrates, aurait déjà été jugé pour crime contre l’humanité. Ces plus grands pollueurs de l’univers qui versent une larme de silicone pour la mort de Cousteau s’en foutent pas mal de l’état des mers et de l’air. Enfin, premier pays riche de la planète, les Etats-Unis ne représentent plus un modèle de générosité envers les pays les plus pauvres. Ah, si Bill Clinton pouvait revoir Monsieur Smith au Sénat de Frank Capra ...

Voilà, la rubrique n°100 est bouclée. Et comme la connerie humaine, y compris la mienne, n’est pas prête de disparaître, je crois que je peux continuer. A bonnes entendeuses et à bons entendeurs, à demain.

dimanche 1 juillet 2007

Q.C.A.S.

Quelque chose à signaler.
La lutte des classes n’est pas morte. Celle-ci risque même sincèrement de reprendre du poil de la bête.
Une enquête de l’Ecole d’économie de Paris révèle que le fossé se creuse inéluctablement entre les plus riches et les plus pauvres.
Les 90% des foyers les moins riches (31.5 millions d’unités) ont vu leurs revenus augmenter de 4.6% en sept ans. Tandis que les 10% des foyers les plus riches gagnaient 8.7% de plus sur la même période.
L’étude est encore plus fine puisqu’elle ausculte les 1% des foyers les plus riches (soit 350 000 unités). Ceux-ci ont eu des revenus en hausse de 19.4% sur les sept dernières années.
Là où l’on frise l’écœurement c’est quand sont annoncés les chiffres pour les 0.1% et les 0.01% des foyers encore plus riches. La progression est respectivement de 32 et de 42.6%.
Et dire que notre « bon » président a décidé de récompenser encore un peu plus les nantis. La suppression des droits de succession va profiter aux 5% des Français les plus riches. Les déductions d’intérêts d’emprunt immobilier, au prix du mètre carré dans les grandes villes et leurs banlieues, ne va sûrement pas permettre de créer de nouveaux accédants modestes.
Et la défiscalisation des heures sup me direz-vous ? Une usine à gaz selon Thomas Philippon, économiste.
D’ailleurs demandez autour de vous si les patrons de vos amis sont prêts à signer pour vous « offrir » ces fameuses heures sup.
Une usine à gaz disait Monsieur Philippon. Ou bien plutôt un pet foireux ?




Il y a 10 ans
Mardi, 1er juillet 1997.
Si j’aurais su, j’aurais pas venu.

Vasili, Alexander et Michael sont dans une station orbitale. La station est percée, que se passe-t-il?
Les deux russes, tout le monde s’en fout. L’américain est réclamé par les siens. Traumatisés par l’explosion après son décollage de la navette Challenger, les ricains accusent de tous les maux les ruskoffs.
Enfermés dans cette boîte de conserve à la Tinguely les trois gugusses en orbite doivent faire face à des conditions de vie extrêmes. Parlons-en: une moiteur élevée, une semi-obscurité et un oxygène rationné. En fait, ni plus ni moins que trois trekkers gays prisonniers d’un sauna au Pérou pendant une panne de courant. Pas de quoi en faire un plat de nouilles lyophilisées. Quand on chausse les pataugas de l’aventure et que ça tourne mal, faut pas venir pleurer. Alors messieurs les cosmonautes, serrez les miches, sortez les tournevis et rappelez-nous quand vous aurez réparé le machin. D’ici là laissez-nous un peu tranquilles et qu’un morceau de votre Mir en papier alu venu de l’espace ne me tombe pas sur les arpions pendant la bronzette sinon je vous envoie la force d’interposition européenne qui a fait la loi en ex-Yougoslavie. Et là, vous risquez fort de regretter votre voyage dans les étoiles.