jeudi 14 juin 2007

La maison du Seigneur

Le 10 avril je vous mettais en garde contre le risque de voir revenir dans les sphères du pouvoir, non seulement les idées d’un catholicisme extrême mais aussi les gens qui vont avec (projet d’un procès en béatification du professeur Lejeune).
Dernièrement les « enfermés » de l’église de Niafles, se sentant soutenu par le Pape ont tenté de faire plier Monseigneur Maillard. Mais celui-ci n’a pas cédé (voir chronique du 7 juin agrémentée d’une précision d’Yves, habitant de Niafles).
Hier en lisant Charlie Hebdo, j’apprends que Christine Boutin (mais est-ce une surprise ?) vient de nommer un certain Paul Bolufer au poste de directeur de cabinet. Je vous rappelle que « Sœur Christine » a été nommé par Sarkozy Ministre du Logement et de la Ville.
Ce monsieur Bolufer est un catholique intégriste farouchement anti IVG et anti-homos. Voilà, en tout cas, un ardent disciple du Seigneur qui a trouvé de quoi se loger.
Bolufer a fréquenté assidument les allées et contre-allées du pouvoir depuis 1979, année où il a rejoint Jacques Chirac à la Mairie de Paris. Proche des thèses d’un certain Jean Ousset, pro-pétainiste et Maurrassien, Bolufer est aussi, selon Charlie Hebdo, l’un des fondateurs du mouvement « Laissez-les vivre » du professeur Lejeune.
Mardi 10 avril, jeudi 14 mai la boucle est bouclée mais le cercle semble s’agrandir. Je vous rappelle que l’une des filles du professeur Lejeune s’appelle Clara Gaymard, femme d’Hervé Gaymard, ex ministre des gouvernements Juppé et Raffarin.
Et selon certaines sources sur le net faisant référence à la revue Golias, l’Opus Dei compterait parmi les siens la fille et le gendre du professeur Lejeune.
A quand la fin du terrorisme religieux, sous toute ses formes, sous toutes ses armes, qu’elles soient à balles réelles où à mots couverts ?
Et que dit Simone Veil, toujours bien silencieuse depuis qu’elle a apporté son soutien au petit Nicolas ? Dans les années 70, quand la grande Simone faisait, contre vents et marées, voter sa loi sur l’IVG, il y avait un certain Jean-Paul Bolufer en première ligne pour insulter et vouer aux gémonies la ministre de la santé de l’époque.




Il y a 10 ans
Samedi, 14 juin 1997
Pauvres de nous.

Il y a sur cette planète un milliard trois cents millions de personnes qui survivent avec cinq francs par jour. Oui vous avez bien lu, cinq francs par jour. Soit le prix de cinq cigarettes, d'un quotidien régional, d'une baguette plus un malabar. Un vie suspendue à une pièce de métal qui peut tomber de votre poche sans que cela ne vous fasse ni chaud ni froid. Les nantis qui habitent cette planète semblent s’accommoder de cette catastrophe humaine pas naturelle du tout. Le quart monde du quart monde, ces pauvres parmi les pauvres pourraient tous manger à leur faim rien qu'avec les milliards échangés entre les places boursières du monde entier en un quart d'heure. Où allez-vous mener le monde, messieurs les ultra-libéraux?

mercredi 13 juin 2007

Mister T.

Rien à voir avec le héros tout en muscles et tout en colliers et pendentifs du feuilleton « L’agence tous risques ». Non ce Mister T. (c’est un surnom affectueux que je lui donne) est un jeune chanteur de 19 ans, un black qui chante le funk, le groove et les plus belles mélodies comme personne.
Mister T s’appelle Tigane, il est l’un des deux finalistes de la Nouvelle Star, l’émission télé qui a mis à la sauce du 21ème siècle et des nouveaux media les fameux radio-crochets chers à Jean Nohain.
Mais là pas de Mireille Mathieu à l’horizon. Ouf.
Face à Tigane, un doux-dingue, mi-punk, mi crooner qui apporte son grain de folie à une émission de variété en prime time. Julien, c’est son nom, est capable de chanter du Dalida de façon totalement déjantée mais sans être ridicule, loin de là. Il a fait la Une d’un tas de magazine et tient même le haut du classement des hommes les plus sexys du moment paru dans ELLE la semaine dernière.
Ce soir, selon les codes de la télé réalité il faut choisir l’un des deux. Donc en éliminer un.
Pour vous avoir déjà parlé de Tigane le 4 avril, pour sa joie de chanter et son timbre assez rare en France, je vote Mister T.
Quand on est midinette on ne se refait pas.


PS : rendez-vous demain pour le verdict des téléspectateurs qui votent via des SMS pour que M6 s’en mette plein les poches.





Il y a 10 ans
Vendredi, 13 juin 1997
Porte-bonheur.

Treize à table. Une superstition née de nos leçons de catéchisme trop vite avalées, comme dans un self-service de la spiritualité. Un Pater, un Ave, la bénédiction et l'addition s'il vous plaît.
D'ailleurs, comment faisaient-ils pour s'entendre, Jésus et ses apôtres, alignés d'un seul et même côté, à cette table longue comme un jour sans multiplication des pains.
Ce midi, un déjeuner à quatre fut suffisant pour s'entendre et rire de tout et de rien. A table avec trois amies porteuses de bonheur qui ne tournent jamais leur langue treize fois dans leur bouche pour dire une bêtise. Pas de trace non plus de Judas dans notre assemblée si ce n'est celle qui sans prévenir, a fini la bouteille de rosé.
La paix soit avec vous et que dieu bénisse les échelles, les chats noirs et les bouches d'égout.

mardi 12 juin 2007

L'ermite.

Saint François sur les pas de Saint Antoine. La mystique Bayrou est en marche. Seul et contre tous. Unique. Ailleurs. Au dessus ou à côté comme on veut. Mais en aucun cas avec. Avec personne d’autre que lui-même, avec ses certitudes, ses croyances et sa persuasion d’être à terme l’alternative avec un grand A à Nicolas Sarkozy.
Comme le premier des ermites, le père François va se murer pendant cinq an dans une Assemblée où son dernier compagnon d’infortune, le célèbre Jean Lassalle, député des Pyrénées-Atlantiques ayant poussé l’hymne occitan dans l’hémicycle et ayant mené une grève de la faim dans le but d’éviter la délocalisation d’une usine japonaise installée dans sa circonscription.
En ballotage pas très favorable, le dernier disciple de Saint François va peut-être, dimanche vers 20H00 voir son maître sandales aux pieds, dans sa robe de bure, partir dans le désert vers une grotte incertaine sans se retourner.
C’est beau comme du Pasolini.
Mais sans autres forces que celles des 6 820 914 voix du 1er tour des Présidentielles, voix qui pèsent si peu dans ce Palais Bourbon, ira –t-il au bout de son chemin de croix ?
De toute façon il n’a pas d’autre choix.
Toute alliance serait rédhibitoire.
François Bayrou pourra méditer cette saillie poétique de Paul Eluard qui écrivait « La Terre est bleue comme une orange ».
L’Assemblée Nationale, sera bien bleue, et même très bleue. Mais d’orange, comme la couleur de la campagne de Saint-François, point de trace, point de tache, si ce n’est un minuscule point, là haut, comme une direction, celle de l’étoile du berger, la nuit, dans un ciel d’été.
C’est en tout cas à ça dont il va se raccrocher.
Alors courage l’ermite.






Il y a 10 ans
Jeudi, 12 juin 1997
Une chanson pour convaincre un tambour.

Taratata est une émission de télé qui a le profil type de celle qui va disparaître des écrans parce qu'elle est trop bien faite. Imaginez des chanteurs bien choisis qui chantent en direct accompagnés par de vrais musiciens. Le tout filmé par un amoureux des notes et de ceux qui les font naître. Présentée qui plus est par Alexandra Kazan qui cultive à merveille cet art de l'effacement pour mieux mettre en valeur l'artiste. Quelle leçon pour ces ogres égocentriques de notre petite lucarne. Ayant déjà été déplacée trente six fois de créneau horaire Taratata doit vivre ses dernières heures. Quel programmateur (trice) « couillu(e) » aura l'audace de placer cette émission à 20H50. N'est-ce pas une des missions du service public pour lequel je paye une redevance de sept cents francs, de privilégier la qualité à la niaiserie? L’authenticité et la sincérité seront toujours plus fortes que l'audimat. Quelle arme plus belle qu'un duo Mauranne-Céline Dion chantant Brel pour convaincre ces esprits tambour.
Des tambours qui pourtant font taratata...

lundi 11 juin 2007

Le chien bleu.

C’est un chien bleu,
Implaca-bleu
Inéxora-bleu
Qui me fiche une trouille bleue.

C’est un chien bleu,
Incassa-bleu
Inoxida-bleu
Qui me fiche une trouille bleue

C’est un chien bleu,
Comme cette Assemblée
Un chien à son pépère
Docile et obéissant
Qui ramènera le nonosse
Là où on le lui ordonnera
C’est un chien bleu,
Qui me fiche une trouille bleue.

C’est un chien bleu
Inaltéra-bleu
Inviola-bleu
Qui me fiche une trouille bleue.




Il y a 10 ans
Mercredi, 11 juin 1997
Crimes et châtiments.

Je l'avoue, je n'ai pas lu l'oeuvre de Tolstoï. Faute avouée étant à moitié pardonnée, je peux donc redoubler de franchise en vous disant que la littérature russe et moi ça fait deux. Ne vous perdez pas en calcul oiseux sur mon QI (Quotient d'Ignorance), vous risquez d'attraper la migraine. Quatre est le chiffre du jour et le nombre de crimes et châtiments de ce mercredi.
1- Le crime de la petite Camille de Nîmes dont la mère a oublié de payer dix tickets de cantine à vingt-trois francs. Les gendarmes sont venus la chercher dans son école. Emmenée comme une criminelle devant toute sa classe. Où va-t-on si des règlements aussi stupides existent vraiment et si l'on trouve quelques képis sans coeur pour les faire appliquer.
2- Le juge est coupable et l'escroc innocent. Le crime de rechercher la vérité ne paye pas. Le juge Halphen qui avait perquisitionné chez les Tibéri aurait commis une erreur de procédure. Il est vrai que faire son travail de juge n'est déjà pas facile quand on chasse ce type de gibier, mais le faire sans l'appui de la police judiciaire relève de l'exploit. N'est-ce pas Monsieur Foll? Après toutes les protections de ses amis hier au pouvoir (souvenons-nous de l'épisode de l'hélicoptère himalayen), c'est maintenant une justice trop tatillonne sur les procédures qui va "innocenter" celui et celle qui méritaient punition. Demain un juge d'instruction qui ne s'essuie pas les pieds avant d'entrer chez un truand doit-il être condamné à perpétuité.
3- Il a fait perdre, avec son ami Chirac, les élections à la droite il y a à peine dix jours. Il est déjà à poil sur la route de Bordeaux avec le goudron et les plumes. Il est gentil le Juppé de tout prendre sur lui comme un oiseau mazouté. Martyr d'un RPR convoité sans attendre par les vautours et les faux amis qui ont retourné leurs vestes en moins de temps qu'il ne faut à un supertanker pour détruire les côtes bretonnes. Mérite-t-il un tel châtiment?
4- Jacques Villeneuve, pilote de Formule 1, a osé critiquer la toute puissante Fédération Internationale de l'Automobile. Il a mis en doute les réformes engagées qui risquent de rendre les courses encore plus ennuyeuses qu'elles ne le sont. Alors ces messieurs bien pensants, lui ont filé un blâme. Demain verra-t-on l'Académie Française interdire l'utilisation du mot "enculé"? Le conformisme ça fait chier.

dimanche 10 juin 2007

23.

Madame Placard – Numérologue. Ça aurait de la gueule sur une jolie plaque en cuivre façon notaire ou médecin. Je vais y penser pour arrondir mes fins de mois.
23, c’est d’abord l’âge de Juliette Quinten, la plus jeune candidate à la députation qui se présente dans la 3ème circonscription des Yvelines. C'est-à-dire chez moi.
Bien sûr elle n’a aucune chance devant un Christian Blanc ou le maire du Chesnay à la fois dissident UMP et pro Sarkozy.
23 c’est l’âge moyen entre les deux finalistes du tournoi masculin de Roland Garros. Nadal, 21 ans et Federer 25 ans. C’est encore Nadal qui a gagné. Le Suisse au talent immense a vraiment l’air de ne pas VOULOIR se donner tous les moyens de gagner. Il a trop peu osé dans ce match où, selon les statisticiens, il a seulement gagné 23 points sur ses deuxièmes balles.
23, c’est sans doute le pourcentage que réalisera le parti socialiste en nombre de voix au 1er tour de ces législatives. C’est dire si la déculottée s’annonce aussi sévère que celle subie par Federer sur le court Philippe Chatrier cet après midi.
23 c’est le nombre de siège qu’obtiendront les centristes sous tutelle UMP.
Et si la réunion des députés du PCF, du MODEM, des VERTS atteint 23 sièges alors là je vous paye l’apéro pendant 23 jours.
23, c’est enfin le nombre de points marqués par les dieux du Stade Français* de rugby pour venir à bout des Auvergnats de l’ASM dans les ultimes secondes d’un match ahurissant et gagner le titre de champion de France (dixit Monsieur Placard qui y était).
Voilà, c’est somme toute assez simple la numérologie.




* Mesdames, ne faites pas les innocentes, vous avez sûrement entendu parler de ces champions qui posent de façon très suggestive dans des calendriers, ma foi, assez érotiques.


PS : J’ai revu avec plaisir Gustavo Kuerten à la remise des trophées aux finalistes de Roland Garros. Gustavo est ce joueur brésilien qui avait enchanté les yeux et les cœurs en gagnant le premier de ses titres Porte d’Auteuil en 1997. (voir chronique du 8 juin 1997)




Il y a 10 ans
Mardi, 10 juin 1997
Quoi de neuf docteur?

Si je suis malade, je vais voir mon docteur, logique, non?
Si celui-ci le juge utile il peut m’hospitaliser. C’est plus ennuyeux mais c’est encore logique.
Enfin si je vais à l’hôpital, c’est pour me soigner et par conséquence pour guérir.
Après avoir enfoncé autant de portes ouvertes, vous vous demandez bien ce que je vais pouvoir trouver d’étonnant pour conclure cette suite désespérément logique?
Un chiffre, un seul, va peut-être refroidir vos ardeurs de guérison: chaque année, 800 000 personnes contractent une infection lors de leur passage à l’hôpital. Ce type d’infection spécifique à l’univers hospitalier s’appelle infection nosocomiale. Si vous êtes un petit veinard, vous avez 6,7% de chance de choper la mauvaise bestiole, soit une chance sur quinze.
Comme je ne suis pas du genre à me laisser emmerder par un staphylocoque, j’ai dit à mon toubib: « Si je ne vais pas à l’hôpital je n’ai aucune chance d’attraper une infection nosocomiale, donc zéro probabilité de tomber malade si bien que je n’aurais même pas besoin de venir vous consulter et de vous raconter mes déboires intestinaux qui ne regardent que moi, d’ailleurs. »
Oui mais si une bonne copine tombe malade et se retrouve à l’hôpital. Et bien tant pis pour elle, je la reverrai après son traitement anti-bestiole, qu’elle fera d’ailleurs dans un autre hôpital, où elle s’acoquinera avec un nouveau staphylocoque teigneux et ainsi de suite jusqu’à sa sortie à l’air libre, dans les gaz d’échappement de la Porte des Lilas, en fait, pas si nocifs que cela.
Comme quoi pour tomber malade mieux vaut être bien portant au départ.

samedi 9 juin 2007

Soupe populaire.

Speedy Sarko a mis les bouchées doubles pour animer les cinq semaines qui ont séparé le deuxième tour des présidentielles et le premier tour des législatives.
On l’a vu au four et au moulin, laissant à peine les fourneaux à son second, le transparent Fillon, aussi savoureux qu’une blette à peine blanchie.
Le chef vise les trois étoiles au Michelin d’entrée, le strike au bowling de Bourbon.
Cuisine franco française dans la pure tradition en début de repas avec les cérémonies du bois de Boulogne, la lettre de Guy Môquet, la référence aux icones du peuple de gauche. Et bien sûr la nomination de Kouchner au Quai d’Orsay.
Pour le plat de ... résistance, une louche plus qu’une touche de cuisine bourgeoise accompagné de son grand cru classé de la fiscalité.
En trou « normand » le cuistot de l’Elysée nous a servi un petit alcool colombien mais celui-ci nous est resté en travers de la gorge. Sa propension à publiciser ses actes en faveur de la libération d’Ingrid Betancourt me fait peur. A-t-il la prétention de vouloir en quelques jours résoudre les salades colombiennes entre gouvernement, milices armées et FARC ?
Et pour terminer le dessert exotique façon G8 où le nouveau mitron des grandes puissances a tout fait pour se faire remarquer. Dommage que le parfum d’écologie ne puisse pas rester longtemps dans l’assiette compte tenu du refus américain d’accepter de suivre une recette chiffrée.
Roi de la soupe populaire, Sarko le cuistot a rempli la panse du bon peuple.
A quand les aigreurs d’estomac pour les plus défavorisés ?
En tout cas, rendez-vous lundi pour une méga gueule de bois.





Il y a 10 ans
Lundi, 9 juin 1997
Bon anniversaire Madame Barbara.

Dans ma petite auto, j’ai coupé la radio quand Pierre Bouteiller a annoncé que c’était aujourd’hui votre anniversaire. J’ai tout de suite mis dans le lecteur de cassette une Memorex usagée à force d’avoir été écoutée, de vos concerts de Pantin en 1981. Ca grésille un peu beaucoup mais l’émotion reste comme le disait une publicité. Cette journée sera la vôtre puisque j’ai fait le vœu de ne pas, pour une fois, écouter les infos à la radio. Votre voix et vos chansons sont trop rares.
Dans ma petite auto je me suis souvenue qu’un soir, après avoir assisté à l’un de vos concerts au Casino de Paris, je m’étais jurée de vous écrire pour vous remercier de ces bonheurs à fleur de peau et chair de poule que sont vos chansons. J’ai écrit un petit texte qui n’est jamais sorti de chez moi, par timidité ou par respect, je ne sais pas. Ce soir je l’ai retrouvé, alors je vous le donne, comme on offre à une madone un petit morceau de soi dans les églises du Mexique ou d’Italie.

Tu fais des ronds
Dans la nuit noire
Taches d’horizon
Pleines d’espoir.

Taches de rires
Taches de cris
De colibri
Très haut perché.

Tu fais des bonds
Des bonds en rond
sur les notes de
L’accordéon.

Tu fais des ronds
En bottes de chat
A l’envers
Puis à l’endroit.

Barbara nuit, Barbara soir
Belle comme un Modigliani
Trace un cercle, un nid d’amis
Pour ne pas perdre haleine
Et le fil de ses histoires
Sur ce morceau de scène
Du Casino de Paris

Près de ce piano noir, phare et refuge de nos espoirs, tu bouges, tu chantes, tu souffres, tu t’amuses et moi je pleure de joie, tout bas.

Merci Barbara.

vendredi 8 juin 2007

Inondations.

Ce soir à minuit se termine la campagne officielle pour le premier tour des législatives.
Dimanche il faut se rendre aux urnes. Avec des semelles de plombs plutôt que des ailes aux pieds.
Pour sauver ce qui peut être encore sauver. Comme ces habitants d’Estreux près de Valenciennes qui ont subi hier de graves inondations avec des torrents d’eau pouvant atteindre deux mètres dans les habitations.
Une marée bleue va submerger l’assemblée dimanche, les socialistes vont voir le niveau monter jusqu’au hanches voir jusqu’aux épaules. Les communistes seront à la dérive et le FN perdu corps et âmes dans la tempête. Le Modem, arrivera-t-il à accrocher une branche salvatrice en attendant les secours ?
Sarkozy, chaque jour en campagne depuis son élection, a ouvert toutes les vannes, celle de l’ouverture avec Kouchner, celle de la mémoire avec Guy Môquet, celle des cadeaux fiscaux aux plus favorisés ...
Et comme DSK lui a filé les clés du barrage au soir du second tour en torpillant ses camarades de jeu, le bilan s’annonce sévère.
Alors ramons jusqu’à dimanche, écopons un maximum.
Pour la reconstruction du radeau, il ne faudra pas attendre le prochain congrès.
Sinon c’est la méduse qui va se marrer.




Il y a 10 ans
Dimanche, 8 juin 1997
Out.

La quinzaine (de quatorze jours) de Roland-Garros a été peuplée de surprises dont la plupart sont plutôt beaux mecs. Ces nouveaux play-boys du circuit ont zigouillé sans se poser de question les têtes de série les unes après les autres. Comme si le Bois de Boulogne tout proche avait pris des allures d’Amazonie hantée par des Jivaros portant raquettes. Ces inconnus d’hier nous ont au moins appris deux choses: la première est qu’une bataille n’est jamais gagnée d’avance; la seconde c’est que si vous ajoutez plaisir et spontanéité à votre jeu, vous ne regretterez jamais rien.
On se souviendra d’Arazi, de Rafter et de Dewulf dont je ferais bien un Boys Band pour mon quatre-heures et surtout de Gustavo Kuerten, brésilien bigarré finaliste surprise et surtout Jivaros en chef de ces nouveaux mousquetaires.
Pour que la morale à l’envers de ce tournoi masculin soit respectée, il serait de bon ton que cet invité de dernière minute aille au bout de son rêve en battant Bruguera, déjà deux fois vainqueur.
De ce Roland-Garros là, Jean de la Fontaine aurait sûrement tiré une morale pas piquée des vers (de terre battue bien sûr). Une phrase choc qui aurait mêlé à demi-mot la déroute politique de Jacques Chirac et l’hécatombe des favoris du tournoi.
Je n’ai et n’aurai jamais le talent de notre moraliste national, mais si vous vous sentez de taille, envoyez vos conclusions au Président, placé aujourd’hui dans l’inconfortable position du dernier de cordage d’une droite que le peuple, spectateur et arbitre à la fois a jugé « out».


Post-scriptum de 19H30: génial! Kuerten a gagné. Ça a dû faire tout drôle à Christian Bimes le Président à la manque de la Fédération Française de Tennis, qui avait préféré critiquer la tenue carioca du jeune brésilien au lieu de glorifier son tennis époustouflant. Quand un Président commence à marcher à côté de ses pompes c’est le commencement de la fin. Je ne citerai personne ...